Guinée : un ministre d’Alpha Condé visé par une plainte…

Assassinat sur l'axe
Alpha Condé, Président de la République de Guinée et Mouctar Diallo
Alpha Condé, Président de la République de Guinée et Mouctar Diallo

CONAKRY- Une plainte pour « non dénonciation de crime » vient d’être déposée contre l’actuel ministre de la Jeunesse au niveau du Tribunal de Première Instance de Dixinn, a appris Africaguinee.com.

Après sa récente sortie sur les ondes d’une radio de la place au cours de laquelle il a déclaré connaître des « jeunes armés lors des manifestations »,  Mouctar Diallo est au cœur d’une controverse qui risque de finir devant les tribunaux. En effet Maitre Souleymane Baldé, s’est saisi de cette affaire afin que la justice interpelle l’actuel ministre de la jeunesse.

Il reproche au président du Parti Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), d’avoir refusé d’informer les autorités judiciaires et administratives de la détention d’armes létales par des citoyens vivant sur l’axe Hamdallaye-Kagbelen. Par cet acte,  l’avocat estime que le ministre Mouctar Diallo tombe directement sous le champ d’application de l’article 705 du Code pénal.

 « Le fait pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui peuvent être empêchés, de ne pas informer les autorités  judiciaires et administratives est puni d’un emprisonnement de 1 à 3 ans et d’une amende de 500.000 à 1.000.000 GNF ou de l’une de ces deux peines seulement », rappelle l’avocat.

Mouctar Diallo qui a longtemps milité dans l’opposition a pris part à de nombreuses manifestations qui ont été réprimées dans le sang. Avant de faire son entrée dans le gouvernement, le leader de NFD était très critique vis-à-vis du pouvoir du président d’Alpha Condé. Maitre Thierno Souleymane Diallo s’est constitué partie civile afin que le ministre Diallo réponde de son silence.

 ‘’ Dès lors, M. Diallo, ayant connaissance de l’utilisation des armes à feu et par conséquent l’assassinat d’une centaine de jeunes dont les enfants de mes clients, avait l’obligation légale de dénoncer la détention de telles armes par des particuliers qui n’ont pas le droit de les détenir à plus forte raison de les utiliser  contre des citoyens guinéens’’ a démontré maitre Souleymane Baldé.

L’actuel chef du département de la jeunesse a participé à l’enterrement de plusieurs victimes d’assassinats lors des manifestations, rappelle l’avocat. « Mouctar Diallo savait qu’il y a des assassinats ciblés contre des citoyens guinéens et a visité plusieurs victimes de tentatives d’assassinat », observe l’avocat.

Face à cet état de fait, Maitre Thierno Souleymane  attire l’attention du procureur à travers l’article 6 de la constitution qui garantit selon lui,  le droit à la vie et prohibe le recours à la torture ainsi qu’aux « peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradants ».  Cette disposition est catégorique et absolue, dit-il, soutenant qu’il n’y a aucune raison  qui  puisse justifier sa violation.

’ Un citoyen ayant connaissance que des jeunes détiennent des armes sans autorisation légale aurait dû contribuer à la préservation de la vie humaine en les dénonçant devant les autorités judiciaires et administratives’’, soutient-t-il, annonçant que ses clients se constituent partie civile et espèrent que justice leur sera rendue conformément à la loi.

Interrogé sur cette plainte, l’agent judicaire de l’Etat, maitre Mory Doumbouya a indiqué que ses services n’ont pour le moment pas été saisis.

Affaire à suivre….

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 13

Créé le Jeudi 21 novembre 2019 à 19:45