Remaniement à l’UFDG : Ousmane Gaoual répond à ceux critiquent Cellou Dalein… (Interview)

Interview
Ousmane Gaoual Diallo
Ousmane Gaoual Diallo

CONAKRY- Ce sont ces premiers mots après sa nomination ce mercredi 19 septembre 2018. Le nouveau Coordinateur de la cellule de communication de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée vient de dévoiler quelques unes de ses stratégies. Ousmane Gaoual Diallo qui s’est confié à un journaliste de notre rédaction a réagi suite aux accusations portées contre Cellou Dalein après la signature de ses différentes décisions.

 

AFRICAGUINEE.COM : Cellou Dalein Diallo vient de procéder à un remaniement au sein de l’UFDG. Dites-nous quel était l’opportunité de ce réaménagement ?

OUSMANE GAOUAL DIALLO : Je ne sais pas dans le fond qu’est-ce qui a sous-tendu à la nécessité de ce réaménagement parce je n’ai pas échangé avec le président sur l’objectif qui l’a amené à faire ça. Mais ce que je sais, il y avait un besoin pour l’UFDG de renforcer certaines structures autour de lui. Il y avait le besoin d’avoir un assistant personnel à côté du président. Donc, votre ancien confrère Akoumba Diallo a pris la responsabilité là, Alpha Bacar qui était aussi coordinateur adjoint de la cellule de communication rejoint aussi le conseil politique avec Thià’ghel qui est dorénavant chargé de porter la parole du parti à l’international. Ça veut dire qu’il a besoin de coordonner les activités du parti, de le rendre plus audible sur les medias internationaux et partout. C’est quelque chose qui manquait. Moi-même j’arrive avec monsieur Mouran Diallo qui est docteur en communication pour essayer de faire aussi bien que l’équipe qui était là avant.

Est-ce qu’il n’y a pas un risque de conflits de compétences quand on sait qu’il y a désormais deux postes chargés de la Communication ?     

Non ! Thia’ghel rejoint le conseil politique qui est la chambre haute de l’UFDG. Elle comporte une cinquantaine de personnes. Il y en a qui sont des conseillers proches du président et qui touchent tous les aspects politiques, économiques, tous les sujets sectoriels sont abordés. Chacun y va de son expertise pour apporter les conseils nécessaires au président pour que celui-ci puisse, en fonction des contextes et du sujet, être le plus disponible possible. Il y a d’autres qui le conseillent sur les questions de défense, de sécurité, de l’administration, des institutions. Dans cet aréopage de conseillers, il manquait des spécialistes de la communication pour aider en dernier ressort le président à avoir une meilleure posture dans sa communication. Je ne pense pas que cela vient en contradiction avec la coordination des activités. Vous savez, la coordination vient mettre de l’harmonie dans un ensemble de sonorités pour que la musicalité apparaisse mieux. C’est tout.

La communication de l’UFDG a souvent été critiquée lorsqu’il s’agit de prendre position sur certains sujets brulant de l’actualité sociopolitique et économique du pays. N’est-ce pas pour corriger ces défaillances que Cellou Dalein a procédé à ce remaniement ?

On nous reproche souvent de n’avoir pas une bonne communication sur des sujets ou on a été souvent à la défensive. C’est une réalité. Maintenant, est-ce que cela incombe à la structure de communication ou c’est contexte politique guinéen qui nous a amené souvent à jouer au rattrapage sur des sujets sur lesquels on aurait pu être à l’offensive ? C’est un changement de stratégie non pas seulement sur la question de la communication mais sur l’anticipation sur des problématiques. Cette communication viendra s’ajouter pour mieux faire comprendre à l’ensemble de nos concitoyens nos préoccupations et anticiper. 

Vous êtes promu à ce poste de la coordination de la communication du parti dans un contexte où ces communicants de l’UFDG sont en froid avec l’ancienne structure. Qu’allez-vous faire pour mettre de l’ordre à ce niveau ?

Dans un premier temps, il faut prendre contact avec les uns et les autres, mettre sur la table toutes les questions, y compris celles qui fâchent et réfléchir avec tout le monde sur les mécanismes et décisions qu’il faille prendre pour mettre de l’harmonie. Parce que ça ne sert à rien de jouer dans un orchestre si on n’a pas le même objectif. Donc, il faut de l’harmonie pour donner une meilleure symphonie sur ce que nous faisons. Je pense que l’essentiel est que tous ces jeunes communiquent au nom du parti, les militants et les sympathisants souhaitent porter une meilleure image en termes de communication du parti. Notre souci va être de dépolluer l’environnement pour permettre aux uns et aux autres d’assumer la portion de responsabilité que chacun aura. Tout se fera dans la concertation.

Ce remaniement suscite assez de commentaires au sein de l’opinion. Beaucoup rechignent sur le fait que tous les promus ont des noms d’une consonance ethnique venant d’une seule communauté. Que leur répondez-vous ?

Notre pays souffre vraiment du fait que chacune des décisions des acteurs politiques est analysée sur la seule prisme communautaire. C’est une souffrance que nous avons dans le pays qu’il va falloir dépasser. C’est vrai que le paramètre communautaire, ethnique ne peut pas être occulté dans les décisions des acteurs politiques et dans les décisions administratives. Il faut en tenir compte dans la mesure du possible lorsqu’il s’agit par exemple de faire des listes à l’occasion des élections. Là on tient compte des équilibres communautaires même si ce n’est pas une règle absolue. Lors qu’il s’agit de partager les dividendes d’une activité économique, d’une récompense politique, on tient compte de ces paramètres-là pour que nos décisions paraissent mieux et équilibrées.

Mais lorsqu’il s’agit de tenir compte des compétences intrinsèques pour produire un individu, est-ce que le patronyme est important dans ce cadre-là ? Il faut que les concitoyens acceptent de poser les bonnes questions pour que leurs préoccupations ne paraissent pas seulement comme le rejet d’une décision ou d’une communauté, mais que ça puisse être aussi porteur des réflexions.

Lors que vous avez besoin de prendre un chirurgien spécialiste de cardiologie, est-ce que son patronyme est important ? NON. C’est la compétence qui est importante. Maintenant lorsqu’on dit de chercher des médecins dont les spécialités ne sont pas définies, alors là vous essayez de jouer en tenant compte des équilibres communautaires et ethniques dans vos décisions.

Je pense que cette souffrance, nous devons pouvoir la débattre de façon pédagogique pour amener nos concitoyens à se poser ces questions lorsque c’est nécessaire. Quand vous avez des footballeurs dans l’équipe nationale de Guinée qui vont aller jouer, vous avez besoin d’un buteur, ce n’est pas son nom de famille qui va déterminer la position dans l’équipe, c’est sa compétence, sa qualité intrinsèque, sa capacité à s’insérer dans un groupe dynamique.

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Jeudi 20 septembre 2018 à 19:23