Confinement de Conakry: Immersion dans "l'enfer" des voyageurs à Coyah...

Reportage
Le calvaire des usagers à Coyah
Le calvaire des usagers à Coyah

COYAH-Face à la propagation de l'épidémie de Coronavirus en Guinée qui a dépassé la barre symbolique des 1000 cas confirmés, les agents de  sécurité ont érigé ce mercredi 29 avril 2020 à Friguiadi dans la préfecture de Coyah des barrages. Histoire pour eux de faire respecter les mesures de confinement de Conakry, décrété par le Président Alpha Condé.  

Malgré le confinement de Conakry pour limiter l’expansion de l’épidémie de Coronavirus, certains citoyens, au « mépris » de l’interdiction présidentielle, continuaient à quitter la capitale pour voyager à l’intérieur du pays et vice-versa.  Un phénomène que les forces de l’ordre veulent y mettre fin.

L’érection inopinée de ces barrages ce matin a causé d’énormes embouteillages à Coyah, ville située aux portes de la capitale. Plusieurs citoyens en partance ou en provenance de l’intérieur pays ont été contraints de rebrousser chemin. Chauffeurs et  passagers dénoncent l’attitude des forces de l’ordre. Selon eux, cette opération se mue en arnaque des citoyens.

Selon notre constat, cette situation a entrainé des embouteillages monstres à la sortie de Coyah amenant ainsi les voyageurs  à rebrousser chemin. Visage crispé, une mère de famille portant sur son bébé au dos exprime sa colère.

 « Depuis le matin je suis sur cette route impossible d’arriver à Coyah. Je viens de Dubréka mais la route est bloquée. Il y a trop de barrages. Il y a trop de monde on peut avoir le coronavirus avec cette situation. Si c’est comme ça, ce n’est pas pour lutter contre la maladie, mais plutôt la propager », s’insurge Fatoumata Sylla

Rencontré, un conducteur de mini bus en partance pour Kindia se dit obliger de  retourner à Conakry.

« A la sortie les policiers  demandent de payer 60 mille francs guinéens, à la rentrée on te demande 20 mille francs guinéens. Ils sont mauvais et ils ne connaissent pas Dieu, parce qu’ils ont tapé mon véhicule », accuse Mohamed Camara. 

Même cri de cœur  chez cet  autre chauffeur.  « Nous souffrons beaucoup sur la route. Ils ont transformé ici en lieu de commerce avec ces barrages. Certains endroits tu payes jusqu’à 40 mille francs guinéens. On est obligé de se retourner sans travail. Sur la route de Dubréka Bourémaya c’est la même arnaque. Ce que le gouvernement est en train de faire comme ça ce n’est pas bon. Comment on va faire parce qu’on gagne notre recette dans ça ? J’ai gaspillé mon carburant pour rien », a fustigé Mohamed Lamine Diaby. 

 Selon certaines indiscrétions, ces barrages sont installés pour rechercher des personnes positives du COVID 19 qui  sont dans la nature. Interrogé pour avoir leur version des faits, aucun agent n’a souhaité faire des commentaires.

 

Un reportage de Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mercredi 29 avril 2020 à 19:45

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