Reprise des délestages à Conakry : Le calvaire des citoyens…

Reportage

CONAKRY- La reprise des délestages impactent négativement les activités génératrices de revenues pour certains citoyens à Conakry. Depuis quelques jours les citoyens de plusieurs quartiers de Conakry sont confrontés à une pénurie d’électricité. Les chaudronniers  et les vendeuses de glaces par exemple sont durement impactés, a-t-on constaté.

La baisse de la fourniture du courant commence à se ressentir dans les marchés. Les vendeuses de glaces ont revu le prix à  la hausse. Une pierre de glace de quelques grammes se négocie à 1500GNF.

Selon notre constat, au marché de Sonfonia, le délestage du courant électrique a entrainé la hausse du  prix de glace alors qu’avant elle s’arrachait à 500 francs guinéens. Assise devant sa marchandise, une vendeuse de glace se plaint de la rareté de la clientèle à cause de la cherté du prix. Cette mère de famille tire le diable par la queue.

« Partout, il n’y a pas de courant. Avant on vendait la glace à 500 francs, mais actuellement on revend jusqu’à 2000 francs.  Le prix a augmenté parce qu’on paye le transport pour aller prendre la glace à Kaloum et on achète cher. S’il y a le courant à Sonfonia on vend à 500 ou 1000 francs. C’est pourquoi on n’a pas  de clients actuellement. Les temps sont trop durs ce n’est pas facile pour nous les mères de famille de subvenir aux besoins de la famille », s’est lamentée Fatoumata Bangoura qui interpelle les autorités guinéennes à revoir cette situation.

Rencontré dans son atelier, un chaudronnier a regretté les pertes enregistrées dans son atelier à cause de ce délestage du courant.

« Le courant vient parfois à 18heures mais ça ne dure pas et quelques fois c’est à 00 heure. On ne dort pas on ne travaille pas  puisqu’il y a des coupures à tout moment. Alors, cela crée des disputes entre nous et nos clients si le délai du  travail n’est pas respecté. Une porte qu’on a l’habitude  de confectionner en un jour si la desserte est normale,  on le fait aujourd’hui à une semaine. Actuellement on n’est obligé d’utiliser le groupe électrogène. Nous avons trop de difficultés. On finance beaucoup d’argent. C’est une perte pour nous. Si tu gagnes un marché de 3 millions c’est vraiment difficile que tu tires du profit. Des fois tu te retrouves avec rien. Il y a des travailleurs qui viennent rester toute la journée sans faire quelque chose, mais à la fin du mois tu es obligé de les payer », a déploré Amadou Tidiane Baldé.

Ce chaudronnier interpelle le gouvernement sur cette situation afin qu’il trouve rapidement une solution. Car, selon lui, sans le courant rien ne peut marcher dans le pays. 

« On demande au gouvernement de nous aider à avoir de l’électricité. Actuellement rien ne marche sans courant. On nous avait dit que le courant ne manquerait pas en Guinée avec les barrages de Kaléta et Souapéti mais même l’année dernière il y avait du courant  régulièrement jusqu’au mois de mars. Mais cette année, les délestages ont repris alors que les grandes  pluies viennent à peine de finir», a lancé Monsieur Baldé.

Du côté de la société d’électricité de Guinée (EDG) qui est chargé de la desserte, aucune information officielle n’a été publiée sur la raison de ce problème. Nos tentatives de rentrer en contact avec eux sont restées vaines pour l’instant.

 

Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 07 décembre 2019 à 10:16