Le commandant AOB est malade : "L'ex aide de camp du Général Conté opéré…"

Guinée
Le commandant AOB et feu le Général Lansana Conté, image d'archive
Le commandant AOB et feu le Général Lansana Conté, image d'archive

CONAKRY-Incarcéré à la maison centrale depuis près de onze ans, le commandant Alpha Oumar Diallo a de nouveaux ennuis sanitaires. Alors que sa libération traine, l’ancien aide de camp du feu Général Lansana Conté a été opéré.

Cet officier de l’armée guinéenne avait été condamné en 2013 dans l’affaire 19 juillet (attaque de la résidence d’Alpha Condé). Mais cette décision de la Cour d’Assises d’alors a été cassée par la Cour Suprême. Alors que son état de santé continue d’empirer, maints observateurs s’interrogent sur les raisons de son maintien en détention.

Ses proches sont inquiets. Africaguinee.com a interrogé un d’entre eux qui dans quel état se trouve en ce moment le commandant AOB.

 

AFRICAGUINEE.COM : Nous avons appris que le Commandant AOB a été opéré la semaine dernière. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il souffre ?

D.D.B : Oui, le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB) est très souffrant. Il a des maux d'yeux. Il souffre de cataracte et de glaucome. L'œil gauche a été opéré à l'hôpital Donka. Lorsqu'il celui-ci va se cicatriser, le second aussi sera opéré. Cette opération a coûté six millions de francs guinéens (cataracte 4 millions et glaucome 2 millions). Et c'est la famille qui a payé tous les frais. 

La semaine dernière aussi il était à Ignace Deen où l'hospitalisation à la cabine seulement lui a coûté douze millions de francs guinéens (12 millions gnf). Les médicaments, les examens et autres à 15 millions de francs guinéens. Mais l'hôpital n'a relevé que la cabine. C'est ce qu'ils ont écrit et envoyé chez le procureur Sidy Souleymane N’diaye qui n'en a pas fait cas. C'est toujours à sa charge. Cette fois-ci la cabine, c'est 5 millions de francs guinéens mais les autorités de l'hôpital ont dit de ne pas payer. 

Nous avons appris également qu'il n'arrive toujours pas à se séparer des séquelles de la grenade qu'il avait reçu lors de son arrestation et que ses pieds commencent à s'enfler. Expliquez-nous ?

Il faut savoir que la grenade a plusieurs éléments (les débris, les éclats et les fragments). Et dans son corps surtout les pieds, il y a encore les débris et les fragments. Pour enlever ces éléments, il faut obligatoirement une opération et cela ne peut pas se faire ici parce qu'il faut des équipements performants, des lasers, pour ne pas finalement perdre ses jambes. C'est lorsqu'il aura l'opportunité de quitter la prison qu'il va pouvoir se déplacer pour faire cette opération.

Pourquoi la libération de AOB traîne ?

Lorsqu'ils ont été condamnés, AOB n'étant pas satisfait de cette décision, avait fait appel et obtenu la cassation de l'arrêt auprès de la Cour Suprême qui a renvoyé l'arrêt au niveau de la juridiction inférieure. Ils ont dit que c'est le fond qui a été cassé pas la forme mais finalement tous les deux ont été cassées par la Cour Suprême tout en demandant leur libération pure simple. Tous les autres ont été libérés sauf Jean Guilavogui et AOB qui sont encore détenus. Normalement ils devraient être libres depuis trois ans. Les avocats ont tout fait mais jusqu'à présent on les retient gratuitement en prison. L'autorité supérieure avait donné l'instruction de libérer tous les détenus politiques, ils ont libéré tout le monde sauf Jean Guilavogui et AOB. Mais faut continuer toujours à se battre. 

Pour le cas du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB), c'est la onzième année (11ème) depuis qu'il est en prison sans salaire ni de ravitaillement. Ils ont bloqué tout à leur niveau là-bas avec l'ancien commandement de l'état-major. C'est avec la famille qu'il parvient à s'en sortir. Le plus grave c'est aussi ça, l'avancement en grade et surtout le blocage du salaire. Sinon en onze ans (11 ans) un soldat comme AOB devrait avoir trois fois en avancement en grade. Mais tous ses droits sont bloqués. Et quand il tombe malade c'est à ses propres frais qu'il se fait soigner. Il ne peut pas attendre qu'il soit mort pour réclamer ses droits. C'est pourquoi il est obligé de se battre avec sa famille pour se maintenir en vie.

Des différends avec des hauts gradés ?

Pas de différend. Seulement lorsqu'on met quelqu'un injustement en prison en le privant de tous ses droits, voir ce dernier dehors encore dans les mêmes fonctions que le bourreau, ça peut le mettre en mauvaise position. Donc, c'est certainement eux qui sont encore en train de tirer les ficelles pour empêcher AOB de quitter la prison. On peut parler de destin aussi.

 

Propos recueillis par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 22 octobre 2021 à 12:51