Modèle de réussite : A la rencontre de Dr. Cellou Diallo, fondateur de la clinique SEPT…

Labé
Dr. Mamadou Cellou Diallo
Dr. Mamadou Cellou Diallo

LABE-Son parcours est atypique et sa réussite fulgurante force l’admiration ! Docteur Mamadou Cellou Diallo, 34 ans, pur fruit de l’école guinéenne a réussi des prouesses dans le domaine de la médecine à Labé.

Ce médecin de profession, né à Conakry dans la capitale guinéenne en 1987, a fait ses études primaires et secondaires dans son village de Dalein. Après avoir décroché son baccalauréat au lycée Hoggo mbouro de Labé, il a été orienté à la faculté de médecine de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. A la fin de son cursus universitaire, il se plonge dans le monde de l’entreprenariat contrairement à beaucoup de jeunes de son âge qui lorgnaient un emploi dans la fonction publique.

Dr Cellou Diallo jongle entre l’enseignement en santé communautaire et des stages dans le monde médical pour consolider sa formation en médecine mais aussi dans d’autres domaines, tels que la Comptabilité et la Gestion. Aujourd’hui, à Labé il dispose d’une clinique médico-chirurgicale (la clinique SEPT) qu’il a lancée il y a quelques années, d’une école de santé (Ecole Privée de Santé Safi) et d’une agence immobilière et d’épargne (GIPRES) dont il est le fondateur. Il a sous la main une trentaine d’employés directs et une cinquantaine d’employés indirects. Dans cette interview exclusive nous retraçons le parcours du jeune médecin connu sous le nom de « Docteur Cellou Diallo ».

AFRICAGUINEE.COM : Docteur Cellou Diallo Bonjour ! Nous venons de le dire, après vos études, vous êtes allés directement dans l’entreprenariat. Comment ce courage est arrivé alors que le rêve de tout diplômé est de trouver un emploi rémunéré ?

DR MAMADOU CELLOU DIALLO : C’est vrai qu’après mes études, l’idée est venue un bon matin d’aller dans l’entrepreneuriat. J’avoue que les choses n’ont pas été faciles au début. Ce qui m’a aidé, pendant mon cursus universitaire je me donnais le temps de faire des stages un peu partout mais rencontrer aussi des personnalités auxquelles j’aspirais devenir. Cela a beaucoup forgé mes premiers pas. Quand j’ai soutenu ma thèse en médecine en 2014, je suis venu m’installer à Labé avec ma petite expérience en la matière à travers les stages dans les CHU et certaines cliniques de la capitale. Parallèlement à mes cours de médecine, j’ai fait une formation en comptabilité, je suivais les cours de comptabilité en ligne la nuit, je me suis fait inscrire dans un institut qui est en France. Cette notion m’a aussi permis d’avoir des expériences en comptabilité et en gestion de façon générale. Franchement après tout, mon rêve était de travailler pour moi au lieu de s’attendre à un salaire. Donc j’ai pris un mois pour faire un document de mon projet. Tout est parti par la création d’une ONG SEPT (Santé et éducation pour tous) ensuite une école de santé d’où le retour sur l’ONG, santé pour la clinique et éducation pour l’école.  

Après avoir mis le projet sur papier j’ai réussi à convaincre deux personnes à y investir l’un à hauteur de 50 millions et l’autre 75 millions. Après réflexion, n’ayant pas beaucoup d’expérience j’ai décliné l’offre en commençant petit et grandir progressivement comme pour dire de Zéro à Héros. Il faut savoir que depuis toujours l’enseignement me tient à cœur notamment dans les écoles de santé qui me permettent de faire une remise à niveau, à être plus compétitif mais aussi économiser un peu d’argent, ce qui m’a permis d’acheter un tensiomètre par là et faire des avances pour un lit d’hospitalisation de l’autre côté, en fin j’ai trouvé le local pour la clinique. Après l’obtention du local et l’agrément, j’ai payé 9 mois de loyer sans commencer à travailler faute de moyen pour l’équiper. Pendant ce temps, cinq des matelas ont été volés dans le local. De mon côté je n’ai pas baissé les bras, tout ce que je gagnais allait au paiement du loyer, paiement du gardien et les avances pour les équipements. C’est ridicule mais comme je vous l’ai dit, c’est après 9 mois de galère que j’ai pu ouvrir la salle de consultations. Ça n’a pas été facile, c’est l’ambition et l’idée qui m’ont mené jusque-là où je suis.

Face à toutes ces difficultés, d’où est parti le déclic ?

De tout ce que vous voyez dans cette clinique, je n’ai bénéficié d’aucune aide encore moins d’un appui. Tout est parti sur les petites épargnes. Avec l’enseignement et les stages de part et d’autre, les 5.000 ou 10.000 francs guinéens que je gagnais parfois. Ensuite avec ma formation en comptabilité et gestion, j’ai été employé un moment par une entreprise de production d’eau minérale. Les épargnes accumulées dans cette unité ont aussi contribué à grandir la clinique. Tout n’est pas venu d’un coup, c’est petit à petit que les services se sont mis en place selon les moyens.

Quels sont les services qui vous aviez lancé en premier ?

C’est vrai, l’ONG m’avait permis d’ouvrir une clinique, l’agrément m’avait permis ce premier pas. Mais ce n’était pas une clinique en tant que telle, c’était juste un cabinet de consultations. Le champ n’était pas si vaste, il fallait une table de consultation, un tensiomètre, un thermomètre. C’est après avoir commencé ainsi que le reste est venu petit à petit avec les épargnes. Comme je vous le dis au début, des sociétés de distribution ont commencé à rendre disponible des produits auprès de nous avec des délégués médicaux. Nous avons grandi progressivement, les lits d’hospitalisation et les autres consommables sont arrivés peu à peu. On n’avait pas de labo, si on consultait, nous étions obligés de faire des orientations vers d’autres structures pour faire les bilans de santé et revenir. Aujourd’hui ce problème est résolu, nous avons un laboratoire performant, en tout cas nous faisons les bilans comme tout autre labo de la ville. Nous sommes désormais une clinique, la clinique SEPT dispose au moins de 4 services : la pédiatrie, la médecine générale, un service de chirurgie et un service de gynéco obstétrique pour les femmes enceintes. J’ai une dizaine de collaborateurs (comptables, pharmaciens, laborantins, médecin-traitant, des chirurgiens, des infirmiers, des sages-femmes et des hygiénistes) et des centaines de stagiaires reçus chaque année. Ce n’est pas une polyclinique pour le moment mais nous regroupons plusieurs services dans notre clinique.

Avant d’aller plus loin pouvez-vous nous dire les quelques équipements dont vous disposez ?

A la clinique SEPT nous avons une dizaine de lits d’hospitalisation, un laboratoire d’analyse biomédicale, un service d’échographie, d’ECG (électrocardiographie) des aspirateurs, des extracteurs d’oxygène, un oxymètre, un stérilisateur pour ne citer que ceux-ci. Par ailleurs la clinique SEPT est en partenariat avec des structures sanitaires Tunisiennes pour des besoins d’évacuation et un laboratoire international français pour les analyses qui ne sont pas faisables chez nous, tel que des bilans génétiques.

Avant d’ouvrir une structure de santé, il y a des préalables liés aux documents légaux. Comment cette bataille s’est passée pour vous ?

En fait c’est une phase difficile aussi, mais mon objectif premier c’est d’éviter d’exercer dans la fraude, c’est-à-dire travailler sachant que je n’ai pas les autorisations. Donc, c’est un principe que je me suis imposé.  A savoir : remplir toutes les formalités possibles avant de travailler dans toutes mes structures.  Comme le voyez, il n’y a pas que la clinique SEPT, à coté nous avons l’école de Santé SAFI, le secteur de l’immobilier GIPRES. Je me suis assuré que tout est là avant de commencer les activités. Ce qui fut fait. Nous avons commencé par l’ONG pour laquelle j’ai eu un agrément mais fort malheureusement la validité d’un agrément pour une ONG c’est 3 ans. Après l’expiration je me suis dit c’est difficile de faire une autre longue démarche pour un document de 3 ans. Je ne voulais pas exercer dans l’illégalité ou dans l’informel, je suis allé au ministère de la santé   avec mes rapports d’activités exercés préalablement. Une mission a été déplacée pour venir examiner la structure ici à Labé en termes de respect des normes pour ouvrir une clinique. J’ai obtenu l’agrément signé par le ministre de la santé d’alors pour ouvrir notre clinique privée en mon nom Docteur Mamadou Cellou Diallo. Aujourd’hui, nous sommes habilités à faire même des interventions chirurgicales. C’est une clinique médico-chirurgicale. 

La chirurgie reste la prise en charge la plus risquée de nos jours. Depuis l’existence de la clinique SEPT, vous avez combien d’intervention réussi à votre actif ?

Pour le moment, de toutes les interventions chirurgicales effectuées, c’est zéro cas de décès. Dieu merci. Vous savez il y a tout un protocole et procédure pour passer à une intervention chirurgicale, malheureusement certains brulent ces étapes, ce qui cause des soucis parfois. Le protocole est à respecter de la Guinée à New-York. C’est valable partout dans le monde. Il y a une vérification profonde pour se rassurer que tout le matériel qui entre dans l’intervention est disponible. A côté la présence, de tout le personnel nécessaire au travail à savoir les anesthésistes, les infirmiers instrumentalistes, le chirurgien titulaire et son assistant. Parmi le matériel aussi il faut aussi un aspirateur à côté, un extracteur d’oxygène au cas où il faut réanimer le malade, du sang prêt en cas de complications d’ordre hémorragique. La rigueur à la clinique SEPT tant que toutes ces conditions ne sont pas réunies, nous prenons aucun risque d’aller au bloc. Quel que soit le prix à payer si le malade n’est pas d’accord, on ne s’engage pas, ce qui nous a fallu le résultat obtenu. Comme je vous le dis, nous n’avons enregistré aucun décès lié à une intervention chirurgicale à SEPT.

Je sais que nous avons encore la confiance des malades et leurs familles. Courant 2021, avant le 1er septembre nous étions à plus de 1500 consultations. Du 1er Janvier au 31 Aout 2021, nous avons 1532 consultations médicales. Côté laboratoire 1195 examens biologiques réalisés avec près de 700 hospitalisations et mise en observation c’est-à-dire des malades admis dans nos services pour 3 cas de décès enregistré. Si je prends le taux de décès de façon générale, c’est vrai que les gens meurent beaucoup plus dans les hôpitaux qu’à la maison. Parfois nous passons près de 6 mois sans enregistrer des cas de décès.  D’ailleurs je profite de ce micro pour féliciter tout le personnel de la clinique pour ces prouesses.

A côté de la clinique il y a l’agence immobilière et d’épargne GIPRES, comment cette autre entreprise est née ?

GIPRES est à la fois une entreprise immobilière (GIPRES IMMO) mais également d’économie sociale donc d’épargne (GIPRES EPARGNE). D’abord un ami devait saisir l’opportunité d’aller au Canada pour parfaire ses études mais par manque d’argent liquide il n’a pas pu, alors que sa famille avait une parcelle de terre à revendre. Nous avons tous cherché un acheteur, mais malheureusement sans succès et le voyage avorté. Et bien je me suis engagé de créer une société légale donc une plateforme de facilitation qui mettra en contact des acheteurs et des revendeurs. En plus nous bénéficions de la confiance de beaucoup de nos compatriotes vivants à l’étranger pour la réalisation de leurs projet immobilier tel que la construction la surveillance des domaines ou la gestion locative. GIPRES épargne est né d’un autre constat : un jour alors que je consultais à la clinique SEPT, un monsieur venu accompagner sa femme pour une visite médicale, après consultation nous avons trouvé que sa femme était enceinte de 2 mois, mais son mari n’était pas en mesure de payer mes honoraires faute de moyens dit-il. Alors comment fera-t-il face aux ordonnances et au baptême ? Étant mécanicien je lui ai demandé combien gagne-t-il en moyenne par jour, il m’a répondu 40.000 FG parfois 50.000 FG voir plus, je lui ai proposé de déposer chaque jour 15.000 FG en guise d’épargne pour les dépenses liées au baptême chose qu’il a accepté. Sept mois plus tard sa femme accoucha et il se trouvait qu’il a épargné 3.150.000 FG, il a fait dignement le baptême de son enfant, ayant continué l’épargne aujourd’hui il a ouvert son propre garage, sa famille me remercie tous les jours. Alors je me suis dit pourquoi ne pas vulgariser cette pratique d’épargne ? D’où la création de GIPRES épargne. Mais les troubles sociaux liés aux manifestations politiques font que GIPRES épargne est à l’arrêt comme pour dire l’argent n’aime pas le bruit.

En dernier ressort, c’est la création de l’école privée SAFI, une école de santé. Parlez-nous-en ?

L’école de santé SAFI comme vous le dites, c’est notre dernier bébé, elle a vu le jour l’année dernière, aujourd’hui il y a beaucoup d’engouement et d’émulations autour de l’école. Vous comprendrez que c’est plus facile pour un spécialiste de gérer son secteur. Etant médecin je me retrouve bien dans une école de santé qui est ma spécialité au lieu de la confier à quelqu’un d’autre qui n’est pas du secteur. Du fait que je sois du domaine médical, la première année d’école a été une performance pour nous dans l’espace de l’enseignement de la santé dans le pays. Je vous montrerai le résultat du concours des examens professionnels. Nous avons présenté une centaine de candidats, parmi eux deux ont désisté, l’un pour des raisons de famille, l’autre a changé de milieu. Nous avons présenté 96 candidats pour 95 admis. Et sur les 25 premiers de la République 18 sont de l’école SAFI. Parmi eux les 5 deuxièmes de la République viennent de chez nous également. Nous avons même reçu les vives félicitations du ministère de l’enseignement technique et professionnel. Ils se sont interrogés sur la performance réalisée en peu de temps, ils ont cherché à connaitre les encadreurs de l’école de Santé SAFI. J’ai reçu un appel téléphonique du service examen pour nous féliciter et nous encourager sur notre démarche. L’inspecteur régional de l’enseignement technique et professionnel Mr Souleymane MARA m’a particulièrement donné ses coups de pouce m’invitant à continuer sur cette lancée sans arrêt. Donc, aujourd’hui on peut se féliciter nous avons les meilleurs étudiants à travers le programme d’enseignement adapté. C’est un programme sous régional, vous savez tous les spécialistes de l’Afrique de l’Ouest se sont retrouvés pour élaborer un programme qui est enseigné dans tous les pays, ce que nous avons enseignons aussi à l’école de Santé Safi avec le même volume horaire.

Ici le fondateur, le directeur général et le directeur des études sont tous médecins. Nous n’évoluons pas seulement dans le cadre théorique, la phase pratique s’applique bien, les enseignants praticiens viennent dispenser des cours avec des projections d’abord. Lorsqu’on parle d’injection intramusculaire, vous retenez mais si vous ne voyez pas, la pratique sera difficile pour vous. L’organisme a beaucoup de muscles il faut connaitre la pratique où il faut injecter à quelle partie il ne faut pas le faire. Donc voir et appliquer est mieux que d’entendre.  Nous avons les mannequins aussi destinés à la pratique sur place et d’autres matériels de même nature. Alors lorsque les étudiants viennent s’inscrire ici, il y a des préalables. Au-delà de faire payer des frais de scolarité, nous imposons aux étudiants de se trouver une blouse. L’étudiant doit être en mesure d’avoir un tensiomètre, un thermomètre parce que les cours de santé c’est la pratique et l’école se charge du reste du consommable et du médecin praticien qui assure le suivi de la pratique. Comment faire une suture, une injection intraveineuse, comment mesurer la tension artérielle, une ponction lombaire bref connaitre tout ce qui est geste avant d’aller dans une structure sanitaire et en fin nous avons à notre actif 3 cliniques pour les stages de nos étudiants.

Docteur ! Est-ce que vous avez pensez à rapprocher vos structures de santé à la communauté ?

L’autre avantage que nous avons, nous disposons de trois cliniques dans la commune urbaine de Labé ou des extensions. Par exemple tous ceux qui sont à Ndiolou, Tata, Pellel, toute la partie Ouest, il y a la clinique SAFI à Thiaghé. Ceux qui habitent Daka, Maleya, Dombi et les autres quartiers proches, la clinique SEPT est proche du côté de Daka, les quartiers Madina, Dianyabhè, Tairé, Fafabhe peuvent se rendre à Dianyabhè. Ces cliniques partenaires sont nées avant l’école. Normalement chaque école doit avoir un centre d’application pour ses étudiants. De nos jours, vous êtés témoins de la prolifération des écoles en matière de santé sans aucun respect des normes surtout sans centre d’application. Alors que nous nous disposons de ces trois cliniques pour aider nos étudiants à faire un suivi dans le cadre des cours suivis. Nous sommes obligés de leur donner une bonne formation à l’école, sinon une fois dans une structure de santé, ils seront les premiers à faire fuir les malades. C’est important il faut qu’ils soient performants à l’école avant d’être dehors. C’est un avantage pour nous à l’école de santé SAFI, même un étudiant de la première année peut prendre la tension artérielle alors que même dans les facultés de médecine, c’est à partir de la 3ème Année.

Donc, je me réjouis réellement du travail fait à l’interne et je suis fier des membres de la direction et de mon corps enseignant qui contribue à la formation des agents de santé. A côté nous avons un outil informatique qui a coûté cher mais qui nous permet de contrôler tranquillement nos effectifs et les maitres et les apprenants. Nous avons des règles internes qui stipulent que tout étudiant qui s’absente deux fois dans un cours c’est-à-dire qui perd 4 heures de cours doit être exclu des évaluations dans cette matière. Alors comment s’informer de tout ça avec les registres traditionnels et être juste. Donc, nous utilisons notre outil performant, c’est un logiciel de gestion fourni par une société. C’est une base de données en quelque sorte, les chefs de classe ont l’application sur leurs téléphones, ils font l’appel à chaque cours, si vous accusez un retard de 10, 15 ou 30 minutes, ce qui est cumulé si vous accumulez 4 heures dans un cours, vous êtes exclus des évaluations.

Donc il y a des étudiants qui n’ont pas été évalués, c’est une rigueur qu’on s’est imposée à l’interne. Nous avons créé un environnement d’accueil. Si c’est un enseignant aussi qui vient en retard, c’est les étudiants même qui nous interpellent. Cela explique l’engouement qu’il y a. Même à mon absence si un enseignant vient en retard de 10 minutes nous sommes informés à temps. Ses minutes perdues aussi sont cumulées et le maitre les rembourse à travers un cours de rattrapage bien que nous allons payer pour boucler le programme. L’encadrement y veille scrupuleusement.

 

Interview réalisée par

Alpha Ousmane Bah (AOB)

Pour Africaguinee.com

Tél. :(+224) 664 93 45 4

Créé le Vendredi 22 octobre 2021 à 14:24

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