Bah Oury avertit: "Si on ne voit qu'une compétition entre Alpha Condé et Cellou…"

Guinée
Bah Oury et Kassory Fofana
Bah Oury et Kassory Fofana

CONAKRY- "On ne peut pas dialoguer si le recours des protagonistes c'est la rue et la violence" (sic Kassory FOFANA). Cette déclaration du Premier Ministre douche-t-elle les espoirs d'une bonne frange de l'opposition favorable au dialogue avec le Pouvoir ? Pas sûr ! Pour Bah Oury, il faut replacer cette sortie du chef du gouvernement dans son contexte.

"Il faut comprendre dans quel contexte le premier ministre se retrouve. Parce que c'était certainement dans leur entourage, ils ont l'habitude des dialogues de la dernière décennie. A savoir : entre partis se retrouver, faire des arrangements et des accords politiques. Il pense notamment à l'ancien chef de file de l'opposition (Cellou Dalein Diallo, ndlr). Or, en ayant cette lecture, on oublie la réalité telle qu'elle est aujourd'hui. La dynamique d'apaisement, d'ouverture, de privilégier les concertations susceptibles de faire évoluer l'espace politique, ne concerne pas des individualités. Ça concerne la vie de la Nation. Je pense que dans ce cadre, le Premier ministre ne peut que souscrire à la dynamique qui permettrait par un dialogue politique inclusif, de trouver les voies et moyens de sortir de la crise politique de manière durable", a réagi le leader de l'UDRG, interrogé par Africaguinee.com.  

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Face à des gens dont le recours c'est la rue et la violence, Kassory Fofana assure que la priorité, c'est la sécurité des citoyens, le développement du pays pour promouvoir l'emploi. Partant du postulat que nul de durable n'est possible sans la sérénité, le calme, l'opposant pense que le chef du Gouvernement doit revoir sa lecture de la situation, au risque, selon lui,  de rater le virage.

"La nécessité de prendre en compte l'indispensable dynamique de ramener le calme, l'apaisement dans ce pays est une priorité absolue. Rien d'autre, de durable, n'est possible sans cela. Comment peut-on construire un pays alors que dans certaines parties du territoire national, pour des vétilles, il y a des heurts entre populations et qu'on dénombre à peu près une vingtaine de morts ? C'est quelque chose d'extrêmement préjudiciable à la stabilité nationale et à la confiance que le pays peut créer vis-à-vis de son opinion interne et de l'opinion internationale.

Comment peut-on construire une économie solide s'il y a des coupeurs de route ? Comment peut-on construire si du fait de l'instabilité politique due à des attitudes politiciennes, peu ou prou, partager par les différents bords les frontières de notre pays sont fermées depuis des lustres et qui amène à ruiner notre économie nationale ? Donc, il faut que de part et d'autre, surtout ceux qui sont en charge aujourd'hui de prendre les décisions, de privilégier de manière globale, les paramètres inclusifs pour apporter, des éléments de solutions. Mais si on ne voit qu'une compétition entre monsieur Alpha Condé d'une part et monsieur Cellou Dalein d'autre part, alors ils sont en train complètement de rater le virage", a averti Bah Oury.

Affaire à suivre...

Africaguinee.com

Créé le Jeudi 21 janvier 2021 à 14:03