Chiens errants et rage en Guinée: Le ministre Patrick Millimono précise...

Interview
Roger Patrick Milimouno, Ministre de l'Elevage
Roger Patrick Milimouno, Ministre de l'Elevage

CONAKRY- Que compte faire le ministre de l’Elevage face à la problématique des chiens errants en Guinée ? Alors que de nombreux citoyens sont inquiets dans certaines contrées du pays, Roger Patrick Milimouno revient sur ce phénomène. Au micro de notre reporter, il a décliné quelques pistes de solutions !

AFRICAGUINEE.COM: Dans plusieurs villes guinéennes, des chiens errants s’attaquent aux citoyens et dévorent les animaux. Récemment ce sont des chiens élevés par un citoyen américain qui seraient enragés, qui ont mordu son propre maitre et sa collègue avec deux autres citoyens. Comment cette problématique est-elle géré par vos services?

ROGER PATRICK MILIMOUNO: La question principale que vous devez vous posez, c’est de savoir comment un citoyen américain, connaissant les règles sanitaires qui s’imposent dans la détention des animaux de compagnie a pu laisser son chien contracter la rage ?

En effet, comme je l’ai souvent dit dans ma conférence de presse et dans les interviews précédentes, la loi stipule qu’en Guinée comme par tout ailleurs, tout détenteur d’animaux de compagnie doit prendre les mesures de prophylaxie à savoir : la vaccination, l’alimentation, l’habitat et les autres soins pour ses animaux. Alors,  à vous de tirer vos conclusions.

Qu’est-ce qu’il faut maintenant Monsieur le Ministre pour endiguer ce problème et quelles sont les conséquences liées à l’abandon des chiens dans la rue ?

Primordialement, il faut respecter la loi en la matière sur la détention des animaux de compagnie. Donc avoir un comportement citoyen, cela réduirait sensiblement la présence des chiens errants, vecteurs de transmission de la rage à l’homme.

Deuxièmement, il faut procéder à une vaste campagne de sensibilisation et d’information des populations à la base sur les conséquences du non-respect des conditionnalités de détention de ces animaux et la gravité de la rage, qui une fois déclarée est irréversible. C’est pourquoi, il est indispensable de faire vacciner annuellement les animaux de compagnie.

Revenons sur les victimes de morsures à Pita, quelles dispositions faut-il prendre maintenant ?

La première mesure est identifiée. Toutes les personnes ayant été mordues, griffées, léchées ou qui ont été en contact avec la chienne et le chiot en question, elles doivent obligatoirement être soumises aux traitements antirabiques. Et en prévention, je profite de votre interview pour vous informer que toute personne mordue, griffée ou léchée par un chien enragé doit immédiatement procéder au lavage au savon et grande eau des plaies et la salissure. Elle doit  se rendre dans les services compétents pour recevoir les soins appropriés.

Qu’est-ce qui explique le retard de l’abattage des chiens errants en Guinée quand on sait ce qu’ils causent des préjudices aux citoyens ?

Le 28 septembre prochain, nous allons lancer une campagne plus vaste que celle que j’ai lancé hier avec la FAO. En plus, ce que je vais ajouter, les chiens errants on nous demande souvent de les abattre. C’est vrai, ça embête. Le problème aussi, il y a l’interdiction au niveau international de l’abattage massif de chiens.

Les ONG qui luttent pour le bien-être animal ont réussi à introduire dans les textes cette dimension du bien-être animal. Et ces textes interdisent l’abattage massif des chiens sauf s’il y a épidémie de rage. Mais dans notre cas il n’y pas d’épidémie de rage, il n’y a que quelques chiens enragés. Donc l’abattage massif des chiens risque de nous faire condamner par ces organisations internationales. Et comme conséquences, c’est la suspension des projets importants qu’elles financent. Ensuite, je ne me prive pas de le dire, il y a les croyances populaires qui disent que l’abattage massif des chiens n’est pas bien pour le pays, cela entrainerait des problèmes.

Nous, Ministère de l’Elevage, nous travaillons sur des données objectives et scientifiques, mais nous n’écartons pas cette dimension sociologique qui est cette croyance populaire.

Votre mot de la fin?

Je suis souvent l’objet de critiques dans les médias sur cette épineuse question de chiens errants qui pullulent dans notre capitale et nos villes. Je suis tout à fait d’accord que les gens réagissent face à ce phénomène, mais j’invite les médias à se poser les bonnes questions afin d’aider à la sensibilisation, et les populations à observer un comportement citoyen en matière d’élevage d’animaux de compagnie. C’est-à-dire en respectant les textes en la matière

Interview réalisée par Alpha Oumar Bah (AOB)

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

 

Créé le Dimanche 01 septembre 2019 à 15:07

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