Conakry : Le cri de cœur de l’épouse du capitaine Marcel "neveu de Dadis"…

Guinée
Elizabeth Guilavogui
Elizabeth Guilavogui

CONAKRY- C’est un cri de cœur déchirant que viennent de lancer plusieurs femmes dont les maris « militaires » sont incarcérés depuis des années, « sans procès ». Elles sont près de 400, dit-on. Leurs époux ont été arrêtés et incarcérés sous le régime d’Alpha Condé, renversé début sept.-21, par un coup d’Etat militaire, a appris Africaguinee.com.

Ce mardi 21 septembre 2021, elles se sont rassemblées au palais du peuple pour solliciter auprès du comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD), la libération de leurs maris.

Zoumanigui Elisabeth, épouse du capitaine Marcel Guilavogui, ancien aide de camp et neveu de Dadis Camara (chef la junte de 2009), en fait partie. Elle témoigne :

‘’ Nous sommes près de quatre-cent femmes dont les maris ont été arrêtés depuis plusieurs années. Notre présence aux portes du palais aujourd’hui, c’est de plaider auprès du Colonel Mamady Doumbouya pour que nos conjoints soient libérés. On nous a promis depuis qu’ils seraient libérés, mais hélas nous sommes dans l’impatience de les voir dehors. Nous demandons aux nouvelles autorités de les gracier (…), nous avons assez d’enfants à nourrir et à éduquer. Nous supplions l’actuel président d’entendre notre cause », a lancé la belle fille de l’ex chef de la junte.

Selon Elisabeth Zoumanigui, plusieurs parmi les détenus ne sont pas jugés. ‘’Mon mari a fait plus de 11 années en prison sans être jugé. J’ai été voir l’an dernier le ministre de la Justice qui m’a dit que son dossier est vide mais qu’il ne pouvait pas le libérer puisqu’il fallait l’accord du président d’alors’’ nous a confié la femme du capitaine marcel, interpellé pour les massacres du 28 septembre 2009.

Dans un récit qui fait froid dans le dos, dame Bintou Kaloga, épouse du Sergent/chef, Abdoulaye Fatou Camara, en service au petit palais (siège de la primature, ndlr), au micro d’Africaguinee.com, explique les circonstances dans lesquelles son mari a été interpellé, il y a de cela deux années.

‘’ Mon mari a quitté la maison le 11 septembre 2019, en partance pour son lieu de travail qui se situe au petit palais. Quand j’ai eu besoin de lui, je l’ai appelé mais sans succès puisqu’il n’a pas décroché. Pendant plusieurs semaines après sa disparition j’ai tenté de le joindre mais en vain. C’est en ce moment que j’ai décidé de me rendre à son lieu de service où on m’a fait savoir que mon mari a été arrêté.

Ils ont été transférés à Kankan pendant au moins un mois avant d’être ramenés à Matam. Trois jours après ils ont été admis à la sûreté de Conakry, avant d’être de nouveau retournés à Kankan une année après’’, a relaté cette dame au bord des larmes, avant de confier que l’enfant quelle porte n’a pas connu son géniteur de père.

‘’ Lorsque mon mari a été arrêté, j’étais à un mois de grossesse, aujourd’hui mon fils a deux ans, je ne parviens plus à nourrir mes enfants qui sont au nombre de sept. Son salaire a été bloqué et mes enfants ne vont plus à l’école. Nous demandons donc au colonel Mamady Doumbouya de gracier nos maris afin qu’ils rentrent dans nos foyers respectifs’’ a laissé entendre cette ménagère.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mardi 21 septembre 2021 à 18:07