Grogne à Boffa : Que réclament réellement les manifestants ?

Boffa
Des jeunes manifestent à Boffa contre le manque d'emploi
Des jeunes manifestent à Boffa contre le manque d'emploi

BOFFA-La préfecture de Boffa a été le théâtre d’une nouvelle manifestation ce mercredi 22 décembre 2021. Des jeunes de cette préfecture minière ont occupé la rue pour exprimer leur ras-le-bol. Ils ont barricadé plusieurs axes routiers, perturbant la circulation sur la nationale Boffa-Boké. Les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes.  

Huit (8) points sont inscrits dans la plateforme revendicative générale des jeunes de Boffa, à l’origine de mouvement de protestation. Ils réclament l’employabilité de la jeunesse de Boffa avec un contrat à durée indéterminée, la formation,  l’apprentissage à l’expertise (transfert des compétences), l’octroi des marchés aux entreprises locales, la signature des conventions de développement local dans une procédure consensuelle et légale ; la construction d’un centre de formation technique et professionnelle ; le développement d’un cadre de vie impliquant l’accès à l’eau, l’électricité, l’assainissement, l’éducation, la santé et des activités génératrices de revenus; l’accès à des postes de responsabilité (Directeur général adjoint, directeur des opérations et exploitation, directeur des ressources humaines, communication et relation communautaire aux filles et fils de Boffa) et la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre communautés, autorités locales et les sociétés minières.

Selon Ousmane Fofana, activiste et porte-parole de la jeunesse de Boffa, les mouvements de protestation des jeunes ont commencé depuis plus d’un mois. Malgré le limogeage de l’ancien Préfet par le Président de la transition et l’intervention du Kountigui de la Boffa, la situation ne s’est pas arrangée.

Qu’est-ce qui a mis l’huile au feu ?

« Le lundi passé, on a été à la résidence du Préfet pour le nettoyage. A la sortie de la résidence, les jeunes ont pris l’initiative de se retrouver pour dire qu’on va faire quelque chose. Il était question de demander au Préfet, quelle était de la situation de la Plateforme revendicative générale qu’on lui avait déposée. On a décidé ensemble d’aller le voir. Mais quand nous y sommes allés, on a trouvé qu’une mission était déjà venue pour défendre les jeunes voisins de la mine. C’était mission conjointe du ministère des mines, de l’administration du Territoire et de la décentralisation. Donc, avec ceux-ci on a fait un entretien pour leur faire comprendre la démarche que nous avions entamée. Ils se sont retournés. Maintenant, quand on a fait l’entretien avec le Préfet, il nous a fait comprendre qu’il n’avait plus de décision à prendre parce que selon lui, ceux qui devraient dire quelque chose dans cette démarche sont partis déjà avec le résultat et nous devions donc attendre leur réponse.

Nous sommes allés rencontrer le Kountigui de Boffa qui nous a demandé de lui accorder un peu de temps pour s’entretenir avec le préfet et rappeler la situation qui prévaut à Boffa. Et dans la même lancée, des informations ont été rapportées auprès de la cellule de communication de la jeunesse de Boffa selon lesquelles le préfet a rejeté notre plateforme revendicative. C’est là que la tension est née parce que le Préfet a tenu compte de la dernière plateforme revendicative des jeunes qui habitent à la hauteur des zones minières au détriment de celle qui défend tout Boffa. C’est à partir de là que les échauffourées ont commencé.

Ce matin, des agents des forces de l’ordre sont venus disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogène. Et maintenant là nous assistons à un conflit géostratégique parce que ceux qui habitent à la hauteur disent qu’ils sont prioritaires dans le recrutement et là où il y a le Port, ceux de là-bas disent aussi qu’ils sont prioritaires, Boffa aussi se réclame propriétaire du Fleuve. Les gens sont allés barricader le fleuve en mettant la corde de bout en bout. C’est ainsi que la police est intervenue en larguant des bombes lacrymogènes. La situation est restée tendue toute la journée », a précisé Ousmane Fofana.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 655 311 114

Créé le Mercredi 22 décembre 2021 à 22:11

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