Tué par balle à Conakry, Alhassane Barry a regagné sa dernière demeure...

Crimes à Conakry
Alhassane Barry
Alhassane Barry

CONAKRY-Tué par balle au lendemain de la dernière manifestation contre le projet de troisième mandat d’Alpha CONDE, Alhassane BARRY a regagné ce mardi, 28 juillet 2020, sa dernière demeure. Le jeune collégien âgé de 16 ans a été inhumé au cimetière de Bambéto, dans la commune de Ratoma.

A la morgue de l’hôpital de l’amitié Sino-guinéenne, parents, amis ont rendu leur dernier hommage à cet adolescent de 16 ans, fauché par une balle alors qu’il revenait de l’école, dans son quartier à Dar-es-Salam. Il est la deuxième victime par balle pour la famille Barry, dont est issu Alhassane. Avant lui, il y a eu Mamadou Dalaba qui a été tué dans les mêmes circonstances que son jeune frère. Et une autre victime lors du drame à la plage Rogbane. Ce dernier était d’ailleurs le grand frère direct d’Alhassane Barry, a rappelé le porte-parole de la famille devant la dépouille mortelle.

« C’est la troisième victime de la victime. Et nous espérons que justice sera faite. Je tiens à rappeler ici, si on continue à tuer les gens innocents même dans leurs familles, quartiers, ce que la Guinée a cessé d’être un pays, c’est devenu juste un territoire contrôlé par des bandes criminelles. Il ne faut donc pas trahir la mémoire de ces gens qui ont été sauvagement assassinés. Aujourd’hui que pouvons-nous dire à cette mère qui a perdu son enfant ? Son frère jumeau, son père et toute la famille que nous sommes ? La seule chose qui pourra nous consoler, c’est la justice. Ces gens ne doivent pas être oubliés et nous devons penser à eux à tout moment.

Nous sommes attristés de voir notre frère tuer à l’âge de 16ans alors qu’il revenait de l’école. C’est vraiment triste pour ce pays, disons plutôt ce territoire et c’est encore triste pour la nation guinéenne. Et je vous en prie, notamment ceux qui luttent aujourd’hui, pour que la Guinée soit meilleure, il ne faut pas oublier ces gens-là, une fois que vous serez au pouvoir. Car tôt ou tard que ce régime-là va passer. Si on n’a pas justice sous son règne, on espère qu’on l’aura un autre jour » espère Ibrahima Sory Barry, porte-parole de la famille et grand frère de feu Alhassane.

Pour l’opposant Bah Oury, c’est une nième tristesse car selon lui, des tueries sans justice sont devenues récurrentes ces dernières années en Guinée. Cela encourage l’impunité et met le pays dans une situation de drame, dit-il.

 « C’est triste pour les parents d’Alhassane et pour tout le peuple de Guinée. Et à chaque fois on voit des adolescents périr par la faute des éléments des forces de l’ordre. Il faut dire que c’est l’impunité qui est tolérée. Les autorités sécuritaires de ce pays ne peuvent pas déroger à leur responsabilité politique parce que sinon, elles auraient dû utiliser les moyens les plus adaptés pour faire cesser ces gens l’impunité. Mais au contraire, la répétition de ces assassinats est un encouragement à avoir demain une tragédie beaucoup plus vaste qui n’est jamais arrivée en Guinée. Il y a eu la tragédie du 22 janvier 2007, celle du 28 septembre 2009, celles en Guinée forestière. Tout cela n’a pas amené les autorités guinéennes à se rendre compte qu’il faut aller dans le sens de conforter le respect scrupuleux des droits de l’homme et la sécurité de tous les citoyens. Là c’est un drame que nous vivons au-delà de nos tragédies. J’espère et je souhaite que Alhassane Barry soit l’une des dernières victimes de toutes ces tueries » espère le président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée.

Pour Abdourahmane SANO, coordinateur national du front national de la défense de la constitution, le combat contre le troisième doit se poursuivre ne serait-ce que pour rendre justice à toutes ces personnes tuées lors mouvements de protestation contre le troisième en Guinée.

« Cette victime ainsi que celle qui n’est pas là, ont été toutes fauchées par les balles de la honte, chez elles et dans leurs familles, ne participant pas à aucune activité illégale, et comme toujours, arrachées à leurs familles, proches. Que la famille soit rassurée de la reconnaissance de tout le peuple de Guinée. Ces jeunes sont des martyrs. Et tout comme le peuple, ils sont victimes de la tyrannie, de la boulimie d’un certain nombre de personnes qui veulent s’accrocher au pouvoir contre la volonté de notre peuple. Nous devons du respect et de la reconnaissance à ces martyrs. Je voudrais dire à nos collègues du FNDC et surtout à l’ensemble du peuple de Guinée, que nous sommes condamnés à poursuivre le combat ne serait-ce que pour la mémoire de toutes ces personnalités. Nous devons poursuivre le combat jusqu’à la victoire finale pour que justice soit rendue à tous ceux qu’on est en train de faire pleurer du seul fait que d’être guinéen, pacifique, et du côté de la loi et de la démocratie » a déclaré le coordinateur national du FNDC.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 28 juillet 2020 à 18:22