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Cas Kèlèfa Sall : Qu’en pense Bah Oury ?

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Politique
Bah Oury
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CONAKRY-Le décret d’Alpha Condé démettant Kèlèfa Sall à la tête de la Cour Constitutionnelle continue de soulever des réactions chez les acteurs politiques. Bah Oury, leader du Mouvement UFDG Renouveau ne voit pas de mal derrière cette destitution. Pour l’ancien ministre la réconciliation, de deux maux, il faut choisir le moindre. Il estime que Kèlèfa Sall aurait pu démissionner de lui-même à son poste pour préserver l’image et la crédibilité de son institution. Bah Oury s'est confié à notre rédaction. Lisez!!!

AFRICAGUINEE.COM : Quelle analyse faites-vous sur le dénouement de la crise à la Cour Constitutionnelle ?

BAH OURY : L’instabilité d’une institution est un danger pour la République de manière globale. Les membres de ces institutions devraient tout mettre en œuvre pour protéger leur institution de défaut d’image et de réputation. C’est la règle qui devrait s’appliquer à tout responsable ou bien des membres de n’importe quelle institution. Dans le cadre de la Cour Constitutionnelle, on a constaté et on déplore que l’image et la réputation de l’institution ont été affectées par le comportement de ses membres. C’est un préjudice pour la nation toute entière et ceux qui ont agi ainsi en assume la totale responsabilité.

La Loi et le Droit devrait prévaloir pour toute démarche même s’il s’agit d’un conflit ou d’une défiance quelconque. Il fallait utiliser les procédures de droit. Ceci a manqué. Ensuite, une explication claire des tenants et aboutissants du conflit n’a pas été divulguée pour éclairer l’opinion. Cela a laissé libre cours à des supputations de toute nature qui ont contribué à rendre le problème encore plus incompréhensible. Les huit conseillers ont émis un acte de défiance à l’égard de leur président qu’ils avaient élu quelques années auparavant.

Je ne suis pas un spécialiste en la matière, mais à partir du moment où l’écrasante majorité a montré sa défiance vis-à-vis du président de la Cour Constitutionnelle, la responsabilité de ce dernier et la nécessité de sauvegarder l’image de son institution devrait être d’en tirer les conséquences administratives pour présenter sa propre démission, par lui-même. Cela qu’une bonne compréhension de la responsabilité aurait commandé. Mais ça n’a pas été le cas.

Le pays ne peut pas se soustraire et ne peut pas vivre sans une Cour Constitutionnelle. Le vide juridique que la crise si elle se prolongeait, pourrait être préjudiciable à la stabilité de notre pays et à la stabilité de l’ensemble des institutions et du fonctionnement de l’Etat. Quelque soit ce qu’on peut en penser, un moindre mal est préférable à un risque grave pour la stabilité de notre pays.

Que pensez-vous de ces manifestations annoncées par la société civile et certains partis politiques pour que le décret du président Alpha Condé confirmant la destitution de Kèlèfa Sall soit retoqué ?

Je pense que tout le monde devrait faire preuve de raison, de responsabilité et ne pas s’insurger n’importe comment dans des dossiers complexes que beaucoup d’entre nous ignorons. Pour moi, je considère que la société civile devrait être certes, un observateur attentif et exigent, mais tout en essayant de se rapprocher le maximum de ce qui peut être l’intérêt national et de la vérité. Il y a des questions extrêmement complexes qui n’ont pas fait l’objet d’un regard attentif. Notamment le fait que pendant neuf mois, des conseillers communaux ne soient pas installés cela avec la responsabilité de ceux qui s’appellent opposition républicaine et la mouvance. C’est un préjudice d’une extrême gravité pour la crédibilité de nos institutions. Malheureusement ce fait n’a pas eu le même retentissement que l’aspect qui concerne un conflit interne d’une institution républicaine. Les gens doivent faire preuve de retenu et de prudence dans leurs actions. L’intérêt du pays commande de tout mettre en œuvre pour que la stabilité du pays soit assurée et la stabilité des institutions aussi le soit, à titre individuel comme à titre collectif.

Voulez-vous dire que les manifestations ne sont pas opportunes dans ce contexte ?

 Imaginez-vous quelle autre alternative pourrait-il y avoir ? Du moment où les huit conseillers ont déjà décidé souverainement de démettre leur président. Que voulez-vous qu’on fasse ? Qu’on attende autre chose au risque d’avoir d’autres problèmes beaucoup plus grave pour le pays ? NON ! Il faut faire preuve de responsabilité en toute chose, et de mettre en avant l’intérêt national.

Selon vous donc la solution est bien celle qui est là, c'est-à-dire le remplacement de Kèlèfa Sall ?

Il faut une Cour Constitutionnelle fonctionnelle, qui agit. On ne peut pas se permettre d’avoir un vide juridique au sommet des institutions judicaires de ce pays. Le vide peut appeler d’autres situations imprévisibles qui risqueraient de mettre en mal la stabilité de notre pays. On ne peut pas se permettre de mettre le pays en danger  sous prétexte qu’il faut dans une certaine mesure déférer un décret au profit d’une autre action judicaire qui aurait pris du temps et qui aurait laissé libre court à d’autres manœuvres de nature à mettre le pays et sa stabilité en danger.

Beaucoup de juristes ont estimé que la procédure qui a abouti à la destitution de Kèlèfa Sall a été viciée. Ne pensez-vous pas que vouloir agir de cette façon risquerait de créer un autre dangereux précédent pour notre pays ?

C’est pour cela que je le déplore. Parce que cela veut dire que de part et d’autre, les individualités qui sont les membres de nos institutions ne prennent pas suffisamment la dimension de leur responsabilité de préserver leur institution ainsi que leur réputation pour leur assurer la crédibilité et la force nécessaire d’agir efficacement. Ceci est déplorable.   

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

 

Créé le Vendredi 05 octobre 2018 à 20:29

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