Enquête Tabaski : Pourquoi les prix du bétail ont grimpé à Conakry ?

Conakry

CONAKRY- A quelques jours de la fête de Tabaski, les prix du bétail (bovins et ovins) connaissent une hausse spectaculaire, au niveau des différents parcs de vente à travers la capitale guinéenne. Pour cette année, de nombreux musulmans guinéens ne pourront pas faire immoler le sacrifice du mouton lors de l'Aid El Kébir, qui sera célébrée ce mardi 20 juillet. Et pour cause :  Les prix du bétail ont connu une hausse vertigineuse sur le marché. Constat et enquête sur les raisons de cette hausse.

Un bélier se négocie entre 1 à 2 millions 800 000 Gnf, tandis que le bœuf coûte entre  4.500 000 à 9 millions Gnf. Lansana Touré est vendeur de bétails à Bellevue dans la commune de Dixinn.  Il explique les raisons de la hausse des prix des bétails à Conakry. 

 

« Il y en a pour tous les prix. On peut avoir un bélier à partir d’un million. Mais les prix des béliers maliens vont jusqu’à 2. 800 000 Gnf selon sa taille. Plusieurs facteurs entrent dans les causes qui ont favorisé la hausse des prix des moutons cette année. D’abord, il y a le mauvais état de la route. D’ici à Bamako, on fait deux jours de route alors que nous déplaçons un camion de Bamako à Conakry à 12 millions de Gnf. Le dédouanement aussi nous payons entre 10 à 12 millions Gnf.  La devise aussi coûte chère. Cette année, nous avons acheté les 5 mille Fcfa à 99 mille Gnf. A Bamako, les prix des béliers varient entre 100 et 200 mille.

Ce qui est plus grave dans tout cela, certains moutons perdent la vie dans les camions sur la route parce qu’on peut faire jusqu’à 3 jours entre Bamako et Conakry à cause du mauvais état de la route. Egalement quand on arrive à Conakry, on va acheter de l’herbe pour nourrir les moutons, un sac d’herbes c’est à 30 mille Gnf et pour nourrir 10 moutons. Nous sommes obligés de payer jusqu’à 6 sacs d’herbes par jour. On va aussi payer la place où on les héberge. Si on calcule tout cela, forcément, arrivé à Conakry, les prix vont augmenter. De fois, on peut revendre un bélier ici sans même avoir 50 mille Gnf comme intérêts », explique Lansana Touré.

Cet autre vendeur, Boubacar Diallo abonde dans le même sens. « Notre plus grand problème, c’est le mauvais état de nos routes. Avant, le déplacement d’un camion ne dépassait pas 3 millions 500 000 Gnf, mais actuellement, le prix du déplacement d’un camion est monté jusqu’à 6 millions Gnf. Par exemple, pour déplacer un camion de bœufs de la région forestière pour Conakry, il faut payer 6 millions Gnf. Si c’est en Moyenne Guinée, on paie entre 4 millions 800 000 Gnf. Si c’est en Basse Guinée, on paie entre 3 millions 500 000 à 3 millions 800 000 Gnf. Si c’est en Haute Guinée, on paie entre 5 millions 500 000 à 5 800 000 Gnf. En plus, nous payons trop de frais sur la route. Malgré le fait qu’on a tous les documents, mais à chaque barrage, les agents de la sécurité nous obligent à payer de l’argent.

Les prix des bœufs cette année commencent à 4 millions 500 000 Gnf jusqu’à 9 millions Gnf. Nous ne gagnons pas beaucoup de clients parce que les prix sont chers, ce n’est pas tout le monde qui peut acheter un bœuf», précise-t-il tout en lançant un appel au gouvernement guinéen.

« Nous demandons au gouvernement de nous aider à reconstruire la route et d’enlever tous les barrages parce que les agents qui y sont postés nous rackettent», a-t-il dénoncé.

Bakary Barry est aussi vendeur, il fait une invite aux autorités guinéennes. « Il y a beaucoup de clients qui viennent nous demander les prix mais ils n’achètent pas parce que c’est trop cher. Le problème, nous n’avons de bons moutons en Guinée. Il nous faut aller jusqu’au Mali pour acheter des moutons. Il faut que le gouvernement s’implique davantage pour aider les éleveurs guinéens afin de résoudre définitivement ce problème. A chaque année, les guinéens sont obligés d’aller chercher des moutons à Bamako pour la fête de Tabaski », a-t-il déploré.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 666 134 023

Créé le Dimanche 18 juillet 2021 à 11:23