Lusaka : des engagements forts en faveur de l’enregistrement des faits d’état civil…

Afrique

LUZAKA- La cinquième conférence des Ministres africains en charge de l’enregistrement des faits d’état civil s’est ouverte ce jeudi 17 octobre 2019 dans la capitale zambienne.

Cette rencontre qui a été précédé par la réunion des experts a connu la participation des représentants de nombreuses institutions, notamment la Commission Économique pour l’Afrique, la Commission de l’Union Africaine ou encore la Banque Africaine de Développement. 

Avec pour thème « Des systèmes innovants d’enregistrement des faits d’état civil et d’établissement des statistiques de l’état civil : fondement pour la gestion de l’identité juridique », cette conférence devra aboutir à des résolutions qui devront être suivis par tous les Etats membres. 

Plus d’un milliard de personnes sont en identité juridique dans le monde, dont plus de la moitié vit en Afrique. 

« Le système d’enregistrement des faits d’état civil permet aux individus de prouver qui ils sont lorsqu’ils doivent faire des transactions avec d’autres, de faire prévaloir leurs droits civils et humains. Beaucoup d’enfants ne sont pas reconnus et donc pas protégés par la loi. L’absence d’une identité officielle affecte les plus pauvres, essentiellement les femmes et les jeunes filles vivant dans les zones isolées du pays. Il faut faire en sorte que chaque personne en Afrique sot visible et ait une identité juridique », a lancé le Ministre Zambien en charge de l’enregistrement des faits d’état civil.

Le Ministre Stephen Kampyongo a estimé que c’est un « scandale » que certains enfants naissent et meurent sans être enregistrés.

De son côté, le représentant de la Banque Africaine de Développement a plaidé pour une modernisation des systèmes d’enregistrement dans les pays africains. 

« On ne peut rien faire sans les statistiques. La base de la planification, ce sont les statistiques », a rappelé Thoma Kwesi Quartey qui souligné en même temps que le programme CRVS a un impact majeur sur plusieurs projets du continent, notamment la Zone de libre échange continental africaine. 

Pour la Secrétaire Exécutive de la Commission Économique pour l’Afrique, le sujet qui sera débattu à Lusaka est d’une importance cruciale pour le développement économique et social de l’Afrique. Dr Vera Songwye dira également que l’absence d’identité juridique signifie que la personne n’existe pas du tout aux yeux de l’État, un scénario qui est extrêmement alarmant et qui va à l’encontre de chacun de nos efforts de développement humain. 

72703909_468518687086500_6387726523708735488_n.jpg

Selon les données de l’UNICEF, deux nourrissons sur trois ne sont toujours pas enregistrés à la naissance en Afrique subsaharienne. Trois sur quatre ne disposent pas de certificat de naissance, toujours selon cette agence onusienne. 

« Sans connaître le nombre et les caractéristiques des résidents d’un pays, les gouvernements ne peuvent ni planifier, ni élaborer des politiques adéquates, ni suivre les progrès », a indiqué Dr Vera Songwe qui s’est exprimée dans une vidéo projetée à l’ouverture de la conférence. 

Avant de conclure, la Secrétaire Exécutive de la CEA dira qu’elle attend de la conférence de Lusaka des orientations sur les voies à suivre pour parvenir à des systèmes holistiques, innovants et intégrés de gestion de l’identité juridique en Afrique.

Avant d’ouvrir officiellement les travaux de cette cinquième conférence des Ministres africains en charge de l’enregistrement des faits d’état civil, la Vice-Présidente de la Zambie a souligné que le thème répond comme il se doit à l’Afrique que nous voulons, et qui figure dans l’agenda 2063. 

« Nous partageons tous une vision commune de mettre en place une Afrique intégrée, paisible, qui représente une force dynamique à l’international. Nous ne pouvons pas réaliser notre vision d’une grande Afrique sans enregistrer nos citoyens », dira Mme Inonge Wina.

A rappeler qu’au terme des travaux de cette première journée, un nouveau bureau présidé par la Zambie a été élu. Il remplace ainsi la Mauritanie qui en assurait la présidence depuis 2017. 

 

SOUARE Mamadou Hassimiou

Journaliste CEA-Afrique de l’ouest (Guinée)

Depuis Lusaka 

Créé le Jeudi 17 octobre 2019 à 16:37

TAGS