Coronavirus : Situation alarmante à la Maison Centrale de Conakry…

Epidémie de Coronavirus
Des prisonniers à la maison centrale de Conakry, image d'archive
Des prisonniers à la maison centrale de Conakry, image d'archive

CONAKRY-Les choses s’aggravent du jour au lendemain à la prison civile de Conakry. La prise en charge des malades du COVID-19 fait défaut malgré l’aménagement d’un centre de traitement au sein de la prison. Toute chose qui  risque de coûter cher à la population carcérale. Si au total 70 prisonniers malades du coronavirus sont hospitalisés dans le centre qui a été installé récemment dans cette prison, faut-il signaler que les détenus de la Maison Centrale de Conakry sont plus que jamais exposés au COVID-19.  

Selon une source hautement placée au sein de l’administration pénitentiaire, les dépistages ont été suspendus pour manque de place d’hospitalisation dans le centre de traitement. Ce qui constitue un véritable problème puisque désormais tous les prisonniers qui ont contracté le Coronavirus et qui n’ont pas été détectés et isolés côtoient en permanence avec ceux qui sont sains.

Notre source précise que contrairement à ce qui a été annoncé officiellement, le centre de traitement qui vient d’être installé à la Maison Centrale de Conakry ne compte que 70 lits qui sont tous occupés.

« Le centre de traitement qu’ils ont installé ici c’est pour 70 places alors qu’il y a plus de 1700 prisonniers ici actuellement. Mais les autorités parlent de 250 à 300 places alors qu’en réalité ce n’est pas ça, dans ce centre il n’y a que 70 lits. Et je vous informe que tous les 70 lits sont occupés, le centre est plein actuellement ce qui fait que d’ailleurs ils ont arrêté le dépistage parce qu’il n’y a pas plus de places pour d’autres malades du COVID-19. Ils ont préféré arrêter les dépistages parce que selon eux, si les gens sont informés qu’ils ont le coronavirus cela va créer d’autres problèmes au sein de la prison. Donc ils ont décidé de suspendre les dépistages jusqu’à ce qu’il y ait des places vides dans le centre. Mais toujours c’est le statuquo, il y a toujours des malades ici, la cellule des malades est toujours remplie comme d’habitude. Maintenant c’est la psychose qui règne ici même si quelqu’un est malade il a peur de déclarer pour ne pas  qu’on lui dise qu’il a le Coronavirus », a expliqué notre source.

Prise en charge…

D’après notre interlocuteur, les malades du Coronavirus qui sont hospitalisés au centre de traitement de la Maison Centrale de Conakry sont affamés. Selon lui, les plats que l’ANSS distribue pour les patients sont tellement petits et ne suffisent pas pour rassasier les malades.

« En ce qui concerne la prise en charge, il y a des médicaments. Mais côté nourriture les patients pleurent trop. C’est l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire ANSS qui envoie la nourriture, mais les patients disent que les plats sont petits, qu’ils ne mangent pas à leur faim. Le matin on leur donne un thé ou un Nescafé et un sachet de lait en poudre pour le petit déjeuner. A midi on envoie des petits plats et on donne à chaque malade mais c’est tellement petit que les malades n’arrivent pas à se rassasier. Le soir également c’est la même chose. En plus chaque jour, le malade ne reçoit qu’un seul bidon d’un litre et demi d’eau minérale qu’il va boire pendant 24h », a ajouté notre informateur avant de soulever d’autres disfonctionnement dans le domaine de l’hygiène dans le centre de traitement dédié aux malades du Coronavirus.

« Il y a aussi des problèmes d’hygiène dans le centre de traitement ici. Normalement, dans un centre où sont hospitalisés des malades du COVID-19, on ne doit pas regrouper toutes les catégories des malades c’est-à-dire ceux qui présentent des symptômes, ceux qui sont dans un état critique et ceux qui n’ont pas de symptôme. Ils doivent être séparés des uns des autres. Mais le problème ici, tous ceux-ci sont regroupés ensemble. C’est qui est plus dangereux aussi c’est les prisonniers mêmes qui nettoient le centre où sont hospitalisés les malades du Coronavirus et la plus part d’entre eux font ce travaille également sans masques, sans caches nez, sans gants, ni rien. Il y a beaucoup de disfonctionnement dans le centre de traitement », a expliqué notre source.

Interrogé sur les raisons de la suspension des dépistages, le responsable de communication du département de la Justice a promis de se renseigner et nous informer.

Nous y reviendrons !

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

 

Créé le Mercredi 20 mai 2020 à 14:34