Elhadj Badru :"Dites au Président de renoncer à tout ce qui provoque la sédition"

Référendum Constitutionnel
Elhadj Badru Bah, grand imam de Labé
Elhadj Badru Bah, grand imam de Labé

LABE- Alors que le Chef de l’Etat a fixé la date du référendum constitutionnel, les notables  du foutah viennent de livrer un message au Président Alpha Condé. A nom des sages du Foutah, Elhadj Thierno Badru Bah, le grand imam de  Labé a demandé au président de la République de République de « renoncer à tout ce qui est en train de provoquer les troubles » pour que le pays continue de vivre en paix. L’imam de Labé a transmis ce message aux émissaires du Chef de l’Etat venus dans la région après les violences qui ont fait au moins cinq morts.

« N’ayez pas peur de dire la vérité au Président. Aujourd’hui vous êtes des dirigeants, demain vous serez enlevez. Un homme ne doit pas avoir d’être enlevé à un poste. Qu’il dise la vérité. Des violences sont enregistrées dans les quatre coins du pays. Aujourd’hui, c’est l’image de toute la Guinée qui est ternie. Même lorsque vous faites une recherche sur internet en tapant Guinée-Conakry, les premières images qu’on montre, c’est là où il y a le feu, là où il ya des gendarmes ou polices pourchassent des jeunes. Cette image ne fait pas honneur à la Guinée. Dieu le Tout-puissant a fait qu’aujourd’hui, nous sommes les héritiers, nous sommes les garants de la quiétude. Si on ne se dit pas la vérité en face, la Guinée ne peut pas aller de l’avant.

Nous sommes contents de vos messages, mais pour être honnête vous nous trouvez très affligés. Celui qui vous dit qu’il est content ici, il vous aura trompé. Si vous constatez que nos visages sont renfrognés,  sachez que ce n’est pas l’effet de la fraicheur du climat, c’est la préoccupation que nous avons par rapport à ce qui s’est passé ici.

Moi-même j’ai délégué des muezzins pour aller chercher l’ambulance à l’hôpital. En cours de route, des agents de sécurité bloquent l’ambulance  ils font descendre tout le monde et ils tuent le chauffeur sur place. Tout près ici, on a empêché  un imam  d’aller diriger la prière de vendredi. Après on lui retire ses téléphones qu’il n’a pu récupérer qu’à la gendarmerie.

L’injustice est arrivée à un niveau indicible voire insoutenable. Ce n’est pas comme ça que vous avez l’habitude de nous trouver chez nous.  Mais cette fois-ci, au nom d’Allah, j’ai le cœur serré, je suis préoccupé. Si la religion a été attaquée d’un côté, les vies humaines arrachées, les biens privés sont détruits de l’autre, il y a vraiment de quoi s’inquiéter. Personne ne peut fermer l’œil lorsqu’on détruit. Tous les jours nous sensibilisons, mais les tueries, les atteintes à la religion, c’est sont des choses qui préoccupent au plus haut point.  

Le président vous a commissionné pour venir constater, observer, nous sommes sûrs que vous lui rendrez compte fidèlement. Le message que nous vous retransmettons pour le Président, c’est de voir tout ce qui provoque la violence, de renoncer à ça pour que notre pays continue de vivre dans la paix et nous vivions dans la quiétude, l’entente. Tout ce qui est source de trouble, mettons ça de côté (…). Nous parlons au nom des imams, des sages et des notables du Foutah que nous parlons ».

Créé le Jeudi 06 Février 2020 à 18:46