Mathurin Bangoura : « L’axe Hamdallaye-Kagbélen est devenu infréquentable »

Interview
Général Mathurin Bangoura, Gouverneur de la ville de Conakry
Général Mathurin Bangoura, Gouverneur de la ville de Conakry

CONAKRY- Comment renforcer la sécurité à Conakry ? La réquisition de l’armée dans le cadre des opérations de maintien d’ordre sera t-elle suffisante pour endiguer le grand banditisme dans certains quartiers de la capitale guinéenne ? Ce sont là quelques questions que nous avons abordées avec le Général Mathurin Bangoura, le Gouverneur de la ville de Conakry, dans une interview qu'il a bien voulu nous accorder.

 

AFRICAGUINEE.COM : Avez-vous réquisitionné l’armée pour le maintien d’ordre à Conakry ? 

GÉNÉRAL MATHURIN BANGOURA : Je suis l’autorité civile de la ville de Conakry. La situation qui prévaut actuellement ne nécessite pas une réquisition du simple Gouverneur de la ville de Conakry, c’est une décision gouvernementale. Vous avez suivi la communication qui a été faite par les trois ministres. Celui de la Justice, de la sécurité et celui de l’administration du territoire. C’est suite à ça que le Gouvernement a pris la décision de déployer les forces de sécurité sur l’axe de Hamdallaye jusqu’à Kagbélen. 

Est-ce que cette mesure pourrait ramener la quiétude dans certains quartiers de Conakry  ? 

Cette décision peut contribuer à la sécurité des citoyens. La semaine passée j’ai invité tous les chefs de quartiers qui sont venus au Gouvernorat de la ville de Conakry. Ensuite j’ai envoyé des invitations aux partis politiques aussi bien de l’opposition que de la mouvance. C’était de voir dans quelle mesure on pourait sécuriser les citoyens et leurs biens dans la ville de Conakry. Parce que l’axe Hamdallaye Kagbelen est devenu ces dernières semaines infréquentable. Hier j’ai reçu les élus locaux, c'est-à-dire les trois maires qui ont été installés, j’ai demandé qu’on se donne la main pour qu’on ne parle plus de cette insécurité parce que ce n’est profitable pour personne. Donc j’avoue que c’est une très bonne décision qui vient d’être prise pour sécuriser l’axe et tous ceux qui y habitent. Il y a des gens qui sont en train de vendre leurs maisons parce qu’ils ne peuvent plus vivre en sécurité là-bas.

Quelles sont les zones que vous avez identifiées ? 

Pour un premier temps, puisque c’est l’axe qui a été déterminé avec tout ce qu’on a connu (comme violences), c’est pour cette raison que le Gouvernement a décidé de prendre des dispositions par rapport à l’axe. Mais c’est pour couvrir tout Conakry. J’ai passé un communiqué hier pour dire que ce qui est en train d’être fait, c’est pour la population de Conakry sans exception. Les gens peuvent penser que c’est orienté contre Paul ou Pierre, mais ce qui est en train de se passer sur l’axe, c’est toutes les catégories de personne qui sont victimes.  Pour moi, c’est une très bonne chose que ce déploiement ait lieu. Je le dis et je le répète, c’est pour toute la ville de Conakry. 

Quel va être le rôle spécifique des militaires ?

Ce sont les policiers et les gendarmes qui s’occupent du maintien d’ordre, mais ils peuvent être appuyés par l’armée (…). Aujourd’hui qu’on le veuille ou pas, les policiers et les gendarmes qu’on déploie sur le terrain, et les militaires que ce soit en temps normal ou en temps d’exception, les forces de sécurité sont toujours là pour défendre non seulement les populations, mais aussi leurs biens. Donc je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose.

L’opposition envisage de manifester ce jeudi 22 novembre. Est-ce que l’armée va intervenir dans le cadre du maintien d’ordre ? 

Pas du tout ! Les forces de sécurité dont on fait allusion et qui vont être déployées, ce n’est pas en prélude de la marche qui est projetée par l’opposition. Ce n’est pas ça du tout. Ce sont des forces de sécurité qui vont être déployées sur l’axe pour défendre les citoyens et leurs biens. Donc ça n’a rien à voir avec la marche de l’opposition. 

Cette réquisition va durer combien de temps ? 

Il n’y a pas un délai. Il ne faut pas faire un amalgame . En temps normal, ce sont les services de sécurité qui sont habilités à assurer la sécurité des populations de la ville. Donc, ce qui est en train de se passer, c’est parce qu’il y a une situation toute particulière. Il y a eu tellement de tueries que la décision a été prise par le Gouvernement d’installer les forces de sécurité sur l’axe. Mais c’est le rôle régalien des services de sécurité d’assurer en temps normal, en temps d’exception, la sécurité des populations. Donc il n’y aura pas d’incidence négative par rapport à la marche qui est prévue déjà. Je ne sais pas si les maires ont déjà autorisé l’opposition de marcher, s’ils n’ont pas donné d’autorisation, je ne sais comment ça va se passer. 

Quel est le nombre d’agents prévus pour cette opération ? 

Je ne connais pas le nombre encore.

 

Entretien réalisé par SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 11

Créé le Mercredi 21 novembre 2018 à 12:47