Armée : Vers la "dissolution" des forces spéciales ?

Guinée
Des agents du groupement des forces spéciales
Des agents du groupement des forces spéciales

CONAKRY-La création du Groupement des Forces d’Intervention Rapide (GFIR) soulève des interrogations sur l’avenir du groupement des forces spéciales (GFS), l’unité d’élite à l’origine du coup d’Etat contre Alpha Condé le 05 septembre dernier. Créée en 2018 par l’ancien chef d’Etat dans le but de parer à d’éventuelles attaques terroristes, cette force armée ultra entraînée et équipée était dirigée par le Colonel Mamadi Doumbouya, l’auteur du putsch.

Depuis l’arrivée au pouvoir du CNRD, le Groupement des forces spéciales marche presque « sans tête ». Mamadi Doumbouya n’a pas nommé de « commandant » pour diriger cette force, alors que quasiment toutes les garnisons militaires et bataillons d’infanteries ont connu des changements, avec l’arrivée de nouveaux dirigeants à leur tête. Excepté le Groupement des Forces Spéciales qui regroupe en son sein, selon nos informations, plus de 600 éléments, suréquipés et ultra entrainés.

C’est dans ce contexte que le président de la transition a pris une décision mardi 21 décembre, créant une nouvelle force militaire dénommée Groupement des Forces d’Intervention Rapide (GFIR). Pour bien d’observateurs, cette nouvelle unité bien que définie comme étant celle qui se battra contre des cellules terroristes, vient marcher sur les plates-bandes du Groupement des Forces Spéciales (GFS). Les deux unités ont plusieurs points communs. D’abord la mission, ensuite la qualification des membres. Pour bien d’analystes, Mamadi Doumbouya a trouvé la parade parfaite pour « dissoudre » les forces spéciales dont il était le commandant.

D’ailleurs depuis le coup d’Etat, plusieurs membres de ce groupement connaissent des ennuis. Le commandant adjoint des GFS Aly Camara est empêtré dans des démêlées judiciaires controversées. En effet cet officier supérieur a été cité dans l’affaire de vol d’argents en marge du coup d’Etat au palais Sékhoutoureyah, siège de la Présidence où Alpha CONDÉ a été capturé. Comme lui, plusieurs autres agents sont tombés en disgrâces. Certaines indiscrétions évoquent même un projet de mutation de certains éléments du GFS, dont la mission était de mener des opérations militaires ciblées, discrètes mais non clandestines, visant à atteindre des objectifs d’intérêt stratégique. Elles sont protégées par un degré élevé de confidentialité et sont réalisées sous un contrôle politico-militaire étroit, associé à une boucle décisionnelle courte.

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Le Groupement des Forces d’Intervention Rapide (GFIR), crée hier soir a presque les mêmes prérogatives. Il est l’un des principaux moyens de dissuasion, de création et de coercition de l’État-major général des armées. Robuste, souple, réactif, il constitue une véritable force de réaction rapide. Cette unité a aussi pour mission la lutte contre le grand banditisme, la libération d’otages, la piraterie maritime, les détournements d’aéronef, l’arrestation de personnes dangereuses, la protection et la sécurité des personnes et des sites névralgiques, les renseignements et la recherche par la surveillance, les patrouilles et la collecte d’informations et des preuves. Le moins que l’on puisse dire, ce que la mise en place du GFIR risque de sonner le glas pour le Groupement des Forces Spéciales considéré jusque-là comme un des maillons forts de la chaine d’élite dans l’armée guinéenne.

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Une source généralement bien informée a confié à Africaguinee.co, que la création du GFIR est un vieux projet du président déchu auquel le colonel Mamadi Doumbouya s’était opposé. Pour quelle raison ? Voyait-il en cette force une sorte « d’éminence grise » du GFS ? En tout cas, selon nos sources, Mamadi Doumbouya qui était à l’époque le commandant des Forces spéciales avait indiqué au chef de l’Etat qu’il ne trouvait pas opportun de mettre en route une telle unité qui aurait les mêmes prérogatives que le GFS. Interrogée par Africaguinee.com pour en savoir davantage sur la mise en place du GFIR, la direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA), n’a pour l’instant pas voulu s’exprimer au tour de cette question.

Affaire à suivre…

 

Africaguinee.com

 

Créé le Mercredi 22 décembre 2021 à 13:55