Guinée : ces familles soutenues par leurs proches migrants réguliers…

Guinée
Image d'illustration
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En Guinée, de nombreuses familles vivent du soutien financier que leur apportent  leurs proches qui ont migré légalement en occident ou ailleurs. L'apport de ces migrants légaux dans la prise en charge de ces familles est considérable. Pour s'en rendre compte, il suffit d'observer le rapport sur les transferts de fonds de la diaspora guinéenne, réalisée par la Banque Centrale de la République Guinée en 2019. Les chiffres sont estimés à USD 108,1 millions en 2017.

Certaines familles ne vivent que du soutien de leurs proches qui ont légalement quitté la Guinée et qui sont installés à l'étranger. C’est le cas de la famille de Zé Coulibaly, dont l’époux vit en Europe depuis plusieurs années.

« Depuis qu’il est parti, c’est lui qui envoie les frais de dépense  pour la grande famille au village à Koundara mais aussi pour moi. Il a commencé à construire une maison au village pour ses parents et il les soutient financièrement dans les cas urgents au sein de la famille. Moi son épouse, il finance mes études, ma nourriture et autres besoins liés parfois des cotisations lors des réunions de famille. Nous vivons grâce à son soutien » explique Zé Coulibaly.  

AB Diallo habite dans le quartier de Wanindara. Sa famille reçoit une importante aide de la part de sa sœur qui a migré légalement pour l’Europe depuis les années 1990 alors qu’elle était encore étudiante.

« Ma grande sœur a migré pour la France depuis 1995. Son mari y était déjà. A l’époque, ce n’était pas trop compliqué, surtout que son mari avait les documents légaux. Donc, il lui a juste envoyé une lettre d’invitation et elle est partie le rejoindre légalement. Après avoir fini ses études universitaires, obtenu son diplôme et d’autres formations, elle a commencé à travailler. Et depuis un certain temps, c’est elle qui soutient la famille.  Mon père qui est à la retraite a beaucoup d’enfants avec lui ici.

Donc, son salaire ne lui permet pas de joindre les deux bouts. C’est ma grande sœur qui l’assiste pour la nourriture, les frais du loyer et surtout les cas de maladie grave que nous enregistrons. Elle apporte beaucoup à la famille. Il faut aussi ajouter que les cas sociaux tels que les mariages, les baptêmes et autres, elle vient régulièrement au secours. N’eût été elle, on allait manquer de beaucoup de choses », explique Ab Diallo.

Pour l'universitaire et économiste Hamidou Diallo, les chiffres sur le retour d’épargne des migrants est très important pour l’économie guinéenne. "Il apporte jusqu’à 6 points de PIB en plus d’un effort d’épargne interne qui est de l’ordre de 15% du PIB", indique le financier.

Dans son rapport de 2019, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a souligné dans une enquête que les transferts de fonds de la diaspora vers la Guinée en 2017 sont estimés à USD 108,1 millions en 2017. Les régions administratives de Labé (USD 27,8 millions), Mamou (USD 19,9 millions) et Conakry (USD 17,2 millions) constituent les principales destinations de ces fonds. Les transferts reçus sont plus importants en milieu rural (USD 69,7 millions) qu’en milieu urbain (USD 38,3 millions).

Les circuits formels constituent les principaux canaux par lesquels les migrants rapatrient leurs fonds en Guinée (61 %). Les ressources transférées servent essentiellement à financer les dépenses de consommation courante (60,7 %), les évènements familiaux et religieux (11,7 %) et la santé (7%). Elles proviennent essentiellement des pays membres de l’Union Européenne (43,9 %), de la CEDEAO (31,9 %), des Etats-Unis (12,2 %) et autres pays (12%).

Les transferts courants reçus qui constituent l’essentiel des transferts de fonds, s’élèvent à USD 89,5 millions en 2017. Environ 63,5 % des transferts courants reçus passent par les canaux formels, d’après la BCRG.

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 664 72 76 28

Créé le Mardi 24 août 2021 à 19:41