Coup d’Etat du 05 sept : l’épouse de l’ex préfet Mory Diallo au cœur d’un scandale de « 500 millions »

Mamou
Mory Diallo, ancien préfet de Mamou
Mory Diallo, ancien préfet de Mamou

MAMOU- C’est une affaire qui fait grand bruit dans la ville carrefour, Mamou ! La femme de l'ex préfet de Mamou Mory Diallo est au cœur d’une polémique. Tenez bien. Le 05 septembre dernier, jour du coup d’Etat militaire qui a renversé Alpha Condé, l’épouse de l’ancien premier responsable de la ville carrefour, sentant le changement de régime, s’était précipitée pour confier ses affaires à une de ses « copines ». Dans les bagages, il y avait un pactole de 500 millions Gnf.

D’où venait une telle somme ? Les commentaires vont bon train. Certains parlent d’un détournement de l’argent de la préfecture, tandis que les proches de la concernée jure le contraire. Les nouvelles autorités de Mamou sont saisies de l’affaire, mais n’ont pas encore réagi.

L’affaire a été ébruitée lorsque, lors de la restitution de cette somme, la femme à laquelle l’argent a été confié, aurait constaté des manquants. Au lieu de 500 millions GNF, la copine de l’épouse de l’ex préfet aurait remarqué qu’il s’agit plutôt de 320 millions. La polémique est partie de là. L’affaire est pendante en justice, depuis quelques jours.  Certains vont jusqu’à accuser l’ex préfet Mory Diallo d’avoir pompé dans les fonds appartenant à la préfecture.

Selon nos informations, c'est dans la soirée du dimanche 5 septembre  2021, jour du coup d'état perpétré par la junte militaire, que la femme de l'ancien préfet Mory Diallo a fait sortir des sacs remplis d'argents pour les confier à une de ses amies résidantes au quartier Thieougol dans la commune urbaine de Mamou.

Elle dit avoir confié 500 millions, tandis que sa copine jure qu’il s’agissait de 320 millions GNF. Interrogé, Abdouramane Fofana, l'époux de la femme accusée d'abus de confiance, explique :

« C'est le dimanche 5 septembre que la femme de l'ancien préfet de Mamou a appelé ma femme pour lui dire qu'elle vient chez nous avec ses bagages. Elle a dit qu'il y a eu coup d'État. Elle est venue, elle a laissé des sacs là-bas ainsi que des valises. Après, elle est revenue dire que le chauffeur viendra chercher les bagages mais de soutirer l'argent parce qu'elle ne voudrait pas que leur chauffeur soit au courant de la présence d'une telle somme dans les bagages. Elle-même est venue prendre l’argent dans les sacs. Elle a dit à ma femme que c'est 500 millions GNF. Par la suite, mon fils m'a appelé pour me le dire. Je lui ai dit de dire à sa mère de ne pas garder l'argent à la maison. Entre temps ma femme aussi m'a appelé. Je lui ai répété la même chose. J'ai instruit d’appeler la femme de l’ex préfet de venir récupérer l'argent. Si elle ne le fait pas, de partir verser l’argent dans mon compte bancaire et lui remettre un chèque.

Lors du versement, ma famille a constaté que ce n'est pas 500 millions mais plutôt 320.000.000 GNF. Alors, on l'a informé. Du coup, elle s’est emportée en disant que ce n'est pas vrai, c'est 500.000.000 GNF qu’elle avait remis à ma femme. Moi, j'étais à Kankan pour les funérailles de ma mère. Le préfet et sa femme aussi étaient revenus par là. Mon enfant avait déposé l'argent dans mon compte et on leur a remis un chèque. On n’avait même pas pu verser tout l’argent, parce qu’il y avait quelques faux billets.  Et dans les liasses, il y avait quelques manquants. Ensuite, ils nous ont dit qu'ils sont partis pour retirer l'argent, mais qu’il y avait une erreur sur ma signature.

Le préfet m'a appelé et il m'a expliqué. Je suis venu pour les rencontrer parce qu'on était tous à Kankan, il a appelé la police et ils sont venus m'arrêter chez lui. Quand on m'a enfermé, j'avais mon téléphone avec moi. J'ai alors appelé ma femme pour l'informer et lui dire d'aller voir le procureur à Mamou là-bas. À ma grande surprise, c'est le procureur de Mamou qui a conduit ma famille à la gendarmerie où selon eux il y avait une plainte contre ma femme et mon fils là-bas. Ils les ont embarqué pour Kankan et ils sont tous enfermés à la maison centrale. Moi, c'est quand ils sont arrivés ici qu'on m’a libéré. J'ai les étiquettes. C'est l’argent de la banque centrale. C'est écrit 20 millions pour 16 tas. C'est ce qui va donner 320 millions. Elle, d'ailleurs avait dit à ma femme que c'était 13 tas. Nous on a trouvé que c'est 16. Vous voyez ? Donc, je me demande qu'est-ce qu'elle veut de nous maintenant », a indiqué M. Fofana.

Joint au téléphone par notre correspondant basé à Mamou, l'ancien préfet Mory Diallo a confirmé le problème. Mais, lui parle plutôt d'abus de confiance sur son épouse et chantage contre sa personne dont le but serait de dire qu'il a détourné de l’argent à la préfecture de Mamou.

« C'est un abus de confiance. Ma femme leur a confié de l'argent. M. Fofana a dit à sa femme de mettre l’argent dans son compte. Il nous a donné un faux chèque. On était même venus dans une banque de la place à Kankan ici pour le retrait. La signature était fausse. On l’a appelé, vu qu’il était là, pour qu’il reprenne sa signature. Mais ça a été un sérieux problème. Il n'a pas pu. On dit de changer sa signature on va retirer l'argent, il a dit non. On va aller à Mamou. Ils ont même dit là-bas qu'on a détourné de l'argent à la préfecture. Le nouveau préfet m'a même appelé pour me dire que j'ai détourné de l'argent là-bas. J'ai répondu qu'il n'y a pas de l'argent à la préfecture. C'est pour les collectivités.

Donc, c'est du faux et usage de faux sur le chèque et un abus de confiance parce que l'argent n'est pas au complet. On est au tribunal de première instance de Kankan. Le jugement c'est pour bientôt. Ils ont dit qu'ils vont m'amener au niveau des radios pour nous salir parce que je ne suis plus préfet. C’est le poste que j'ai perdu, mais pas ce que j'incarne quand même. Ils disent que j'ai détourné alors que ma femme est commerçante. Les gens le savent à Mamou là-bas. Elle m'avait même demandé de ne pas me mêler. Mais quand votre femme est dans de telles situations, allez-vous la laisser seule ? Non », s’est défendu l'ex préfet de Mamou. Le dossier est encore pendant au tribunal instance de Kankan. Un jugement est attendu très prochainement.

Pour l’heure, les autorités de Mamou n'ont fait aucun commentaire là-dessus. Mais tout de même, ils sont tous informés de la nouvelle. Quant aux citoyens, chacun y va de son commentaire.

Dossier à suivre...

 

Depuis Mamou, Habib Samake

Pour Africaguinee.com

Créé le Lundi 20 septembre 2021 à 13:00