Siddighi Diallo se lâche : "Le FNDC est pris en otage…"

Interview
Boubacar Siddighi Diallo, leader du parti UMP
Boubacar Siddighi Diallo, leader du parti UMP

CONAKRY-Boubacar Siddighi Diallo n’est tendre avec les anciens premiers ministres Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo. Le président du parti UMP (Union pour un Mouvement Populaire) dénonce le fonctionnement du FNDC dont l’idéal, selon lui, est en train d’être dévoyé par un petit groupe de personnes. Dans cet entretien, l’opposant a également évoqué la création du CAR (Cercle des Acteurs pour la République)

AFRICAGUINEE.COM : Vous venez de lancer une alliance. Parlez-nous d’elle ?

BOUBACAR SIDDGHI DIALLO : Depuis un certain  temps, un certain nombre de partis politiques a décidé de créer ce qu’on a appelé l’alliance CAR qui signifie le « Cercle des Acteurs pour la République ». Ce Cercle est composé de partis membres de l’opposition républicaine, membres du FNDC. Ce cercle a fait un constat qui a eu un déclic lorsque le premier ministre a été instruit d’écouter tous les acteurs sociopolitiques du pays à l’effet de réunir l’ensemble des préoccupations majeures du pays et de les remonter au Président de la République. C’est une pratique constitutionnelle. L’article 58 de la constitution fait du premier ministre le garant des institutions, du dialogue politique et social. En cette qualité, il a le droit et le devoir d’ouvrir des concertations pour éviter que le tissu social, la paix, la cohésion sociale et la stabilité du pays ne soient entamés par une incompréhension née des événements politiques ou sociaux du pays. Alors, lorsque le Président a instruit le chef du gouvernement à l’effet d’aller à cette concertation, c’est une injonction de la loi. Pour nous, elle est inévitable parce que nous sortons de huit années de contestations au cours desquelles nous avons perdu 104 de nos frères et sœurs sans aucune autre forme de procès, ni de procédure ou  d’enquête. Nous ne voudrions pas aller à d’autres crimes ou d’autres désolations sans en avoir essayé en pratiquant les mécanismes de la loi.

Lorsque le premier ministre a été instruit, nous partis signataires du CAR aujourd’hui, on s’est retrouvé pour essayer de se retrouver aussi autour de l’opposition républicaine pour pouvoir discuter et nous comprendre. Nous avons tout fait aussi au sein du FNDC mais le débat n’a pas été ouvert. On a compris qu’il y a un certain petit groupe de personnes qui se dit à la tête des grandes formations politiques qui prennent le FNDC en otage au point de lui refuser d’aller répondre à un ordre constitutionnellement établi. Nous avons dit  dès lors, de défendre et préserver la Constitution. Mais qu’on refuse de pratiquer une partie des éléments de la constitution, c’est trahir notre lutte. Egalement, il y a parmi les représentants du FNDC, des partis politiques qui siègent à l’Assemblée Nationale, ils doivent être chassés du FNDC. Parce que l’esprit du FNDC se résume en seul point. C'est celui de défendre la constitution dans son entièreté. Mais il y a de l’opposition y compris le parti phare et très éloquent du chef du file de l’opposition dont les députés siègent au-delà des dispositions constitutionnelles. Il n’appartient pas à un groupe de députés d’aller à l’encontre de l’esprit constitutionnel.

Tout parti politique dont les députés siègent à l’Assemblée Nationale sont pires que le Président Alpha Condé. Lui au moins, c’est une intention de changer une constitution mais eux ils sont en train aujourd’hui d’être payés, de poser des actes, de ratifier des conventions, de dicter des lois. Ce n’est pas constitutionnel. L’alliance s’est réunie autour des jeunes leaders mû de valeurs et qui disent que le FNDC c’est nous. C’est nous qui incarnons et nous sommes les plus dignes dépositaires du l’esprit FNDC parce que tout ce qui est constitutionnel nous le défendons. Et il y a ceux qui pensent aujourd’hui qu’ils ont des leçons de morale à donner. Ces gens-là font partie de ceux qui ont rédigé des lois dans lesquelles ils ont donné des possibilités à un petit chef de parti de démettre un député élu par le peuple. Or, la souveraineté du peuple est consacrée dans la constitution. Et si le peuple est souverain, il a élu des députés comment un chef de parti peut avoir le droit et le pouvoir de démettre ces députés ? Donc on appelle à l’esprit d’éveil de toutes les plateformes de la société civile qui sont en otage encore, on appelle le FNDC, ils n’ont qu’à se réveiller, poser les questions. Trouver un cabinet s’ils n’ont pas le niveau et la compétence ou le temps de lire la constitution et de la traduire, ils n’ont qu’à se faire traduire la constitution pour savoir que certain de leurs partenaires politiques sont des personnes à nettoyer.

Quels sont les partis que vous accusez ?

Le parti champion, c’est l’UFDG. C’est tous les partis qui ont des députés à l’Assemblée Nationale. Il y a l’UFR qui est d’ailleurs un transhumant très redoutable. Il vient d’être le haut représentant du chef de l’Etat.  Et aujourd’hui, il donne des leçons de morale à des gens. Le ridicule ne tue pas en Guinée.

Dites-nous quelles les formations politiques membres du CAR ?

Vous avez l’UMP, Union pour un Mouvement Populaire, l’ADR, le RRD, ADC-BOC, le MPG de Mandjou Keïta, le PPD et le PPD. Ce se sont ces partis qui sont les signataires et il y a d’autres formations politiques qui, également qui doivent venir pour signer et marquer leur adhésion.

Peut-on dire qu’aujourd’hui il y a alors deux FNDC ?

Non ! Nous on pense qu’il y a un seul FNDC. Puisque c’est un esprit, c’est une unité, c’est une cohésion. Tous ceux qui disent et font des actes qui défendent et protègent la constitution dans son entièreté, c’est eux le FNDC. Tous ceux qui ne font pas ça, ils ne sont pas FNDC parce que quand vous dites la défense de la Constitution, vous ne pouvez pas défendre la tête et sacrifier les pieds. Quand vous devez défendre un document vous le devez entièrement ou bien vous le violez. Alors,  dans ce groupe-là conduit par les vieux, les anciens gestionnaires de ce pays, se trouve autour de l’Assemblée sans mandat, il continue à produire des lois à leur gré (…). C’est eux qui ont créé la Loi sur la CENI, aujourd’hui son application est légalement impossible. Et pourtant ils ont créé une CENI en violant eux-mêmes la loi qu’eux-mêmes ils ont rédigé. Après ils viennent dire qu’ils vont combattre le Président parce qu’il veut changer la constitution. A mon avis, changer la constitution est moins grave que l’effet pervers dans lequel  ils la laissent maintenant-là où ils aliènent la souveraineté de l’Etat, ils donnent ce pouvoir à un chef de parti de démettre un député, où ils amènent les injonctions des bases politiques dans la conduite de la morale de débats à l’Assemblée où ils créent une institution, ils se la partagent à plus de 90% des avantages dans une institution constitutionnelle déclarée indépendante telle que la CENI. Ils bloquent même la création de l’institution mais ils la mettent en application déjà, ça c’est pire que la volonté du Président à changer la constitution.

Donc je pense que le FNDC devait être créé pour non seulement nettoyer ces leaders politiques qui ont leurs députés dans l’Assemblée Nationale mais éventuellement barrer la route à ceux qui veulent changer la constitution avant d’avoir le mobile légal de le faire.

Comment peut-on aplanir ces divergences qui risquent de fragiliser le FNDC ?

Si on tient compte du respect de la constitution et qu’ils pensent qu’ils ont besoin de notre participation, on examinera, ce n’est pas à moi de décider. Il y a un coordinateur et un porte-parole. Il y a une Assemblée qui est la souveraine au sein du Cercle. On va se retrouver et décider si oui ou non on doit s’accommoder des gens qui sont pires que celui qu’on prétend combattre.

Un dernier mot ?

Mon dernier mot c’est de dire aux guinéens que lorsque les gens créent des alliances, évitez de rentrer là-bas comme des bêtes ou des moutons de panurges. Essayez de savoir ce qu’ils vous disent. Mais ce qui reste évident, la constitution elle est une et une seule. Alors la constitution est celle qui demeure, c’est celle-là qu’il faut suivre. Maintenant ceux qui suivent les leaders sans essayer de savoir si les actes qu’ils posent sont conformes à la Loi, c’est leur volonté à suivre un homme même dans ses dimensions les plus folles. Alors ceux qui veulent lutter pour la nation, pour l’intégrité du pays, ils doivent suivre l’esprit de la constitution et le FNDC, c’est nous. 

Entretien réalisé par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00244) 666 134 023

Créé le Vendredi 04 octobre 2019 à 20:15

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