Kindia : Des gendarmes interpellent plusieurs fidèles en "pleine prière collective"

Echo de nos régions
Une mosquée à Kindia, image d'illustration
Une mosquée à Kindia, image d'illustration

KINDIA-Au moins neuf fidèles musulmans ont été interpelés ce mardi 07 avril  par les forces de l’ordre alors qu’ils priaient dans une mosquée située au centre-ville de Kindia.

Ces personnes sont accusées d’avoir bravé l’interdiction des prières collectives pour éviter la propagation de l’épidémie de Coronavirus. La mosquée était certes fermée, mais les travailleurs du grand dépôt  du centre -ville de la cité des  agrumes ont depuis la fermeture des mosquées en Guinée, profitent pour s’acquitter de leur obligation religieuse sur la véranda de ladite mosquée. Chose que les gendarmes de la  brigade numéro 7  ont  remarqué avant d’intervenir ce mardi pour mettre fin à la pratique. Cette unité a voulu faire respecter les mesures barrières prises par les autorités, à cause du Covid-19.

Ces neuf fidèles ont été interpelés puis conduits dans un pick-up  à la gendarmerie  numéro 7 de Kindia. Le président préfectoral de la filière bois de Kindia, El hadj Mama Camara explique :

« Quand  le problème s’est posé à propos des prières collectives, même moi j’ai fourni assez d’efforts mais ici c’est une route. Lorsque tu commences à prier seul, à la fin quand tu te retournes,  tu verras d’autres derrière toi en train de prier. Même l’autre fois j’avais interdit la prière ici et j’ai dis de ne pas faire sortir les natte dehors. Lorsque l’information a été élargie, c’est de là que les services de sécurité ont été alertés et soudain, ils sont descendus ici et  ont appréhendé neuf  personnes qui priaient. Ils les ont  jetés dans leur pick-up pour les conduire à la gendarmerie mobile », explique-t-il, indiquant qu’il y a eu assez de tractations pour obtenir la libération des fidèles arrêtés. Ils ont été libérés moyennant une somme.

« Nous avons payé le prix de leur déplacement (carburant) et ils ont tous été relâchés. Ce que je vais dire à tout le monde, si une décision vient du président de la république surtout qui concerne notre santé c’est d’obéir, c’est bien la religion elle est bonne mais la santé avant tout. Parce que si tu es malade tu ne peux pas faire tes obligations religieuses. (…) Celui qui veut prier prie seul, il est le bienvenu, mais même deux personnes nous ne voulons pas les voir prier ici. Celui qui veut prier l’intéressé peut aller chez lui », a averti M. Camara.

 

Depuis Kindia, Chérif Keita

Pour Africaguinee.com

 

Créé le Mercredi 08 avril 2020 à 10:33