Monènembo en colère : "Alpha Condé n'a pas le droit de casser la plume de quelqu’un…"

Littérature
Tierno Monénembo
Tierno Monénembo

CONAKRY-La parution du livre "Détention arbitraire d'Alpha Condé" de l’ancien ministre de l’éducation Ibrahima Khalil Konaté, continue de susciter des vagues. Aussitôt publié, l'ouvrage a été retiré des rayons de vente des libraires. Sur ordre de qui ? C'est selon. L'éditeur indique c'est à la demande de l'auteur, d'autres pointent Alpha Condé en personne.

Interrogé sur cette affaire par Africaguinee.com, le célèbre écrivain guinéen Tierno Monènembo, n'est pas allé par le dos de la cuillère. Selon lui, aucune loi guinéenne ne confère au chef de l’Etat d’interdire la mise en circulation d’un livre.

« Qu’est-ce qui donne le droit à Alpha Condé d’interdire la vente d’un livre ? Aucune loi guinéenne ne le lui autorise. Seule la justice guinéenne a le droit de le faire. C’est un abus de pouvoir pur et simple. C’est encore une fois le caractère du despote », s'insurge l’auteur du roman ‘’les carpeaux brousses’’

Et d'ajouter : « Je n’ai pas lu le livre et je ne suis pas sûr d’être d’accord avec son contenu mais je répète ce que disait voltaire, ‘’je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je suis prêt à mourir pour que vous ayez le droit de le dire’’. C’est ça liberté.  Il faut que chaque guinéen puisse avoir le droit de s’exprimer. Le président de la république n’a pas le droit de casser la plume de quelqu’un ou lui fermer la bouche », martèle Tierno Monènembo.

Pour lui, cette attitude va radicaliser les écrivains. « Il faut surtout qu’on soit solidaire quand une mesure tombe contre nos livres, il faut que tout le monde soit regroupé. C’est une question de liberté et il faut la défendre. Que l’on soit d’accord ou pas, on ne doit pas interdire la vente d’un livre, chacun a le droit de dire ce qu’il a envie de dire, c’est à l’opinion de juger. Sauf si quelqu’un porte plainte à la justice et que celle-ci prenne la décision d’interdire. Mais ce n’est pas la décision personnelle d’un autocrate au pouvoir », indique le récipiendaire en 2017, du Grand prix de la francophonie.

Qu'en dit la Loi ?

L’article 10 de la constitution est pourtant claire : "tout individu a droit à la liberté d’expression et d’opinion. Il est libre d’exprimer, manifester et de diffuser ses idées et opinions par la parole, l’écrit et l’image (…)"

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinée.com

Tel : (00224) 664-72-76-28

Créé le Samedi 26 décembre 2020 à 0:41