Elhadj Dembo Sylla avertit: "Alpha Condé ne fera pas un 3ème mandat…"

Interview
Elhadj Mamadou Sylla et son vice-président Dembo Sylla
Elhadj Mamadou Sylla et son vice-président Dembo Sylla

CONAKRY-Que risque Mamadouba Bangoura après avoir appelé à une modification de la Constitution ? Elhadj Dembo Sylla, vice-président de l’Union Démocratique de Guinée, parti dirigé par Elhadj Mamadou Sylla a fait une mise au point. Voici le contenu de notre entretien...

AFRICAGUINEE.COM : Votre parti l’UDG avait menacé de demander des explications au maire de Kindia suite à sa sortie demandant au chef de l’Etat un référendum constitutionnel au nom de ses pairs de la région. Où en êtes-vous ?

ELHADJ DEMBO SYLLA : Le Secrétaire Général du parti lui a donné des injonctions afin qu’il soit là le dimanche ou au plus tard lundi. Cette notification lui a été faite par l’entremise du Secrétaire Général du parti, Elhadj Moussa Keita. Il viendra plus tard lundi matin pour répondre sous la couverture du secrétaire général en face du comité stratégique d’orientation disciplinaire.

Comment comprenez-vous que votre maire qui a été élu dans des conditions de cafouillage  trahisse de la sorte l’idéal défendu par l’UDG ?

Nous sommes très déçus de lui. Je le lui ai notifié verbalement et à travers toutes les communications qui ont été faites à tous les niveaux de responsabilité du parti. Je crois que l’opinion est suffisamment informée de ce qu’aujourd’hui notre formation politique a regretté fondamentalement cette prise de position. C’est n’est nullement au nom du parti. Lui-même il a signifié qu’il l’a fait en son nom propre nom. Mais nous lui avons dit qu’il ne peut pas le faire parce qu’on ne l’a pas trouvé dans sa propre maison. Il est là-bas en tant que maire, s’il occupe ce poste aujourd’hui c’est grâce à toutes les luttes que nous avons faites pendant les élections communales, c’est ce résultat qui l’a envoyé là-bas. Il est là-bas au nom de l’UDG. Donc, quel que soit l’urgence d’une chose aussi politique que ça, il devrait prendre contact avec une des structures  joignables du parti. Franchement il a fait ça à son initiative et nous allons lui démontrer que le parti n’est pas du tout content de cela.

Si les arguments du maire Bangoura convainquent pas le parti, à quel type de sanction pourrait-il être exposé ?

Nous allons nous référer à la procédure du règlement intérieur du parti. La première consiste à le convoquer. Il a obtempéré de se présenter devant ce conseil. Suite au rapport que ce conseil va faire remonter au Bureau Politique National à travers le secrétaire général, nous allons réunir le Bureau politique de façon urgente afin d’évaluer et prendre la sanction qui sied.

Que prévoient les statuts dans de pareils cas ?

C’est de façon classique, il y a tout d’abord l’avertissement  qui peuvent s’étendre jusqu’à l’exclusion. Il y a une série de sanctions. On respectera donc le règlement intérieur et on utilisera les procédures telles que prévues dans les statuts et le règlement intérieur.

Sept opposants au projet de la révision de la constitution ont été condamnés à Kindia. Comment analysez-vous cette condamnation et quelle réponse le FNDC auquel vous appartenez entend apporter ?

C’est une condamnation inique qui témoigne également un déni de justice. Franchement cela scandalise tous les hommes de morale.  Qu’on viole  les droits de ces individus en les fouillant, qu’on trouve des tee-shirts et banderoles dans leurs sacs, qu’on les arrête  pour les traduire en justice et les condamner devant un juge alors que le délit n’était même pas constitué, c’est inique. En ce qui concerne le Front, je peux vous rassurer que les 33 préfectures de la Guinée sont  couvertes par des sections locales du front. Nous allons réagir prochainement contre ces agissements et nous allons initier des meetings, nous allons préparer une marche au cours de laquelle certainement l’autorité saura qu’elle doit se mettre en face de nous pour que nous dialoguions afin qu’on puisse respecter les délais constitutionnels prévus dans l’organisation des élections.

Quoi qu’il en soi, le front est debout, il n’y aura pas une nouvelle Constitution et Alpha Condé ne fera pas un 3ème mandat ici. Vous avez vu comment tous les maires de la Basse Guinée sont en train de désavouer Mamadouba.        

L’opposition accuse la mouvance et le gouvernement de manœuvres dilatoires tendant à retarder davantage l’organisation des élections législatives. Sur quoi fondez-vous ?

Dans les déclarations et le comportement de la CENI, nous voyons qu’avant d’engager  l’atelier de Kindia, il fallait qu’elle s’assure que les Fonds ont été mis à sa disposition pour organiser les élections. Mais nous sommes arrivés à Kindia et parmi les points inscrits à l’ordre du jour, ce qui nous a beaucoup intéressé c’est la capitalisation des élections législatives et communales et sortir de Kindia avec un projet de chronogramme qui permette d’avoir une visibilité sur le processus électoral. Lorsque nous avons abordé la question de la capitalisation des communales, nous avons envoyé une pluie de questions et de préoccupations à la CENI et  notamment au représentant du ministère de l’Administration et du territoire. Mais, jusqu’au moment où nous avons clôturé les débats, le représentant du Ministère de la l’administration du territoire n’a pas daigné  répondre à nos préoccupations. Cela a été une déception, d’autant plus que jusqu’à présent, nous n’avons pas encore clos le débat sur les communales. Les conseils de district et de quartier ne sont pas mis en place encore moins les conseils régionaux. C’est décevant.

En ce qui concerne le chronogramme des élections, c’est aussi une autre déception parce que la Ceni nous a posé une doléance comme quoi, en attendant qu’une décision puisse être prise par rapport au processus, elle souhaiterait aller avec des fiches au niveau des électeurs afin d’identifier ceux qui n’ont pas des bonnes indications sur le fichier. Nous avons répondu tout de suite que c’est une promenade santé pour eux, en plus un moyen pour bouffer de l’argent. Aujourd’hui on s’est accordé au niveau du comité de suivi. Lors de la 26ème  et 27ème session, nous étions d’accord sur le rapport d’audit. Nous leur avons dit qu’il y a des recommandations là-bas dont il faudra en tenir compte. La CENI recommande par  exemple en première position que tous les électeurs passent devant la machine. Nous à l’opposition on cale sur ça. Parce que c’est d’ailleurs de commun accord avec les partenaires techniques et financiers.

Ceux qui ont acquis la majorité pour voter vont se recenser, les données biométriques et alphanumériques qui manquent vont être mis en ordre par la machine. Il n’y a pas une autre voie. Il faut que tout le monde passe devant la machine. C’est grâce à la machine qu’on aura la réponse sur les 1.564. 000 sans empreintes, sans oublier qu’il y a encore des gens qui ne sont pas dédoublonnés. Selon des experts, lorsque toutes ces opérations seront faites sur notre fichier, au lieu de six millions d’électeurs nous aurons au moins un fichier nettoyé de quatre millions.

S’il y a la bonne volonté notamment du Gouvernement, tout ça peut se faire. Aujourd’hui, on est à l’âge des technologies. Il y a des machines intelligentes et nous disposons dans le pays de bons guinéens qui savent les utiliser. Donc s’il y a la bonne volonté et que la Ceni entre en possession des fonds qu’elle demande, on peut y arriver. A Kindia ils ont dit qu’ils peuvent faire les élections en 235 jours à condition qu’on mette les moyens à leur disposition. Ils n’ont pas les moyens de mettre la pression sur l’exécutif  mais si cette dernière n’a pas la bonne foi, la Ceni peut rester comme ça. La CENI a la bonne volonté, mais si elle n’a pas l’argent elle ne peut pas le faire. Il y a des gens valables au sein de cette institution qui peuvent faire un bon travail. Franchement je crois s’ils ont le fond ils vont accélérer le travail et on va y arriver.

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africagunee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Lundi 13 mai 2019 à 20:05