Mory Sangaré : « Pourquoi il y a eu de nombreux échecs aux examens… »

Éducation Nationale
Mory Sangaré, Ministre de l'Education Nationale et de l'Alphabétisation
Mory Sangaré, Ministre de l'Education Nationale et de l'Alphabétisation

CONAKRY- Qu’est-ce qui pourrait bien expliquer les nombreux cas d’échecs aux différents examens nationaux ? Que compte faire le Gouvernement pour inverser cette tendance ? Mory Sangaré, le Ministre de l’Éducation Nationale s’est prêté aux questions d’Africaguinee.com.

 

AFRICAGUINEE.COM :Comment expliquez-vous ces taux d’échecs très élevés aux examens nationaux ? 

MORY SANGARE :C’est le reflet du niveau des candidats de cette année. 

Certains observateurs pointent du doigt les grèves qui ont perturbé les cours pendant plusieurs mois. Qu’en pensez-vous ?

Je n’exclue pas l’effet des grèves, mais il faut comprendre que c’est le passage automatique instauré au niveau des classes intermédiaires qui a fait ses conséquences. Quand vous prenez les taux de réussite dans les classes intermédiaires, ils approchent les 100%. Mais dès qu’on vient à un examen, ça plonge. Ça veut dire que les évaluations intermédiaires ne se sont pas bien passées.  Donc ce ne sont pas de bons candidats qui ont été présentés. Le taux de réussite se calcule en divisant le nombre de moyennant sur le nombre qui a composé, multiplié par cent. Si le nombre de candidats présentés ne recèle pas de bons candidats, il faut s’attendre à une situation telle que celle que nous vivons maintenant. 

Il y a à corriger à tous les niveaux. Que ce soit au niveau des parents d’élèves, au niveau des élèves, au niveau des enseignants, des partenaires, il faut que le suivi devienne rigoureux et très sévère si nous voulons sortir de cette situation. 

Qu’est ce que le Département de l’Éducation Nationale envisage de faire pour inverser cette tendance ?

J’ai en mémoire deux états généraux de l’Eduction. Si je ne me trompe pas, au temps du ministre Souaré nous l’avions fait, au temps du ministre Ibrahima Kourouma aussi. Il y a des dispositions qui ont été prises sur le papier, mais apparemment nous n’avons pas appliqué tout ce qui a été dit. Il faut donc appliquer ça. Il faut un suivi rigoureux. Que l’élève qui passe d’une classe à une autre passe par le mérite. S’il ne passe pas par le mérite, il n’est pas un bon élève et il ne sera pas un bon candidat. 

Beaucoup déplorent aujourd’hui le fait qu’il n’y ait pas une seconde chance accordée notamment aux candidats du BAC alors que c’est le cas dans plusieurs autres pays. N’est-ce pas nécessaire d’introduire une session de rattrapage ? 

Nous allons tous réfléchir sur cette question-là. C'est-à-dire la possibilité de recommencer. Mais d’ores et déjà je dois dire que si le candidat est mauvais quelque soit le nombre de fois qu’il va répéter l’examen il ne passera pas. Il faut d’abord travailler sur la qualité, ensuite revoir si c’est nécessaire d’organiser une deuxième session. Mais je réitère que si les candidats sont mauvais, quelque soit le nombre de fois qu’on organisera des sessions ils échoueront. Puisque ce sont les meilleurs enseignants qui évaluent, les résultats seront toujours les mêmes pour les candidats qui ne sont pas bons. 

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 09 août 2019 à 10:42