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Amadou Damaro Camara prévient : « La Constitution actuelle… » (interview)

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Interview
Amadou Damaro Camara
Amadou Damaro Camara

CONAKRY- Que pourrait faire Alpha Condé pour s’offrir un troisième mandat en Guinée ? Alors que l’opposition continue de dénoncer les « velléités » du Chef de l’Etat pour un troisième mandat, le Chef de file de la majorité présidentielle vient de révéler qu’un référendum pour une nouvelle Constitution est bien envisageable. Amadou Damaro Camara qui s’est confié à un journaliste de notre rédaction, réagit également aux menaces de l’opposition qui dénonce ce qu’elle qualifie de « coup de force » intervenu à la Cour Constitutionnelle. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Malgré les contestations, le Président de la république a entériné la destitution de Kèlèfa Sall à la tête de la Cour Constitutionnelle. Cela vous dit quoi ?  

AMADOU DAMARO CAMARA :Toute proportion gardée, il faut que l’on apprenne à respecter nos institutions et à respecter leur fonctionnement. Je n’étais pas dans le pays, mais il y a neuf membres à la Cour Constitutionnelle, tous les arrêts de cette Cour se font par vote et par la majorité. Je ne connais pas très bien le dossier, mais quand j’apprends que huit conseillers votent dans un sens contre le Président (…), et il est avéré que plusieurs arrêts sortis de cette Cour et qui sont validés, valables, ont été généralement votés en mettant leur président en minorité. Finalement, si c’est ça la règle, et que les conseillers disent qu’ils retiraient leur confiance à leur président qu’ils ont élus, je crois que ça va dans le sens du respect de la loi. 

Pour autant de nombreux juristes estiment qu’on a tordu le coup au Droit dans la procédure de destitution de Kèlèfa Sall. Qu’en dites-vous ? 

On a appris à ne pas respecter nos institutions. Mais quand les institutions vont dans le sens qu’on veut, on ne réagit pas. Quand elles vont dans le sens contraire, on réagit. Je ne vais pas faire de comparaison, mais je ne vois pas en quoi un parti politique ou un leader de parti politique ou la société civile pourrait prendre position dans un sens comme dans un autre pour les décisions de la Cour Constitutionnelle. 

Nous avons vu après les élections communales, malgré que la Loi disait que les arrêts des tribunaux étaient sans appel, une partie de la classe politique a contesté. Nous voyons encore en ce qui concerne les décisions de la Cour Constitutionnelle, les politiques sont les premiers à contester. 

Je crains qu’on ne soit en train de préparer les esprits à la contestation d’une quelconque décision plus tard de cette Cour Constitutionnelle, pour une raison ou pour une autre dans la vie politique du pays. C’est ma crainte, sinon ça n’a rien à voir avec ni le comportement, ni l’amour pour Kèlèfa Sall encore moins l’amour pour la Loi. 

Les détracteurs du décret du président Alpha Condé confirmant la destitution de Kèlèfa Sall voient derrière cet acte du Chef de l’Etat une volonté de modifier la Constitution en vue de briguer un troisième mandat en 2020. Que répondez-vous ? 

C’est ça la motivation même de leur prétendue soutien à Kèlèfa Sall ou soutien du respect de la Loi. On est en train de mener une guerre pour des intentions prêtées. Donc, je vois ce que ça veut dire, mais je préfère me prononcer sur la Loi et non sur les intentions. 

Ensuite, il faut que l’ont soit clair. La Constitution actuelle dit clairement que le Président de la République a le droit de proposer une nouvelle Constitution au peuple de Guinée, soumis d’abord à l’Assemblée, ensuite par référendum. On ne peut pas avoir une constitution en dehors de ça. Le peuple est le seul détenteur de sa Constitution, il est le seul à vouloir en faire ce qu’il voudra. Je crois que le combat doit être est-ce que le peuple a été consulté ? Est-ce que le peuple sera consulté ? C’est ça le vrai débat. 

Vous pensez donc que ces menaces de manifestations ne sont pas fondées ? 

Ça n’a rien à voir avec le respect de la Loi. On soupçonne que, on croit que, et voilà pourquoi on se positionne dans telle ou telle autre position. Cette façon de faire n’est pas respectable à mon sens. 

Comment le RPG arc-en-ciel est-il en train de régler les bisbilles liées à la désignation de ses candidats pour l’élection des exécutifs communaux ? 

C’est un problème réel, je dois l’avouer. Nous avons des velléités, mais je crois que la discipline du parti prévaudra. 

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112  

Créé le Lundi 08 octobre 2018 à 14:55