Révision des listes électorales : les citoyens "boudent" les CAERLEs à Conakry…

Présidentielle de 2020
Un bureau de recensement des électeurs à Conakry
Un bureau de recensement des électeurs à Conakry

CONAKRY- La révision exceptionnelle des listes électorales entamée le 20 juillet en prélude à l’élection présidentielle du 18 octobre ne connait pas d’affluence. Dans les différentes commissions administratives d’établissement et de révision des listes électorales (CAERLE), que nous avons visité, il y a très peu de citoyens qui sont venus se faire recenser.

Sont principalement concernés par cette opération, les nouveaux électeurs, c’est-à-dire les citoyens ayant atteint l’âge de voter (18 ans), et les 2.500.000 électeurs qui avaient été supprimés à la veille du double scrutin du 22 mars dernier.  Dans la capitale, les citoyens ont tout préféré tout simplement bouder cette opération de révision exceptionnelle des listes électorales. C’est du moins le constat que nous avons fait par exemple à Wanindara et à Cosa.

Dans certaines CARLES, en trois jours de recensement, c’est seulement quatre personnes qui se sont fait enrôler. Là où nous nous sommes rendus, nous n’avons pas vu de kits sanitaires installés. Les kits de lavage des mains ou encore les thermo flashs pour la prise de température sont inexistants. Ce qui expose les opérateurs de saisi ainsi que le peu de citoyens qui se faire enrôler, au Coronavirus.  

Assis sous une tente à l’attente de potentiels électeurs, le président de la CAERLE numéro 1089 de Wanindara I  essaie d’expliquer la cause du manque d’engouement chez les citoyens pour cette révision exceptionnelle des listes électorales. « Actuellement, le recensement ne se passe pas dans les meilleures conditions. Depuis le démarrage, les gens ne prennent pas la révision en considération. Les informations manquaient chez tout le monde. Depuis le début, on a pu recenser que 4 personnes. Les gens ne viennent pas. Beaucoup n’étaient pas informés avant le lancement du processus », a déploré Mohamed Bangoura qui invite la population à venir s’enrôler.  

Pourquoi l’absence de kits sanitaires dans les lieux d’enrôlement ?

« C’est un oubli cette fois-ci. Ils n’ont pas pensé aux kits de lavage de mains pour les citoyens. On sait que la pandémie est là et les gens se réunissent ici. Les kits sanitaires et les médicaments rien n’a été prévus. J’ai parlé de cette situation à mes supérieurs. Nous demandons à la CENI de revoir cette situation, parce que nous sommes exposés à la pandémie de Coronavirus pour qu’ils puissent nous envoyer des kits sanitaires au niveau de tous les CAERLES », a interpellé Monsieur Bangoura.

Selon notre constat à Cosa Bantounka I, c’est la même réalité sur les lieux. On observe la présence d’aucun citoyen venu se faire enrôler. Dans les CARLES visitées, il n’y a pas non plus de kits de lavage de mains.  Dans le bureau 0847, l’opératrice de saisie nous a confié que depuis le début de l’enrôlement, c’est seulement 15 personnes qui se sont recensées.

« Il n’y a pas d’engouement parce qu’il n’y a pas assez de personnes qui viennent se faire recenser. Pour les dispositifs sanitaires, Ils ont mis à notre actif des bavettes et nous ont doté de quelques kits de lavage de mains à notre niveau mais qui sont insuffisants. La CENI doit doter les CAERLES des kits de lavages de mains sinon la population et nous seront en danger, parce que la maladie de Coronavirus sévit en Guinée » a déclaré Siradjo Bah, membre de la CAERLE 0847 de Bantounka I.

Dans le chronogramme annoncé par la CENI, cette opération doit s’entendre sur 15 jours et les élections présidentielles sont fixées au 18 octobre 2020.

Bah Aïssatou

Pour Africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14

 

Créé le Lundi 27 juillet 2020 à 10:13