Guinée : Des partisans d’Alpha Condé "incarcérés" à Conakry…

Conakry
Image d’illustration
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CONAKRY-Arrêtés le week-end dernier à Conakry, plusieurs partisans du président déchu Alpha Condé  sont incarcérés, a appris Africaguinee.com. Sortis pour exprimer leur ras-le-bol face à la « détention » prolongée de l’ancien chef d’Etat dont ils exigent la libération, des citoyens ont été interpelés samedi dernier par les forces de l’ordre. Ils avaient répondu à l’appel lancé par le Forum National pour la Libération du Président Alpha Condé « FONAL-PRAC ».

Les organisateurs dénombrent plusieurs arrestations et un cas de blessure dans la répression de leur mouvement par les forces de l’ordre. " Il y a eu un blessé et huit (8) interpellations le jour de la manifestation à Conakry. On avait appris qu'ils étaient détenus au PM3 de Matam. Nous avons envoyé des émissaires là-bas pour voir s'ils y sont, effectivement ils ont confirmé qu'ils étaient là-bas. Nous avons entrepris des démarches pour leur libération sans condition mais jusque-là on n'a pas eu gain de cause. Et si nous n'obtenons pas leur libération d'ici demain, nous allons engager un pool d'avocats", a confié à Africaguinee.com Mohamed Fadima Camara, vice-président du FONAL-PRAC.

Le Front National pour la Défense de la Constitution a exigé samedi la libération des personnes interpelées, tout en fustigeant la répression de la manifestation. M. Camara soutient que leurs camarades ne méritent pas d'être retenus en détention, car selon lui, ils n'ont violé aucune loi. Il dénonce la brutalité des forces de l’ordre.

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"L'appel que nous avions lancé à l'endroit des militants, activistes de la société civile et des groupements, c'était de se rendre dans l'enceinte du siège social du parti et sur toute l'étendue du territoire national pour demander la libération sans condition du professeur Alpha Condé. Et c'est ce qui fut fait. Et le jour J, très tôt le matin, nous sommes venus trouver que le siège était pris en otage par les services de sécurité nous empêchant d'accéder à l'intérieur. Ce n'est pas une manifestation de rue que nous avions organisée, c'est tout comme les autres partis qui se retrouvent à leurs sièges. Mais si nous, (FonalPrac) demandons la libération du Président, je pense que c'est quelque chose de légale.

Ils ont frappé certains avec leurs armes.

On ne peut pas adresser des courriers aux autorités par rapport à ça. Et le jour de la manifestation, on était venu demander aux forces de l'ordre de nous laisser accéder à l'intérieur du siège, les agents nous ont fait savoir que c'était interdit et quiconque forçait la situation, ils allaient l'arrêter. On était donc obligé de faire notre déclaration devant le siège pour dire : libérez Alpha. Ils nous ont jeté du gaz lacrymogène, frappé certains avec leurs armes et procédé à des arrestations. Ils ont même confisqué le téléphone de notre président", a précisé le vice-président du FonalPrac. 

Le porte-parole du gouvernement de la Transition, Ousmane Gaoual Diallo a exprimé un regret par rapport à ce qui s'est passé le jour de la manifestation. Joint par Africaguinee.com, le porte-parole de la gendarmerie n’a pas souhaité commenter cette affaire.

 

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 114

Créé le Lundi 13 décembre 2021 à 17:03