RTG : Pourquoi les travailleurs menacent d'aller en grève ?

Guinée
Sékouba Savané, DG de la RTG
Sékouba Savané, DG de la RTG

CONAKRY-La menace est sérieuse ! Les guinéens pourraient ne pas suivre le journal télévisé du 20h 30, dans les prochains jours. Pour cause, les travailleurs de la Radio diffusion et télévision guinéenne (RTG) menacent d'aller en grève. Ils viennent d’exposer une kyrielle de revendications à la direction générale. Menés par le syndicat, ils exigent que des solutions soient trouvées, sans quoi la grève sera inévitable.

À la radio nationale d'ailleurs, l'heure n'est plus aux menaces. Car les travailleurs ne pouvant plus supporter leurs conditions de travail jugées «exécrables », ont décidé de lancer le débrayage, n’assurant que le service minimum. L'information nous a été confirmée par Oumar Barry, secrétaire général adjoint de la section syndicale CNTG RTG Koloma-Boulbinet. Le problème est parti de la radio selon notre confrère, mais le mal est beaucoup plus profond.

"Au prima bord le syndicat n'avait envisagé aucun mouvement à la RTG. Parce que depuis plusieurs années, on est en train d'étouffer des mouvements de grève à la RTG pour éviter d'handicaper le travail. Et au fil du temps, nous syndicalistes avons avalé beaucoup de couleuvres et on a fait avaler beaucoup de couleuvres aux travailleurs. Pourtant nous sommes mandatés pour les défendre. 

Donc à partir du mouvement venu de l'ensemble des travailleurs de la radio à travers une pétition, nous avons été saisis par les travailleurs pour déposer cette pétition à la direction générale.  On n'a pas abouti à des propositions concrètes, finalement les travailleurs n'ont même pas accepté d'écouter le syndicat et d'anticiper le droit de retrait. Pour le moment c'est ce qui se passe. A la radio, il n’y a que les flashs qui passent, le 16h 15..." explique notre confrère.

A la demande de la direction générale, le syndicat a fait des propositions en terme de recommandations, et listé les revendications dans un mémorandum. La démarche vise à éviter de traiter les problèmes de la RTG au cas par cas. Ledit mémorandum a été déposé à la direction générale.

"Aujourd'hui, la direction nous a convié à une rencontre pour se pencher sur ce mémorandum. On s'est entendu qu'ils vont tenir une rencontre entre eux demain samedi 23 octobre. Et comme c'est le week-end, le lundi à 15h, ils vont nous revenir pour qu'on se penche sur les propositions qui vont sortir de leur rencontre. Nous syndicalistes, à notre tour, on viendra faire le compte rendu des propositions de solutions à l'ensemble des travailleurs à travers une assemblée générale géante au cours de laquelle on va écouter les travailleurs. Ce qui va sortir de cette assemblée sera mise à la disposition de la presse.

Aujourd'hui la RTG a des soucis majeurs. On n’a jamais voulu exposer nos problèmes au monde entier mais on était obligé d'en parler ces derniers temps. Depuis plus de 5 ans à 6 ans maintenant on a des problèmes. Aujourd'hui la rédaction du journal parlé n'a que deux ordinateurs qui fonctionnent moyennement. Et c'est un compatriote qui a offert ces deux ordinateurs à la rédaction. Le parc automobile est quasi inexistant, tout est vétuste, beaucoup de véhicules sont sous cale pratiquement, on n’a qu'un seul véhicule, le deuxième fonctionne par endroit et c'est la même réalité dans tous les autres services. C'est pour toutes ces raisons qu'on a décidé d'alerter les autorités. 

Je rappelle que depuis 2014 nous sommes à la tête de la section syndicale de la RTG Koloma-Boulbinet, on n’a jamais inquiété un directeur général malgré tous les problèmes qu'on a eu avec les directeurs généraux qui se sont succédé, mais ces derniers temps ça a empiré. Les gens se sont plaints, on a même menacé certains travailleurs d'emprisonnement si toutefois ils menaient de soulèvement non ordonné dans la maison parce qu'on sait que c'est un secteur à la fois névralgique, sensible et stratégique. 

Donc, notre objectif ce n'est pas de faire un tollé national mais c'est d'attirer l'attention des autorités pour qu'ils soient regardant parce que c'est important à l'état actuel des choses", a expliqué Oumar Barry, journaliste à la RTG et secrétaire général adjoint de la section syndicale de la RTG.   

 

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00224) 655 311 114

Créé le Samedi 23 octobre 2021 à 11:14

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