Crise guinéenne : 1ère victoire des opposants sur le pouvoir d’Alpha Condé…

Présidentielle de 2020

CONAKRY-Le pouvoir d’Alpha Condé vient de reculer face à l’une des exigences de l’opposition qui conteste le chronogramme proposé pour la tenue de la présidentielle. L'exécutif guinéen a finalement renoncé à la modification du code électral. Le texte qui a été transmis au Parlement pour examen a été écarté jusqu'après les élections présidentielles. 

Il y a juste un mois, les leaders du front national pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont saisi le président de la Commission de la CEDEAO d’une plainte assortie d’une invitation à mettre en demeure un Etat membre de l’organisation sous-régionale.

Jean-Claude Kassi Brou a été interpelé afin qu’il attire l’attention du Gouvernement guinéen sur le sens et la portée des dispositions de l’article 2.1 du protocole A/SPI/12/01 sur la Démocratie et la bonne Gouvernance qui dispose en son article 2 alinéa 1 qu’ "aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six (6) mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques".

Les opposants voulaient que la CEDEAO enjoigne la République de Guinée de s’abstenir de toute modification du Code Electoral à la veille de la présidentielle. Eh bien face au tollé, le pouvoir d’Alpha Condé a finalement reculé. La Loi électorale qui était envoyée à l’Assemblée Nationale pour examen a été finalement retirée. Du moins jusqu’après l’élection présidentielle. Pourquoi le pouvoir a-t-il reculé ? Amadou Damaro Camara, le président de l’Assemblée Nationale a apporté quelques éléments de réponses ce samedi 4 juillet 2020.

“On sait qu'il y a la charte de la CEDEAO qui interdit la modification majeure des lois électorales six mois avant les élections. Mais entretemps, on a eu une nouvelle constitution. Nous nous sommes dit que nous avons quand-même le droit d'adopter notre code électoral à des références qui se trouvent dans cette nouvelle Constitution. On était un peu dans cette légitimité constitutionnelle d'être contre ces traités internationaux qu'on a signés. C'est  ainsi que le bureau a demandé d’attendre parce qu'on n'est pas sûr. Nous allons attendre. Après les élections présidentielles, nous allons beaucoup sereinement revoir notre code électoral, de manière plus pérenne. C'est ainsi que le bureau a décidé de le mettre à côté”, a expliqué le député Amadou Damaro Camara.

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

 

Créé le Samedi 04 juillet 2020 à 22:17