Damaro Camara : « Comment nous allons nous battre pour la nouvelle Constitution...»

Interview de Damaro Camara
Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle
Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle

CONAKRY- Quelle est la mission de la nouvelle coalition qui milite en faveur d’un référendum constitutionnel en Guinée ? Amadou Damaro Camara, le Chef de file de l a majorité présidentielle vient de lever un coin du voile sur les intentions du parti au pouvoir et ses alliés. 

Dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, Damaro est également revenu sur le cas de Faya Millimono qui est détenu à la maison centrale de Conakry depuis plusieurs jours.

 

AFRICAGUINEE.COM : Quelle était l’opportunité de créer la Coalition Démocratique pour la Nouvelle Constitution ? 

AMADOU DAMARO CAMARA : L’opportunité de créer une coalition c’est pour avoir des actions concertées pour pouvoir agir ensemble. Nous pouvons avoir les mêmes opinions en nous exprimant différemment. C’est pourquoi nous avons créé cette coalition pour pouvoir nous exprimer ensemble dans une plateforme. Ce qui veut dire que désormais nos actions doivent être concertées en ayant la même feuille de route. 

L’ossature de cette coalition est quasiment la même que celle du FNDC. Pourquoi cette similitude ? 

Le FNDC a été créé pour contrer les intentions du Pouvoir non ? Qu’on ait donc un mouvement qui va dans le sens de la réalisation de nos objectifs, ça ne devrait pas susciter ce débat. Mais pour moi, c’est la preuve d’une certaine vitalité de la démocratie dans le pays. J’ai toujours dit que de manière civilisée on devait ouvrir le débat, sans tabou. Des « Pour » et des « Contre » devraient s’exprimer, mais qu’enfin de compte, il fallait donner l’opportunité au peuple de se prononcer. 

Je serai tout à fait d’accord que l’opposition veuille exiger la transparence du référendum. Mais il est incompréhensible qu’un démocrate puisse dire que l’on ne puisse même pas poser la question au peuple. 

Selon vous, entre organiser les élections législatives et le référendum constitutionnel qu’est-ce qui devrait être aujourd’hui la priorité ? 

On va organiser les élections législatives qui sont en retard. Ces élections auront lieu très bientôt. Le Gouvernement l’a annoncé d’ailleurs. Ce serait avant la fin de l’année. La priorité, ce sont les élections législatives qui auront lieu avant la fin de l’année.

Un couplage est-il envisageable ? 

 Qu’il y ait couplage ou pas, c’est la CENI qui organise les élections en Guinée qui peut répondre à cette question. 

L’opposant Faya Milimouno est incarcéré à la maison centrale depuis la semaine dernière pour diffamation.  La mesure ne vous semble-t-elle pas trop excessive quand on sait qu’il a avoué son erreur et présenté des excuses au ministre ? 

Quand on dit que Faya a présenté des excuses, ça m’étonne. Parce que quand on met la vie de quelqu’un en danger, en l’accusant d’avoir été à la base des tueries dans un passé récent, je me pose deux questions. Premièrement, pourquoi Monsieur Faya le fait maintenant quand on sait M. Fofana était en Guinée depuis huit ou neuf ans ? Il a été Conseiller du président de la République, il a été ministre chargé des relations avec les institutions républicaines, c’est lui qui a conduit l’installation de toutes les institutions républicaines. Faya était là depuis. Pourquoi c’est maintenant qu’il l’accuse ? 

Deuxièmement, est-ce que c’est le travail de Faya de dénicher les auteurs des agressions rebelles de 2 000 ? Quand on est respectueux des textes, la répartition des rôles est bien définie. Il y a les forces de l’ordre, il y a la justice avec ses auxiliaires qui ont en charge de rechercher les criminels. Mais Faya s’est donné ce devoir.  Quand on se donne le travail du procureur, il faut être sûr de ses accusations. Mais quand on accuse à tort, l’accusé peut demander des compensations. C’est ce que monsieur Fofana est en train de faire. Ce n’est parce qu’il est ministre qu’on va lui refuser ses droits. Est-ce que quand on me bafoue dans ma dignité en m’accusant d’avoir été assassin en exposant ma  vie, doit-on m’imposer des excuses publiques ? Il suffit de les accepter ou pas. 

A un moment donné, il faut qu’on apprenne en Guinée, à ne pas disposer aussi facilement de la dignité des autres parce qu’on est homme politique. Ce n’est pas parce qu’on veut faire de la publicité sur soi qu’on doit accuser qui on veut, quand on veut et comment on veut. Ça doit s’arrêter. On doit être sûr de ce qu’on dit quand on accuse quelqu’un. 

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 

Pour Africaguinee.com  

Créé le Mardi 06 août 2019 à 11:09