Covid 19 : Quel impact sur le mouvement des personnes ? 

Guinée
Image d'illustration
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Depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19, les voyageurs éprouvent davantage de difficultés à pouvoir se déplacer. Chaque pays a adopté de nouvelles mesures de restriction pour se protéger du virus. 

La Guinée qui a officiellement enregistré son premier cas de coronavirus le 12 mars 2020, n'est pas en reste. Pour rompre la chaine de contamination, les autorités guinéennes, ont pris une batterie de mesures sanitaires, dont la limitation de la mobilité des personnes.

A l'instar de nombreux pays, la Guinée a décidé de fermer ses frontières aériennes. L’aéroport international Conakry Gbéssia, a été fermé aux vols commerciaux de mars à novembre 2020. Excepté les vols humanitaires, toutes les compagnies aériennes ont déserté le tarmac de l’aéroport de Conakry. Première conséquence de cette fermeture ? Une baisse considérable du nombre de passagers qui transitaient à Conakry. Comme le témoigne le Directeur Général Adjoint de la SOGEAC. 

 « On avait 600.000 passagers par an, qui transitaient par l'aéroport de Conakry. Mais aujourd'hui, nous sommes 200.000 passagers. Soit un manque à gagner de 400.000 passagers. Il n'y a pas de miracle (…) C'est au mois de juillet-août, pendant les vacances qu'on est en train de voir le nombre de fréquentations augmenter sensiblement », a expliqué Abdel Kader Yombounaud, DGA de la Société de Gestion et d'Exploitation de l'Aéroport de Conakry (SOGEAC).

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Avec la pandémie de covid-19, les voyageurs ont été contraints de se plier à de nouvelles mesures. En Guinée, le Gouvernement a rendu obligatoire le certificat de négativité. Pour obtenir ce certificat, il faut débourser 650.000 Gnf. Une dépense supplémentaire pour les voyageurs, à cause de la pandémie. Mohamed Hawa Soumah, compte voyager pour l’Europe dans les jours prochains. Il confie les difficultés auxquelles il a été confronté depuis qu'il a entamé les préparatifs de son voyage.

 "J’étais venue pour faire mon test parce qu'à cause du covid, il y a ces contraintes sanitaires qu’il faut remplir. Mais j'avoue qu'il y a assez de difficultés. Tout commence au niveau de la banque où on est obligé de payer les frais pour le test covid. A ce niveau d’ailleurs, nous constatons qu’il y a assez de monde et les travailleurs de la banque sont trop lents. Des fois, quand vous venez, on vous demande de retourner chez vous pour revenir le lendemain. 

Après le paiement d’une somme de 650 mille francs guinéens à la banque, il faut se rendre au site de prélèvement. Ce lieu refoule de monde. Les difficultés sont énormes, le personnel est insuffisant par rapport à la demande. Or, avant la Covid-19, il n'y avait pas tout ça, c'est compliqué du départ comme  à l'arrivée ».

Mariame Sylla est à son premier voyage pour l'étranger. Tout comme Hawa Soumah, elle confie avoir  rencontré des difficultés.

« C’est ma première fois de voyager. J’étais venu faire le test, après cette étape j'irai me vacciner pour pouvoir partir. La vaccination elle est obligatoire. Mais au niveau du site ici encore, il y a trop du monde, tu viens, tu patientes pendant des heures. C’est vraiment compliqué tout ça…», soupire cette dame.  

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Selon les conclusions d'une étude menée en 2020 par le "Réseau européen des migrations" (REM)sur l'mpact de la pandémie de COVID-19 sur les étudiants internationaux dans les États membres de l’UE et de l’OCDE, la pandémie de COVID-19 a eu un impact profond sur les étudiants internationaux. Bien que les données sur les flux d'étudiants internationaux ne soient pas encore disponibles, les mouvements migratoires mondiaux ont été fortement restreints, note le REM. 

"Certains pays ont signalé une baisse du nombre d'étudiants internationaux souhaitant s'inscrire dans un établissement d'enseignement supérieur. Dans de nombreux cas, ceux qui se trouvent déjà dans le pays d'études éprouvent désormais plus de difficultés à financer leurs études et à trouver un emploi après avoir obtenu leur diplôme. C’est pourquoi certains pays ont renforcé l’aide financière destinée aux étudiants internationaux et les possibilités qu’ils ont de travailler au cours de leurs études", selon les conslusions de l'étude menée par le Réseau Eurpéen des migrations.

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Toute chose qui fait dire à Alhassane Camara, Directeur Général de l’agence R2R que l’impact de la covid 19 est totalement négatif sur les procédures de voyage pour les étudiants voulant aller à l’étranger. Il explique que la pandémie de coronavirus a entraîné une baisse considérable du nombre d’étudiants voulant poursuivre leurs études universitaires et post universitaires dans des pays européens et américains

"Cela se ressent en ce qui concerne la France et le Canada où j’évolue principalement. Les conséquences directes, ce fut d’abord l’annulation de certaines procédures d’admission qui était déjà en cours compte tenu de la limitation de la mobilité des étudiants internationaux envers ces pays. Donc, certains avaient des dossiers d’admission en cours. Ces demandes ont été annulées alors qu’on avait déjà entamé certains paiements. La raison invoquée, c’est compte-tenu de l’aggravation liée à la covid » a-t-il entamé.

L’autre conséquence ajoute-t-il, « c’est les restrictions de voyage qui ont été très strictes et sévères surtout pour le Canada où les étudiants se sont vu infliger une obligation de passer trois nuits dans un hôtel choisi par le gouvernement qui coûte 1093 dollars par étudiant. Non seulement la mobilité a été réduite, mais aussi, le recrutement des universités canadiennes par rapport aux étudiants a été réduit. En même temps, ceux qui ont reçu des permis d’études se sont retrouvés avec des frais d’études à la hausse. Les frais ont été doublés et même triplés » a-t-il expliqué. 

Parlant des chiffres, il dira qu’ils se situent à deux niveaux. « Coté personnel, les étudiants désirants aller poursuivre leurs études à l’étranger, la clientèle a baissé. Certains ont compris que la situation sanitaire qui prévaut dans ces pays-là, ce n’est pas évident de faire une demande d’admission auprès de certaines universités parce que les agences consulaires ne vont pas délivrer des permis d’études. Et donc, nous agences qui vivons de cela on a assisté à une baisse nette de la clientèle.  Et les agences que nous sommes ne vivent que de la confiance établie avec certains clients qui, parfois, nous font des récompenses de façon volontaire. C’est ce qui nous fait vivre. Maintenant avec la pandémie, des agences consulaires comme le cas de Canada, le taux de refus a augmenté. Parce que même si les demandeurs remplissent toutes les conditions et les critères d’admission, on a constaté un taux élevé de refus de demandes. C’est ce qui a amené beaucoup de clients à se démotiver pour aller étudier à l’étranger », a déclaré Alhassane Camara.

Pour le Réseau européen des migrations, l'admission au séjour des nouveaux étudiants internationaux a été affectée par la fermeture des consulats et des bureaux des visas, ainsi que par des considérations sanitaires. Parallèlement, la question de l'accès au séjour en cas de cursus en ligne est passée au premier plan de l'agenda politique. Par le passé, les études en ligne étaient rares et ne constituaient pas un motif d'admission. Comme de nombreuses universités ont mis en place des cursus en ligne, les pays évaluent s'il convient d’octroyer des titres de séjour aux étudiants internationaux pour ces études, et dans quelles conditions.

L'impact de la covid sur le mouvement des personnes se ressent aussi chez les opérateurs économiques. Amadou Oury Barry Kenindé commerçant import-export (Inde-chine-Guinée), raconte que cette pandémie a été une catastrophe pour les commerçants.

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« La covid-19 a été une catastrophe pour les opérateurs économiques que nous sommes. En plus des pertes économiques que nous enregistrons, il y a des difficultés incroyables pour pouvoir voyager", raconte-t-il. 

En plus des difficultés pour le voyage, les frais des frets maritimes ont augmenté. "Avant la covid-19, les conteneurs de lait qui se dédouanaient entre 50 à 60 millions de francs guinéens, ont atteint aujourd’hui les 65 millions FG. Pour le sucre, c’était entre 15 millions à 25 millions, mais maintenant c’est dans les 50 à 55 millions francs guinéens. Le riz dont le dédouanement était de 15 à 25 millions est passé à 75 millions. Les boissons, c’était à 60 millions mais actuellement c’est arrivé à 150 millions FG. Tout cela est la conséquence des fois, de l'augmentation des frais du fret maritime", explique cet opérateur économique.  

Avant la covid-19, le transport d’un conteneur Conakry-Inde, coûtait 3.500 dollars, explique-t-il, précisant que, le transport a grimpé jusqu'à 7 000 à 7 500 dollars américains. 

"Lorsque vous voulez voyager également, il y a toute une documentation qu’il faut préparer et présenter : le carnet de vaccination, le test PCR négatif et dans les pays de destination il y aussi des dispositions qu’on trouve. Dans certains pays, quand tu arrives, il faut refaire le test et rester en isolement pour l’observation. En Chine par exemple, il y a un bracelet qu’on met sur vous au cas où vous seriez déclaré positif. A cause de toutes ces difficultés, il arrive dans certains cas que tu rates ton voyage et ton billet d’avion est perdu », explique Amadou Oury Barry.

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 31 11 14

Créé le Vendredi 27 août 2021 à 2:52