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Mamou: plusieurs enseignants se désolidarisent d’Aboubacar Soumah…

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Grève des enseignants
Image d'illustration
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MAMOU-Aboubacar Soumah, meneur de la grève des enseignants depuis le 3 octobre dernier vient d’enregistrer des déffections. A Mamou plusieurs encadreurs ont repris normalement les cours dans les écoles alors que la grève n’est pas encore levée. 

C'est quand même le constat que nous avons pu faire à travers notre correspondant basé dans cette préfecture depuis le lundi dernier. Du lycée Doukouré en passant par Cabral ou encore les écoles primaires de Telico, El Aboubacar Biro, Centre 2 et autres, certains enseignants grévistes ont repris les cours. Ces enseignants sont qualifiés de traîtres par les représentants du syndicat et leurs collegues qui sont restés fidèles au SLECG, mais ils expliquent leurs motivations. 

Cette Dame que nous avons rencontrée donne les raisons qui l’ont poussé à se désolidariser du mouvement de grève lancé par le SLECG. Selon elle, c'est son foyer qui était menacéà cause de cette grève. 

«Avant tout c'est mon foyer d'abord qui prime sur tout. Mon mari qui est du syndicat national de l’éducation (S.N.E) m'a dit de venir àl'école. Je n'ai pas voulu  depuis le début de la grève. Mais vers la fin là, il a menacé de me renvoyer si je ne retourne pas à l’école. J'ai trois enfants, j'ai envie de rester avec eux, alors j’ai préféré reprendre les cours. Il n'y a pas tellement d'élèves, mais nous maintenons ceux qui sont là. Je voulais respecter le mot d'ordre de Soumah comme tous mes autres collègues. Mais avant tout c’est mon foyer », a-t-elle expliqué.  

Même son de cloche chez une autre institutrice de la même école. Celle-ci, son mari travaille à la DPE. Elle témoigne aussi que c'est sur ordre de son époux qu’elle a repris les cours. 

« Le mois passé,  j'avais reçu mon salaire malgré que je ne venais pas àl'école. Mais depuis le début de ce mois de novembre, mon mari m'a dit qu'il ne va pas me laisser àla maison. Je vais sortir avec lui. Il travaille àla DPE. Et notre école n'est pas loin de là-bas.  Je ne peux pas me cacher de lui. Alors c'est àcause de ça que je suis là. On est loin d'être des traîtres. Mais nous sommes des femmes. Si nos maris nous obligent on ne peut rien », s’est-elle défendue. 

Ce professeur de Français  a quant à lui vu le salaire de plusieurs de ses amis bloqués le mois dernier. Il dit avoir eu peur de ce gel. C’est pourquoi il a repris les cours. Selon lui, ses amis n'ont bénéficiéd'aucun soutien de la part des collègues qui ont la chance d’être payés. 

“Aucun de mes amis n'a reçu son salaire. Moi par chance j'en ai reçu. Mais vu qu'ils n'ont pas eu de soutien, pour ça et en plus les autorités menacent de continuer sur cette lancée, j'ai décidé de reprendre à donner les cours. Mon proviseur m'a dit que beaucoup d'entre nous viennent le matin, après avoir coché leurs noms sur les fiches de presence, ils rentrent chez eux. C'est ce que je ne peux pas. Maintenant il y a des élèves. Si je viens je vais enseigner. Car moi mon salaire ne sera pas gelé», a expliqué ce professeur de français. 

Pendant ce temps, le secrétaire général du SLECG accompagé de plusieurs enseignants surtout ceux dont les salaires ont étégelés se sont rendus àla DPE ce mercredi matin pour protester contre ce qu'ils appellent d'injustice. Mais les autorités trouvées sur place ont réussi à les calmer sous les regards indiscrets des forces de l’ordre massivment déployées sur les lieux. 

 

Habib Samake

Correspondant régional 

D'Africaguinee.com à  Mamou

Tél.: (00224) 626 702 571

Créé le Mercredi 07 novembre 2018 à 19:03

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