Descente musclée à Kissosso: Des policiers accusés de "graves exactions"…

Société
Image d'illustration
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CONAKRY-Malgré l’accalmie qui a prévalu ce mardi 3 novembre, jour de manifestation appelée par l’UFDG et l’ANAD, des agents des forces de l’ordre ont fait des "descentes musclées" dans certains quartiers de la haute banlieue de Conakry.

C'est notamment le cas à Kissosso, un quartier de la commune de Matoto où des policiers du commissariat Central de Matoto (BONAGUI) sont accusés d’exactions. Ces agents ont débarqué nuitamment, ont procédé à des saisis de carburants vendus sur le marché noir par des citoyens. Les faits se sont déroulés hier nuit aux environs de 23h selon des victimes, interrogées ce mercredi par un journaliste d’Africaguinee.com.

 « Hier, dans les environs de 22h-23h, un pickup remplis d’agents du commissariat central de Matoto (CC MATOTO) a débarqué à la plaque de Kissössö. Ils ont pris de façon arbitraire quelques bidons d'essences et de gasoil appartenant à des vendeurs assis juste en face de la station Total. Créant ainsi un désordre total à ce niveau. Face à l'opposition de certains jeunes, ils ont replié pour revenir un peu plus tard en employant la méthode forte (Utilisation des gaz lacrymogènes) ...  Ces policiers loubards se sont introduits dans le quartier en jetant des pierres sur certaines concessions, proférant des injures grossières à l'endroit des habitants » témoigne Ibrahima Sory Kouyaté, habitant du quartier.

Dans la débandade, ces agents de la police ont profité pour emporter les bidons remplis de gasoil appartenant à de jeunes vendeurs de carburant communément appelés détaillant au marché noir. Facely Doumbouya, l’une des victimes qui a voulu s’opposer à cette attitude, a été embarqué par les agents avec ses biens. Son neveu soutient que les policiers ont emporté plus de 7 bidons d’essence et de gaz oïl.

« C’est aux environs de 22h que les policiers sont arrivés à Kissosso Plaque, avant de s'en prendre aux vendeurs de carburant au marché noir. Ils ont commencé à prendre le carburant des gens, et en rackettant certains au fur à mesure qu’ils avançaient.  Arrivé au niveau de mon oncle Facely, il a voulu s’opposer, ils ont pris tout ce qu’il avait environ huit bidons d’essence et de gasoil avant de l’embarquer et le déposer au niveau du commissariat central de la Bonagui. Et jusque-là il est détenu là-bas » explique Mamady Koma, neveu de la victime.

Dans un communiqué publié ce mercredi 04 novembre, le ministère de la sécurité a rappelé que conformément à la législation en vigueur, la vente de carburant en dehors des installations appropriées et autorisées est formellement interdite.

"En conséquence, la vente et le transport de carburant ou combustibles au détail, sous forme de bidon, de jerrycan ou de tout autre récipient transportable est interdite. Tout contrevenant verra son matériel saisi et s’expose à des poursuites judiciaires. Les services de sécurité ont été chargés de faire respecter les présentes consignes", indique le communiqué du département de la sécurité.

Les expéditions punitives sont récurrentes ces deniers temps dans certains quartiers de la capitale guinéenne. Plusieurs habitants de l’axe Le Prince affirment être quotidiennement victimes d'abus de la part des agents de police et de la gendarmerie. A cela s'ajoute à des arrestations arbitraires qui s’opèrent au milieu de la nuit dans certaines zones réputées favorables à l’opposition guinéenne, racontent certains citoyens.

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 04 novembre 2020 à 15:13