Goyo Zoumanigui de l’UFR : « Damaro n’a pas commis un crime… »

Interview
Bakary Goyo Zoumanigui, vice-président de l'UFR
Bakary Goyo Zoumanigui, vice-président de l'UFR

CONAKRY- Quelles sont les exigences du parti dirigé par Sidya Touré en ce qui concerne les prochaines élections en Guinée ? Bakary Goyo Zoumanigui, l’un des vice-présidents de l’Union des Forces Républicaines vient de mettre sur la table une série de conditions qui doivent être satisfaites par le Gouvernement avant la tenue des prochaines consultations électorales. Avec lui, nous avons également abordé le sujet lié au bras de fer entre le député Damaro Camara et les magistrats de Guinée. 

 

AFRICAGUINEE.COM : Le calendrier qui vient d’être dévoilé par la CENI pour l’organisation des élections législatives convient-il à l’UFR ? 

BAKARY GOYO ZOUMANIGUI :Je ne peux pas vous dire que je connais le calendrier que la CENI a élaboré pendant son atelier de Kindia. Nous attendons un compte rendu exhaustif de nos délégués pour prendre connaissance de ce calendrier. S’il y avait un calendrier, on aurait dû voir la date des élections législatives, mais pour le moment, on n’en est pas là. Je pense que rien n’a été élaboré, il y a des actes qui doivent être posés.  Pour parler de calendrier, il faut qu’il y ait des dates. 

L’application des recommandations issues des résultats de l’audit du fichier divise la mouvance et l’opposition. Dites-nous quelles sont les exigences de l’UFR à ce niveau ? 

Cela a été déjà énoncé par le président de mon parti, M. Sidya Touré. L’audit est clair : Il faut assainir le fichier électoral et tout ce qui s’y attache. Nous demandons  l’audit tel que les partis politiques l’ont demandé qu’il soit  exécuté. C'est-à-dire assainir le fichier, enlever les doublons, enlever ceux qui n’ont ni empreintes, ni photo, etc. ce sont ces conditions que nous posons et sur lesquelles nous ne transigerons pas. Donc, je crois que cette position est celle des tous les partis politiques moins la mouvance. 

Si ces recommandations ne sont pas appliquées, est-ce que le boycott serait envisagé à l’UFFR ?

Nous ne pensons pas que ces conditions ne seront pas exécutées.  Si vraiment le Gouvernement veut que le pays reste sur la voie de la démocratie, il faut que les recommandations de l’audit soient exécutées. Les partenaires techniques et financiers nous ont aidés dans ce sens là. Pour que cet audit ait lieu, afin de permettre à la Guinée d’avoir un fichier digne de ce nom et qui nous aidera à avoir des élections qui ne seront pas contestées. Donc, l’éventualité du boycott, on n’en est pas là encore. Nous, on n’envisage même pas de boycotter quoi que ce soit, parce que le fichier doit être assaini. C’est la condition sine qua none pour qu’il y ait des élections crédibles. 

Le bureau de l’Assemblée Nationale a rejeté la demande des magistrats concernant la levée de l’immunité parlementaire de l’honorable Amadou Damaro Camara. Qu’est-ce a pesé réellement dans la prise de cette décision ? 

Il y a eu une correspondance du ministre de la Justice adressée au président de l’Assemblée Nationale. Il  a répondu à cette lettre comme quoi il allait poser l’appréciation au bureau de l’Assemblée nationale. Nous avons estimé que les magistrats auraient pu considérer cette affaire comme un cas de flagrant délit et amener l’honorable Damaro devant la justice. Ils ne l’ont pas fait. Mais je dois préciser que la lettre que monsieur le président de l’Assemblée Nationale a envoyée au ministre de la Justice, on a été surpris de la voir sur les réseaux sociaux. On a estimé que ce n’était pas correct. La lettre adressée au ministre n’est pas adressée à la presse.  Ça posé problème. 

Nous avons aussi estimé que le problème de la levée de l’immunité, personnellement j’estime que si un député a commis un crime de sang, il faut lever son immunité. Mais les autres cas, il faut les gérer. Un député n’est pas n’importe qui, c’est le représentant du peuple. Si vous bafouez un député, c’est comme si vous bafouez le peuple. Donc, à l’unanimité les membres du bureau ont rejeté vue que la demande de levée de l’immunité de l’honorable Damaro n’était pas recevable. 

Certains estiment pourtant que c’est une manœuvre bien calculée dans le but de protéger les députés dont certains pourraient être aussi poursuivis si le cas Damaro arrivait à prospérer. Que répondez-vous ?

Je vous ai dit mon opinion personnelle. Moi j’estime que l’immunité d’un député doit être levée dès lors qu’il est coupable d’un crime de sang. Pour devenir député, ce n’est pas facile. Donc, il ne faut pas prendre un député comme ça à la légère. L’Assemblée Nationale est la deuxième institution de la République. Les éléments qui composent cette institution doivent être respectés. 

Il y a tellement de choses qui se passent dans notre pays en ce concerne la justice, chacun a son opinion là-dessus.  Personnellement, j’ai la mienne qui n’engage que moi. Il y a trop d’éléments indélicats dans le corps de la justice. Ce n’est pas tous les juges qui sont comme ça, mais il y a beaucoup qui sont indélicats. 

Le ministre de la justice nous a dit que le haut conseil de la magistrature a pris des décisions pour radier certains juges, c’est bien ça. C’est une bonne chose, mais il faut qu’on connaisse ceux qui ont été radiés. Cela fera plaisir au peuple. J’ai interpelé ici le ministre de la justice sur des cas que j’ai considérés comme étant vraiment inacceptables. Je ne sais pas ce que Damaro a dit qui a tellement choqué les magistrats pour dire qu’ils vont grever. Je ne sais pas, mais je pense que ce n’est pas un crime de sang qu’il a commis. 

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Vendredi 10 mai 2019 à 13:08