Drame humanitaire à Kaporo : Pourquoi ce silence de Said Fofana et de Hadja Rabi?

Déguerpissement à Conakry
Rabiatou Sérah Diallo et Mohamed Said Fofana, respectivement présidente du CE et médiateur de la réppublique
Rabiatou Sérah Diallo et Mohamed Said Fofana, respectivement présidente du CE et médiateur de la réppublique

CONAKRY-Quelle est la position du Médiateur de la République et de la présidente du CES face au déguerpissement en cours à Koporo-rails et à Kipé 2 ? Depuis le début des opérations de déguerpissement et de démolition des maisons d’habitation dans ces deux quartiers fortement peuplés, aucune Institution de la Républicaine n’a levé le petit doigt pour piper mot. Une situation bien curieuse face à un drame  humanitaire en cours au cœur de la capitale Conakry.

Le médiateur de la République, la présidente du conseil économique et social, le président de l’Assemblée nationale, le président de l’INIDH, tous gardent un silence assourdissant alors que des abus sont signalés çà et là depuis le début de cette opération vivement critiquée. La situation est dramatique sur le terrain. Des centaines de maisons ont été détruites, laissant derrière des milliers de personnes sans abris. Des milliers d’écoliers sont contraints d’abandonner les cours au beau milieu de l’année scolaire.

Face à ce décor hideux, Mohamed Said Fofana, Hadja Rabiatou Sérah Diallo et compagnie se taisent comme une carpe. Même une simple déclaration en signe de compassion aux victimes ou d’interpellation à l’Etat. Les victimes se sentent abandonnées par ceux qui sont censées les protéger lorsqu’elles font face à des calamités. Le timide élan de solidarité qui a été lancé ne suffit pas aujourd’hui pour prendre en charge toutes ces victimes dont la liste s'allonge.

 « On est laissé pour compte. Aucune institution n’a parlé de notre situation. Il n’y a pas que le Médiateur de la République, il y a l’Assemblée Nationale, l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains INIDH, personne n’en parle. Je pense qu’ils sont complices de la situation sinon c’est une situation humanitaire, au-delà du déguerpissement, c’est des guinéens, c’est des compatriotes, nous avons droit à un logement, là c’est d’autres dignités qui sont touchées. Quand tu n’as pas un toit, tu n’as pas où manger, tu n’as rien tu deviens refugié dans ton propre pays. C’est déplorable. Il n’y a plus d’humanisme et là nous devenons des mendiants, ce n’est pas tolérable. Je suis désolée mais c’est choquant », s’insurge  Madame Baldé Salimata Diallo l’une des victimes.

L’Association des victimes de Kaporo-rails et de Kipé 2 aussi estime la même chose. Leur porte-parole rappelle qu’au début de cette campagne, les citoyens de ces deux quartiers avaient saisi le Médiateur de la République mais selon lui, le Médiateur avait répondu défavorablement.  

« Il faut dénoncer le silence coupable de l’ensemble des institutions de la République. Aucune d’entre elles, n’a levé le petit doigt pour dénoncer ce qui se passe à Kaporo-rails. (…) Le collectif des citoyens qui sont menacés de déguerpissement du côté de Kipé 2 a eu à écrire à toutes ces institutions mais aucune n’a répondu. Les collaborateurs du Médiateur de la République avaient reçu ce collectif-là et c’était le silence radio par la suite jusqu’au jour où le collectif a saisi le tribunal de la première instance de Dixxinn. Alors le Médiateur de la République a adressé un courrier officiel au collectif des habitants de Kipé 2 courrier dans lequel il a notifié que le Médiateur se retire de ce dossier dans la mesure où l’affaire est maintenant au tribunal alors que l’institution a été saisie dès au départ mais il a préféré jouer aux malins. Pour nous ça n’a pas de sens, ce sont des citoyens qui sont abandonnés, qui ne comptent sur personne à part Dieu et les bonnes volontés », se désole Mamadou Samba Sow.

Focus Africaguinee.com

Créé le Mercredi 13 mars 2019 à 15:57