Les larmes d’une mère dont le fils est séquestré en Libye : "Ce qu’on me réclame…"

Immigration clandestine
Madame Mariatou Diallo
Madame Mariatou Diallo

LABE- C’est une mère qui a le cœur qui saigne de chagrin et d’inquiétude que nous avons rencontré au grand marché de Labé. Assise dans un petit conteneur à moitié vide mais sur lequel toutes les charges familiales reposent, madame Mariatou Diallo, la soixantaine est dans la tourmente depuis qu’elle a été contactée depuis la Lybie par les ravisseurs de son garçon âgé de 15 ans.  Ces derniers lui réclament une rançon d’une valeur de 7 millions de francs guinéens (environs 700 euros) contre la libération de son fis. Un montant que la sexagénaire peine à trouver. Depuis que son fils Mouctar Diallo a quitté la Guinée en avril dernier, dans le but de rejoindre les côtes Européennes en passant par méditerranée, c’est la troisième fois qu’il tombe dans les mains d’hommes armés dans le Maghreb. Ayant déjà payé a deux reprises des rançons, Madame Mariatou Diallo est au bout de ses forces. Aujourd’hui elle manque de moyens pour payer une nouvelle rançon.

Mouctar Diallo avait volé l’argent à son père  rentré d’un voyage pour partir. Cet argent, apprend-on, appartenait à de tierces personnes. Aujourd’hui c’est une mère anxieuse pour la vie de son unique garçon qui s’est confiée à notre rédaction. Son récit est déchirant.

« Mon fils a quitté la Guinée  vers le mois d’Avril 2019. Il s’appelle Mamadou Mouctar Diallo (15 ans). L’année dernière, il a eu son examen d’entrée en 7ème année. Il faisait le collège à Thyndel. Il s’est caché pour partir avec certains de ses amis. Lorsqu’il a quitté, j’ai appris qu’il était arrivé en Algérie où il a été arrêté  avec ses compagnons. Pour le libérer, ses ravisseurs m’ont réclamé 2 000 000 GNF. Quand il a été libéré, il a décidé de se rendre en Libye. Là où il a été envoyé en Libye, on l’a bloqué. Il fallait que j’envoie 1.700.000 Gnf pour le libérer encore.

Tenant toujours à aller, il prendra le courage de retourner en Algérie, malheureusement il se retrouve dans les mains d’autres hommes en territoire Libyen dans une ville qui s’appelle Saba. Un de ses amis a réussi à m’appeler au téléphone m’indiquant qu’ils ne sont pas en Algérie mais plutôt en Libye. Quand ils sont partis, ils ont fait 2 semaines avant que j’obtienne des nouvelles. C’est suite à leur arrestation en Algérie qu’on m’a fait savoir où il est avec ses amis.  Les ravisseurs ont demandé 7000 000 pour sa libération. J’ai dit que cette fois je ne sais pas où trouver ce montant. Actuellement, il est en détention là-bas à Saba avec certains amis à lui. Nous sommes à ce niveau sans issue.

Avant de partir, il a volé l’argent qui a servi à son voyage avec un de ses amis. L’argent a été volé à son père qui est locataire de véhicules. Son père est revenu d’un voyage. Ils a attendu qu’il s’en dorme pour voler  l’argent et partir. Les jours qui ont suivi le vol, j’ai tout fait pour le retrouver pour ne pas qu’il parte avec ses amis parce que c’est des adolescents de 15 ans. Je n’ai pas trouvé de l’aide je n’ai pas un jeune qui m’aide. Moi je suis vieille ! C’est comme ça qu’il est parti.

Depuis qu’il a quitté nous n’avons parlé que 2 fois. Lors de notre dernière conversation, il m’a exprimé le besoin d’argent sinon il ne pourra pas être libéré de là où il est détenu. J’ai parlé avec ses ravisseurs qui m’ont demandé de faire le choix entre l’argent (7000 000gnf) et mon fils. J’ai répondu que je préfère mon fils. Alors ils ont réclamé l’argent mais je n’en ai pas. Je prie le bon Dieu de m’aider à retrouver mon enfant, je prie Dieu qu’il recouvre sa liberté. Pour le moment son père est sans mots parce que c’est de l’argent qui ne lui appartient pas qui a été pris. Mon mari loue les véhicules des gens pour des voyages. Il est vieux et diabétique. Toute l’aide viendra de vous les bonnes volontés  pour le retour de mon fils, nous n’avons aucun moyen.  

J’ai passé 18 ans chez mon mari avant d’avoir un enfant. Après lui j’ai eu 2 filles. Il a fallu beaucoup de prièrse pour avoir des enfants. Je n’avais jamais décelé à travers son comportement qu’il voulait partir. Aidez-moi s’il vous plait à récupérer mon enfant. Il ne m’a rien dit sur son projet de voyage c’est son départ que j’ai constaté. La vie de la famille est très difficile, tout repose sur cette petite boutique que vous voyez ici, je m’occupe d’eux pour l’école et le reste. Toutes les charges familiales c’est ici aucun espoir ailleurs.  Nous habitons au secteur Dianyabhè, quartier Madina », explique madame Mariatou Diallo, en larmes.

Aujourd’hui, l’espoir est mince chez les proches de l’adolescent Mouctar Diallo. Tous ceux qui viennent auprès de sa mère pour la consoler versent des larmes sachant qu’ils n’ont aucun moyen pour répondre aux exigences des ravisseurs.

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

Tel :  (+224)664 93 45 45

Créé le Lundi 02 septembre 2019 à 20:01

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