Un Guinéen pilote une étude sur les impacts des mutations sociétales sur les organisations françaises

Diaspora guinéenne

Exigences des « millenials », compétences transversales, nouveaux métiers liés au digital et à la data, transition écologique... L’étude qui a été commandée au Comité 21, qui est le premier réseau multi-acteurs dédié́ au développement durable et la responsabilité sociétale des organisations, par la Conférence des grandes écoles et la Conférence des présidents d’université. Le rapport présente largement et de manière assez exhaustive les défis sociétaux actuels rencontrés par les employeurs et les leviers qu’ils actionnent pour prendre le train des transformations. 

L’étude de plus d’une soixantaine de pages a pour objectifs (i) d’offrir aux acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche un éclairage sur les nouveaux besoins en compétences des employeurs, et de les guider dans l’adaptation de leur offre de formation ; et de (ii) partager entre des organisations de nature et secteurs d’activités différents, des expériences sur les impacts des mutations sociétales sur leurs métiers.

Ce sont trente (30) organisées issues de l’administration publique, (ministères de l’économie et des finances, de l’écologie et de la transition écologique, Agence française de développement, etc.), des grandes entreprises comme Veolia, Saint-Gobain, le Crédit agricole, des PME et ETI, des collectivités territoriales, des associations, des professionnels du recrutement et du conseil qui ont dans un premier temps décrit les enjeux sociétaux qui les impactent. Ensuite, elles ont partagé leurs stratégies d’adaptation avant de faire des recommandations au monde de l’enseignement supérieur et de la recherche pour répondre à ces besoins prégnants.

Notre compatriote Mohamed Bangoura, ancien journaliste à la Radiotélévision guinéenne et Chargé de la Communication de la Délégation de l’Union européenne en Guinée et actuel Chargé d’études au Comité 21 s’est ensuite chargé de la rédaction de cette étude qui parait dans un contexte d’injonctions des nouvelles générations liées à l’urgence climatique et environnementale. Chez les salariés, cet enjeu est combiné à la quête de sens qui est l’une de leurs premières préoccupations, qu’ils soient des nouvelles ou des anciennes générations. A cette demande, il faut ajouter un processus puissant d’individualisation de la société avec des salariés (et des citoyens) en attente de réponses de plus en plus personnalisées. 

La transition numérique est la mutation sociétale qui impacte le plus les organisations dans le sens d’une transformation en profondeur de leurs rythme, outils et modes de travail mais également de leur modèle d’affaire. L’arrivée des nouvelles générations dans le marché de l’emploi soulève également une problématique liée au management intergénérationnel.

Selon le rapport, ce sont trois leviers principaux qui ont été identifiés par les organisations pour s’adapter face à ces nouveaux défis sociétaux : se transformer et développer leur redevabilité pour améliorer leur attractivité et leur réputation, inventer de nouveaux modes de management et se doter de nouvelles compétences RH.

Leurs recommandations au monde de l’enseignement supérieur sont également de trois (3) ordres : œuvrer pour une plus grande ouverture au monde professionnel et une multiplication des passerelles avec celui-ci ; décloisonner les disciplines pour mieux former au développement durable et enfin renforcer la place des compétences comportementales dites « soft skills » dans l’enseignement.

Démarche inédite, l’étude propose deux retours d’expériences d’établissements d’enseignement supérieur qui ont déjà pris les devants sur les questions soulevées par l’étude.

L’étude a été saluée unanimement par les organisations et le monde de l’enseignement supérieur comme le témoigne leur forte mobilisation lors de l’événement de lancement qui s’est tenu le mercredi 2 octobre dernier à l’École nationale supérieure des arts et métiers (ENSAM) de Paris.

Le même accueil a été réservé à « Banks » et son prestigieux « bébé » le lendemain à l’École Normale Supérieure de Lyon cette fois-ci à l’atelier dédié à l’étude lors du congrès annuel de la Conférence des Grandes écoles (CGE).

Malgré la complexité des enjeux qui interpellent les organisations, l’étude « Mutations sociétales et nouvelles compétences : quels impacts pour les organisations ? » est un riche document de prospective assez complet à la disposition des acteurs socio-économiques dans leurs transformations visant à affronter l’imprévisibilité de l’avenir.

Bravo à notre compatriote Mohamed Bangoura pour ce travail de très haute qualité, qui devrait, dans la démarche, inspirer les acteurs de notre pays, même si les défis en France sont différents de ceux des organisations guinéennes. 

 

Africaguinee.com

Créé le Samedi 05 octobre 2019 à 16:59