Mohamed Cheick Touré : « Les wagons du train ont coûté 4 000 Euros… »

Transports
Mohamed Cheick Touré, Secrétaire Général du Ministère des Transports
Mohamed Cheick Touré, Secrétaire Général du Ministère des Transports

CONAKRY- Combien ont coûté les wagons qui ont été achetés en Suisse ? Dans quelle condition ces voitures du train « Dubréka Express » ont été obtenues ? Le Secrétaire Général du Ministère des Transports vient de lever un coin du voile sur cette opération d’achat qui a été critiquée par une partie de l’opinion. Mohamed Cheick Touré qui a été interrogé par notre rédaction, révèle également plusieurs projets qui sont en cours de réalisation par son Département.

 

AFRICAGUINEE.COM : Comment le Département des Transports a-t-il négocié l’acquisition des Wagons destinés au train Dubréka-Express ?

MOHAMED CHEICK TOURE :Conformément au PNDES (Plan national du développement économique et social, Ndlr), il est assigné à notre département d’améliorer la mobilité des personnes et de leurs biens dans les conditions de confort et de sécurité d’ici 2020. C’est dans ce cadre que nous avons initié des projets de transport de masse. Et comme vous le savez, aujourd’hui le transport de masse se réalise par train, par bus de grande capacité et des bateaux bus. Nous avons aujourd’hui Conakry Express qui est là. Nous sommes en train de négocier avec CBK (Compagnie des Bauxites de Kindia, Ndlr) pour que nous fassions des voies d’évitement afin qu’on puisse faire plusieurs allers et retours pour augmenter sa fréquence. Nous avons deux locomotives métriques. Et Bolloré nous a offert quatre wagons métriques. Aujourd’hui si nous mettons les quatre voitures sur la voie, ça ne serait pas rentable pour aller à Dubréka. Nous nous sommes dit que nous allons chercher des voitures pour compléter. Ces voitures qui ne sont plus en fabrication depuis des années, c’est sur le marché international qu’on les cherche. 

C’est ainsi que nous avons consulté des entreprises qui utilisaient ces voitures, nous nous sommes rendu compte qu’en Suisse on pouvait les trouver. Nous avons envoyé un ingénieur du chemin de fer, nous avons pris contact avec ces centres. L’ingénieur a cherché sur le marché avec un expert suisse, nous avons trouvé ces voitures que nous avons expertisées.  Ils ont fait un rapport d’expertise qui conclut que ces voitures peuvent être utilisées avec toute la sécurité de transport. C’est ainsi que nous avons négocié avec un prix d’ami à 5 000 francs suisse. Ces 5000 franc suisse de facture qu’ils nous ont envoyés ont servi à la réhabilitation de ces voitures et à l’entretien surtout de l’attelage. 

Nous avons lancé un appel à candidature pour le transport. Nous avons reçu plusieurs offres. Nous avons évalué pour retenir le moins-disant.  Nous avons signé un contrat avec le transporteur. Je pense que ces voitures peuvent être à Conakry d’ici la fin du mois pour que nous puissions organiser le transport sur cette voie aussi. Pour celui qui connait aujourd’hui le monde qui est à Dubréka et qui descend vers Conakry tous les jours, voilà l’objectif qu’on s’est fixé et voilà dans quel cadre on a acheté ces voitures. 

Le wagon a-t-il coûté 5000 francs suisse ? 

Non ! C’est l’ensemble des wagons. C’est pourquoi j’ai dit qu’ils ont servi à l’entretien et à la réhabilitation. Le prix d’achat coûte plus cher que le transport (…). Aujourd’hui, nous sommes en train de nous battre pour que d’ici décembre 2020 nous ayons à Conakry un transport multimodal. On a signé un contrat avec un investisseur privé qui va organiser le transport maritime urbain avec les bateaux-bus. La convention est signée, nous avons mis à disposition neuf sites pour la construction des débarcadères. Dès que la saison des pluies va finir, la construction des débarcadères va commencer. Nous sommes en train de nous battre pour qu’il y ait deux trains à Conakry dont un sur la voie de Fria qui va faire Conakry-kilomètre 5 de Dubreka et l’autre qui fait déjà Conakry-Kagbelen. Nous sommes en train de nous battre pour améliorer la capacité de la Sotragui (Société des Transports de Guinée, Ndlr) en augmentant le nombre de bus. Nous allons faire un mode de transport intégré pour que non seulement la mobilité soit améliorée, mais aussi améliorer la fluidité de la circulation sur la voie publique. Je pense qu’au lieu de spéculer il faut s’approcher du ministère, s’informer et encourager. On est ouvert au débat parce que c’est plus constructif. 

D’où viennent les 5 000 francs suisses qui ont servi à l’achat de ces voitures ? 

C’est de l’argent que nous avons obtenu avec l’appui du Chef de l’Etat. Mais je pense que l’argent-là n’est pas trop important. Ce que je sais, ces 5 000 francs suisses correspondent à 4 000 euros.  Comme je vous l’ai dit, nous avons eu de l’argent, mais c’est comme si on te donne deux cents millions pour construire ta case et l’équiper. C’est toi qui sais comment tu vas planifier l’utilisation de cet argent. Est-ce que la plus grande partie va aller à l’achat des équipements ou à la construction ? Tu choisis. Nous avons de l’argent pour faire la gare, les voies d’évitement si c’est possible, pour faire les abris. Dans tout ça là, on regarde pour qu’on ait le train sur la voie. Nous nous sommes dit que le premier élément, c’est le train. Si on a la gare principale, on a les arrêts, on n’a pas le train, c’est inutile. C’est pourquoi nous avons dit qu’il faut d’abord obtenir le train. Nous avons deux locomotives, nous avons ces voitures qui ne suffisent pas. Donc on s’est dit que la première des choses à faire c’est de compléter d’abord les voitures. 

Mais une fois encore, il faut que les gens retiennent que les Etats sont en train de se débarrasser des voies métriques. C’est dépassé. Puisqu’on est en train de transformer les voies métriques en voies standard. Les voitures métriques ne sont plus en construction. Mais étant donné qu’on a une voie métrique, on a des voitures métriques, on a des locomotives, nous nous sommes dit qu’il faut compléter. C’est pourquoi on a cherché ces voitures. Et j’insiste que c’est 5 000 francs suisse que ça coûté. On peut vous montrer la facture. 

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112  

Créé le Samedi 17 août 2019 à 20:04