Cheick Sako à Alpha Condé : "il faut qu’il comprenne et ne se présente pas pour un 3ème mandat"

Guinée
Cheick Sako, ancien Ministre de la Justice Garde des Sceaux
Cheick Sako, ancien Ministre de la Justice Garde des Sceaux

MONTPELLIER- L’ancien ministre de la Justice garde des Sceaux, démissionnaire du Gouvernement Kassory, vient d’interpeler le président Alpha Condé, soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat, après deux quinquennats. Maître Cheick Sako souligne que le Chef de l’Etat est grande partie responsable de la solution à la crise que la Guinée est en train de traverser.

« La solution en Guinée, il faut qu’on aille vers un dialogue politique en Guinée. Mais attention : un dialogue politique où tout sera mis sur table clairement, les conditions des uns et des autres ensuite les purger. Il faut souhaiter que le bon sens et la sagesse des uns et des autres prévalent sur d’autres considérations. Il faut souhaiter que le président de la République comprenne et ne se présente pas pour un troisième mandat. Ça serait bien une solution », a déclaré l’ancien ministre de la Justice d’Alpha Condé, invité dans l’émission le « Débat Africain » sur RfI.

Maitre Cheick Sako s’est aussi exprimé sur le débat lié à la falsification de la Constitution. L’ancien garde des sceaux se dit choquer par cette falsification. Selon lui, il faudrait absolument trouver le ou les auteurs de cette falsification pour qu’ils puissent répondre.

« Il y a dichotomie entre les deux textes. Je rappelle que d’une part, le projet soumis à référendum le 22 mars, évidemment, il y a eu plusieurs moutures, mais celui qui a été publié au journal officiel de la République comporte 157 articles. Il a été paraphé par le ministre de la Justice d’alors, c’est celui-là qui a été soumis à référendum. Il n’y a pas d’ambigüité là-dessus. D’autre part, le second texte de Constitution différent du premier promulgué, publié après le référendum le 14 avril. C’est là où il y a hiatus. Le problème c’est que le second texte ne correspond pas au premier. Il y a une vingtaine de dispositions qui ont été soit modifiées, soit falsifiées », souligne maitre Sako.

Par exemple, a-t-il dit, il y a les dispositions relatives aux candidatures indépendantes à l’élection présidentielle qui ont disparu, il y a aussi l’introduction des  parrainages pour les élections présidentielles.

« Le troisième exemple qui m’interpelle le plus en tant qu’ancien ministre de la justice, ça concerne la justice. L’article 13 du projet approuvé par référendum énonce de façon claire le principe de l’indépendance et de l’impartialité des tribunaux. Curieusement dans l’article 13 du texte promulgué, cela est supprimé. C'est-à-dire que l’indépendance et l’impartialité des tribunaux sont supprimées, il consacre uniquement la compétence des tribunaux. Voyez-vous il n’y a pas besoin de discourir, c’est quand même  assez grave. Moi je ne fais pas de différentiel, nous sommes dans une République, il faudrait absolument trouver le ou les auteurs de cette falsification pour qu’ils puissent répondre », martèle l’ancien ministre de la Justice.

Cheick Sako se dit profondément choqué par le tripatouillage de la Constitution. « J’ai été profondément choqué par ces modifications qui sont intervenues. Le projet soumis à référendum, chaque guinéen s’est positionné, on connait la position de chacun. Ce qui est plus grave, le texte qui a été promulgué et publié, c’est là où il y a la dichotomie. J’ai cité l’exemple de l’article 13. Il y a aussi d’autres exemples majeurs. (…) La conséquence, c’est qu’il a été inclus dans le nouveau texte plusieurs dispositions liberticides susceptibles de créer de graves conflits dans le pays plus tard. Il est temps encore de revenir en arrière et d’en tirer les conséquences », préconise Cheick Sako, qui trouve assez curieux,  l’arrêt de la Cour Constitutionnelle, interpelée  par l’Assemblée Nationale.

« L’Arrêt de la Cour Constitutionnelle est assez curieux. Ça se passe de commentaire, j’aurai souhaité au moins que la Cour puisse soulever des erreurs matérielles puisque l’évidence est là. Il n’y a pas besoin de faire de la magie », a lancé maitre Sako.

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Dimanche 28 juin 2020 à 15:51