Romina, 13 ans, décapitée par son père

Iran

Une adolescente qui s’était enfuie avec son petit ami âgé de 35 ans a été victime d’un «crime d’honneur» perpétré par son paternel, jeudi dernier dans le nord du pays.

La police de la province du Guilan (nord) a arrêté un père de famille la semaine dernière à Hovigh. L’homme est accusé d’avoir décapité sa fille de 13 ans en guise de punition. Romina Ashrafi s’est enfuie de chez elle avec son compagnon âgé de 35 ans après que son père s’était opposé à leur mariage. La police a retrouvé le couple. L’adolescente a eu beau dire qu’elle craignait pour sa vie, elle a tout de même été renvoyée chez elle.

Jeudi dernier, le paternel de Romina l’a attaquée alors qu’elle dormait dans sa chambre. Selon la BBC, qui cite le média local Gilkhabar, l’Iranien s’est servi d’une faucille pour décapiter sa fille. L’homme est ensuite sorti de chez lui, son arme à la main. Il s’est rendu à la police et a confessé son crime.

Mercredi, le visage de Romina était omniprésent dans la presse iranienne. «Foyer paternel dangereux», titrait par exemple le journal proréforme «Ebtekar», dénonçant dans son article l’absence de législation pour protéger les femmes et les filles.

Émotion sur les réseaux sociaux:

Sur les réseaux sociaux également, l’émotion est intense. Le hasthag #Romina_Ashrafi a été utilisé plus de 50’000 fois sur Twitter, la plupart des utilisateurs condamnant ce crime et plus globalement le patriarcat qui règne sur la société iranienne. «Romina n’est ni la première, ni la dernière victime d’un crime d’honneur», a déploré Shahindokht Molaverdi, secrétaire de la Société pour la Protection des droits des femmes en Iran.

Le droit pénal iranien réduit les peines des personnes condamnées pour avoir tué ou blessé un enfant dans le cadre d’un «crime d’honneur». Si un homme est reconnu coupable du meurtre de sa fille, la peine encourue est comprise entre trois et dix ans de prison, au lieu de la peine de mort ou du paiement de la diyya (ndlr: le prix du sang) généralement de mise en cas de meurtre.

Vice-présidente chargée des Femmes et des Affaires familiales, Masoumeh Ebtekar a annoncé un «ordre spécial» pour enquêter sur l’affaire. «Chaque année en Iran, des femmes et des jeunes filles sont tuées par leurs parents masculins sous prétexte de défendre leur honneur, mais la nature du meurtre de Romina Ashrafi a choqué le pays et le reste du monde», souligne Fariba Sahraei, journaliste à Iran International TV.

JOC

Créé le Jeudi 28 mai 2020 à 8:59

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