Guinée : qui finance les partis politiques ?

Politique
Des acteurs politiques guinéens
Des acteurs politiques guinéens

CONAKRY- C’est une interrogation qui traverse bien des esprits au vu de la floraison des formations politiques en Guinée. A moins de deux ans des joutes présidentielles, plusieurs partis politiques ont vu le jour. Le plus souvent, ces structures gravitent autour des deux courants politiques que sont la mouvance présidentielle et l’opposition, même si cette dernière a plusieurs ‘’composantes’’ comme l’Opposition Républicaine et la coordination de l’opposition Démocratique, qui vient de voir le jour.  

Pour répondre donc à cette interrogation, Touré Nounké , chef  service adjoint à la communication du Ministère guinéen de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, département de tutelle de tous les partis politiques dans le pays,  a indiqué au micro d’Africaguinee.com que les partis sont d’abord financés par des ressources privéesou parfois par des dons de personnes privées.

‘’C’est une question qui mérite d’être posée aux partis politiques eux-mêmes. Mais en général ce sont des contributions. Normalement personne ne finance les partis politiques en Guinée. Ceux qui sont financés à la veille des élections sont les partis en lice pour concourir à la magistrature suprême, c’est-à-dire pour la présidence de la République. Ce sont ces partis-là qui reçoivent des subventions de campagne de la part de l’Etat’’, a expliqué notre interlocuteur.  

En 2013 par exemple un montant de 3 milliards de GNF avait été octroyé aux 31 partis en compétition par l’Etat guinéen. Cette subvention accordée aux partis politiques avait suscité assez de réactions. Le partage de la manne financière avait  créé des grincements de dents pour certains pendant que d’autres gros bonnets se léchaient les ‘’babines ’’. Sur la clé de répartition, le RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée) parti au pouvoir, s’était taillé la part du lion avec 297 millions 805 mille 642 francs suivi de l’UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée), de Cellou Dalein Diallo avec un pactole de 194 millions 357 mille 366 francs.

Des partis comme le GéCi (Génération Citoyenne de Fodé Mohamed Soumah et le RGUD de Abraham Bouré avaient quant à eux hérité de la ‘’modique’’ somme de 5 millions 747 mille 126 francs. 

Au delà de ces subventions circonstancielles, toutes les charges liées au fonctionnement du parti sont supportées par le leader. Généralement ces derniers sont des anciens Ministres, Premier-Ministres, ou en tout cas des haut commis de l’État. Donc des personnes disposant suffisamment de moyens pour mobiliser quelques personnes autour d’eux. Il n’est pas rare d’ailleurs de voir un ancien haut commis de l’État se faire parachuter à la tête d’une formation politique. 

Cette situation n’est pas pour autant sans conséquence. Au sein de ces formations politiques, le leader règne en maître absolu. Evidemment, la main qui donne, c’est la main qui dirige. L’organisation des congrès n’est que formelle. Les plus grandes formations politiques en Guinée ont quasiment tous des présidents à vie.

La politique est également devenue un business pour certains. Pour eux, c’est le meilleur chemin pour se percher au plus haut sommet de l’État. On y va pas pour servir pour se servir. N’importe qui peut se faire appeler « Monsieur le Président » d’un parti politique qui se résume qu’à sa propre petite personne. 

A suivre…

 

BAH Boubacar LOUDAH 

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 13 

Créé le Samedi 16 mars 2019 à 14:26