Guinée : Cheick Sako suspend plusieurs greffiers…

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Justice
Cheick Sako, ministre guinéen de la Justice garde des Sceaux
Cheick Sako, ministre guinéen de la Justice garde des Sceaux

CONAKRY- Le ministre guinéen de la Justice vient de suspendre 5 greffiers, à l’origine de la grève qui paralyse les tribunaux du pays depuis le 8 juin dernier. Ces greffiers ont été suspendus pour faute lourde par Maître Cheick Sacko,  a appris Africaguinee.com.

Les greffiers de Guinée ont déclenché une grève générale illimitée dans un climat de division. Ce débrayage impacte négativement sur le fonctionnement normal des juridictions du pays. A Conakry, les audiences sont suspendues dans les différents tribunaux depuis maintenant une semaine, au grand dam des détenus.

Le garde des sceaux du pays qui n’a pas encore trouvé un terrain d’entente avec les grévistes est passé à la vitesse supérieure en sanctionnant les meneurs. Un acte qualifié d’illégal par ces derniers qui entendent saisir la Cour Suprême.

Lire aussi-Conakry : nouvelle paralysie des juridictions (les raisons…)

« Hier, mercredi le secrétaire général nous a convoqué pour nous signifier qu’un arrêté de suspension pour faute lourde a été pris contre les 5 signataires de l’avis de grève. Nous estimons que c’est de l’intimidation et ensuite c’est des actes illégaux. Nous revendiquons nos droits. On commence à douter qu’ils ont  décaissé et mangé notre argent. Nous avons  constitué un avocat  qui va faire un recours à la  Cour Suprême pour abus d’autorité », s’insurge Mamadou Dian Baldé,  qui appelle les greffiers à continuer d’observer le mot d’ordre de grève.

De son côté, le chargé de communication du Ministère de la Justice, Sékou Keita  a justifié cette sanction par le fait les cinq (5) meneurs de la grève ont fait un usage « frauduleux » de l’identité de l’Association des Greffiers de Guinée. 

« Il y a un arrêté qui est sorti pour suspendre les cinq meneurs pour faute lourde. Moi j’explique cette faute lourde par  deux raisons : premièrement c’est l’utilisation de l’identité de l’association des greffiers de Guinée qui paradoxalement ne se reconnait pas dans ce mouvement. Et ils ont utilisé cette identité pour avoir le nombre de signature qu’ils ont aujourd’hui,  pour faire la pétition. Deuxièmement, il y a trouble et atteinte au bon fonctionnement  de nos juridictions», s’est justifié M. Keita.

Difficultés financières, chantage...

«Nous avons un problème au niveau des Finances.  Les questions de finances dépendent  du Ministère de la Fonction Publique et du ministère des Finances. On leur demandé d’accepter qu’on mette en place la semaine prochaine une commission tripartite. Ensuite qu’on les autorise de mettre en place une commission de suivi régulière qui sera sensée suivre l’application de leur statut de façon quotidienne. Ils disent qu’ils ne veulent pas de ça et qu’il faut un protocole. Le ministre a dit que c’est du chantage. Cinq (5) personnes ne peuvent pas venir dire à tout un département  de faire  un protocole d’accord sinon ils ne lèvent pas la grève.  On ne peut pas signer un protocole pour 5 personnes », a tranché Sékou Keita.

Toutefois, des nouvelles négociations devront s’ouvrir la semaine prochaine pour déterminer les modalités de payement des indemnités et primes des greffiers.

BAH Aissatou

Pour africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14

 

Créé le Jeudi 14 juin 2018 à 16:41

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