Guinée : Mamadi Doumbouya face à de nouvelles revendications…

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne

CONAKRY-Alors que le flou continue d’entourer le délai de la transition, certains acteur au sein de la classe politique viennent d’exposer de nouvelles revendications à la junte. Un peu plus d’un mois après la chute brutale d’Alpha Condé, l’euphorie suscitée par la prise du pouvoir par le CNRD (comité national du rassemblement pour le développement) s’estompe peu à peu. Alors que la mise en place des organes de la transition traine, les formations politiques commencent à s’impatienter, avec en toile de fond de nouvelles revendications.

La Charte nationale de la transition publiée le 27 septembre dernier n’a pas pris en compte toutes les préoccupations de la classe politique. Certains acteurs politiques vont jusqu’à accuser le CNRD de n’avoir pas pris en compte les mémos à lui adressés, notamment en ce qui concerne le quota et les critères de représentativité au sein du CNT. Ils demandent aussi la mise en place d’un cadre de concertation restreint pour lever le flou sur certains points qui entoure la transition. Selon Saïkou Yaya Barry de l’Ufr, la Charte de la transition a été constituée sans prendre en compte leurs propositions.

« La charte est sortie avant que nous n’ayons adressé nos mémos au Cnrd. Il se trouve qu’il y a des éclaircissements à faire. C’est la raison pour laquelle nous demandons à ce que le Cnrd trouve un cadre de concertation avec les grandes formations politiques afin de définir de quelle manière nous allons élaguer les quotas prévus par la Charte. Il y a 15 places accordées à la classe politique alors qu’il y a une floraison des partis politiques.

Cela demande que la Charte définisse des critères. Il y a déjà un point dans la Charte qui exclu tous ceux qui ont fait la promotion du 3e mandat, mais cela ne suffit pas. Il va falloir qu’il y ait un travail plus approfondi et que la junte sache qu’elle est venue achever le travail commencé par le Fndc et certains partis politiques. Ceci dit, il n’y a pas plus légitimes que ces partis politiques pour participer aux organes de la transition », explique ce haut responsable de l’Union des forces républicaines.

Tractations pour l’harmonisation des positions

Afin d’harmoniser les points de vue, l’ancien député a ajouté que des rencontres ont lieu régulièrement entre les différentes formations politiques membres de l'Anad, de la Cored et la branche politique du Fndc. « Nous faisons de rencontre et essayons de mieux affiner ce travail. Le choix des représentants ne pose pas de problèmes, nous avons suffisamment des cadres aguerris, compétents qui pourront aider à élaborer de bonnes lois pour le bien de l’ensemble des Guinéens », a indiqué M. Barry.

15 conseillers ne représentent même pas une minorité de blocage

Outre celui qu’elle envoyé au cours des concertations, l’Anad (branche politique dirigée par Cellou Dalein Diallo) a transmis un autre mémo au CNRD dans lequel elle a sollicité la création d’un cadre de concertation retreint. « L'Anad a déposé un mémo au Cnrd et nous attendons un cadre de concertation avec le Cnrd et le gouvernement pour discuter sur toutes les questions parce qu’il ne s’agit simplement de désigner des représentants. Vous avez 15 représentants de partis politiques sur 81 membres du CNT ce qui ne représente même pas une minorité de blocage. C’est des questions éminemment politiques qui seront discutées au CNT et si les partis politiques sont absents c’est un réel problème », a martelé le responsable à la communication de l’Anad. En ce qui concerne la désignation des représentants des partis politiques au CNT, le secrétaire général de l’Ufdg, Aliou Condé, a précisé que cette question « n’est pas encore réglée ».

Manque d’interlocuteur

Bah Oury vice-président de la CORED, un autre bloc politique, déplore le manque d’interlocuteur : « On attend la mise en place du gouvernement parce que, pour l’instant, on n’a pas d’interlocuteur », a-t-il déclaré.  Toutefois, dans le mémo adressé au président de la transition, l’inter-coalitions regroupant notamment la CORED et la CPR a revendiqué l’augmentation du quota accordé aux partis politiques au sein du CNT.

Augmentation du quota

« Comme vous le savez 15 places pour l’ensemble de partis politiques qui ont été sevrés pendant plus de 10 ans d’une réelle implication dans le débat national doivent être revues pour une participation large au niveau du CNT.  Dans la précédente transition, le CNT était composé de 159 membres dont 35 issus des partis politiques. Le contexte actuel milite en faveur du maintien au moins de ce quota pour renforcer la représentativité au sein du CNT », explique le président de l’UDRG.

 

Oumar Bady Diallo 

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 19 octobre 2021 à 15:38