Démembrements de la CENI : exclu du processus, Badikko proteste…

Crise au sein de l'opposition
Badikko
Badikko

CONAKRY- L’opposant guinéen Mamadou Bah Badikko n’est pas content ! Le leader du parti Union des Forces Démocratiques (UFD) proteste contre son exclusion dans le processus de désignation des représentants de l’opposition au sein des démembrements de la CENI. Espérant une solution consensuelle à cette crise, l’homme politique n’écarte pas l’idée de saisir la justice si son parti n’est pas rétabli dans ses Droits. Il s’est confié à notre rédaction.

AFRICAGUINEE.COM : La CENI va bientôt entamer l’installation  de ses démembrements. Sauf que votre parti, l’UFD est exclu de ce processus, dites-nous qu’est-ce qui s’est passé ?

MAMADOU BAH BADIKKO : Il ne s’est passé que ce qui se passe habituellement. On fait tout pour nous ignorer et nous exclure. Quitte à piétiner la Loi ! Il y a eu d’abord la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), nous n’avons même pas discuté. Et là on arrive aux démembrements où il est question de répartir les sièges de l’opposition et de la majorité. La Loi n’a jamais dit quels sont les critères pour appartenir à l’opposition ou à la majorité. Nous, nous disons de façon absolument claire, nette et sans discussion que nous sommes de l’opposition. Comme le prouvent nos déclarations orales et écrites. C’est ce matin que nous avons vu une liste de répartition des sièges des démembrements avec des dizaines de partis qui excluent l’UFD qui répond à tous les critères pour être membres. Personne ne nous a contactés : ni la CENI, ni nos amis de l’opposition.

Nous considérons qu’il y a une tentative de nous exclure que nous ne pouvons pas accepter. Nous espérons vivement que nous arriverons à trouver une entente avec nos amis de l’opposition pour éviter de prendre le pouvoir à témoins lorsque nous allons nous entredéchirer devant les tribunaux. Il faut donc redéfinir les critères pour savoir qui est de l’opposition. Que chacun montre qu’est-ce qui prouve qu’il est de l’opposition ? Quelles sont  ses déclarations orales, écrites ainsi que ses pratiques connues ? Parce que la Loi ne se prononce pas là-dessus. Si nous ne nous entendons pas, on n’aura le choix que d’aller devant la Loi. Ce que nous cherchons à tout prix à éviter.

Ce qui se passe n’est pas du tout une option première. C’est dans la droite ligne de tout ce qui a été fait jusqu’à présent pour nous exclure du jeu  politique guinéen.

Qui est le responsable de cette situation qui vous arrive ?

Nous ne pouvons pas désigner des coupables, mais je dois dire que la CENI ne nous a jamais écrit pour rien et le chef de file de l’opposition ne nous a jamais écrit. Tout le monde sait que dès l’instant où on n’est pas avec tel ou tel, on n’est pas vu avec tel ou tel, on n’est pas considéré comme de l’opposition. Ce que nous contestons formellement. Puisque la Loi n’a jamais dit qu’il faut appartenir à un bloc de l’opposition quelconque pour être reconnu de l’opposition. Donc nous ne pouvons pas désigner les auteurs de ce que nous considérons comme une forfaiture. Mais nous allons faire les démarches nécessaires auprès de le CENI et du Chef de file de l’opposition pour que les choses soient claires.

Si vous n’obtenez pas gain de cause, qu’allez-vous faire ?

En notre corps défendant, nous serons obligés de défendre nos droits. Mais dans le contexte politique actuel, il  n’est pas de l’intérêt de l’opposition de s’entredéchirer et de prendre le pouvoir à témoins sur des querelles internes de l’opposition. Nous espérons vivement qu’une solution sera  trouvée rapidement pour lever tous les malentendus.

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1
pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Samedi 24 août 2019 à 11:27