Mali: Elle perd sa grossesse de 9 mois à cause de deux gendarmes (l’insoutenable récit d'Aminata)

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MALI- L’histoire de madame Aminata Diallo donne froid au dos ! Enceinte de neuf (9) mois, elle a perdu sa grossesse dans des circonstances difficiles lors de son interpellation par des gendarmes. L’acte qui a viré au drame s’est passé le dimanche 20 Mai 2018 dans une petite localité située à 15 km de Mali centre en moyenne Guinée. Les deux jeunes gendarmes incriminés sont Jacques Bangoura et Fodé Momo Sylla tous margis-chef en service à la compagnie de gendarmerie territoriale de Mali. La victime Madame Aminata Diallo, mère de 7 enfants raconte sa mésaventure.

Explications.

«  Tout est parti à cause d’une histoire l’eau potable autour du puits amélioré dans notre village Bèrèbèrè. L’accès à l’eau est très difficile, on se bat tous ici pour gagner un sceau d’eau. Il y a un jeune neveu ici fils à mon grand-frère du nom Seyni marié et père de deux enfants qui est venu nous dire désormais on doit puiser à tour de rôle, les uns le matin les autres le soir. Ce jour, j’ai puisé aux environs de 16 heures. La nuit Seyni est venue mettre un cadenas sur l’enclos du puits. D’autres femmes sont venues défoncer pour puiser. Le jeune-homme est venu tôt le matin insulter celles qui ont défoncé la clôture du puits, il dit que c’est moi qui ai défoncé, tout le village a témoigné en ma faveur que ce n’est pas moi mais d’autres femmes.

Le lendemain à 16 heures (samedi 19 Mai) j’envoie ma fille puiser un bidon pour moi, elle puise, dès que Seyni s’est rendue compte que c’est pour moi, il a versé l’eau disant que je n’aurais plus de l’eau au puits. Mon enfant est rentrée bredouille, quelques minutes après Seyni passe sur sa moto. Je lui ai dit Seyni je suis ta tante, tu vois mon état de grossesse de 9 mois pleins déjà, tu ne dois pas verser l’eau que je gagne difficilement. J’ai chahuté pour dire que ta maman c’est ma femme, donc je vais aller prendre son eau. Du coup il a garé sa moto, pour me traiter de tous les noms d’oiseaux. Il me dit de sortir derrière la cour pour qu’elle me montre qui il est.

Ça coïncider à la sortie des fidèles à la mosquée qui l’on plaidé de ne pas me toucher, il est parti difficilement. Le lendemain il vient avec des gendarmes pour me faire arrêter, les voisins se sont opposés pour dire qu’ils peuvent régler à l’amiable. Le président de district, Sidy Diallo m’a fait savoir que la hiérarchie de la gendarmerie de Mali lui a fait savoir pour que l’affaire soit réglée à l’amiable il faudra que je donne 2 millions aux gendarmes venus m’arrêter. Je n’avais aucun rond.

C’est ainsi qu’ils ont décidé de m’envoyer à moto à Mali centre situé à 15km de mon village. Mon mari a bien dit aux gendarmes il ne reste que 6 jours à ma femme pour accoucher, si quelque choses lui arrive, vous serez responsables. Ils se sont entêtés, l’un des gendarmes m’a pris sur sa moto, Seyni et l’autre gendarme sont montés sur une autre. Nous avons pris la route. Ils ne voulaient même pas que je prenne mon carnet de suivi de ma grossesse.

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En cours de route sur la colline qu’on appelle Seri, la moto un peu reculé en arrière, je suis tombée de la moto, j’ai senti une douleur profonde sur mon dos. Je me suis levée difficilement mon neveu est arrivé, je lui ai dit tu as vu comment tu me fais souffrir. J’ai lui ai dit encore si je suis de même sang que ton père, Dieu va te payer. Les gendarmes ont commencé à avoir peur, ils m’ont dit de me coucher un peu, j’ai beaucoup transpiré.

Nous avons continué. Arrivée à Tensira ( lieu où se situe la dame de Mali à 8 km de Mali centre) j’ai perdu connaissance, là c’est eux qui m’ont expliqué ce qui s’est passé. Ils ont envoyé l’ambulance pour me conduire à l’hôpital de Mali. C’est là que j’ai passé la nuit du dimanche, la journée du lundi. Le mardi matin à 10 heures j’accouche une fille déjà morte. Les médecins m’ont fait savoir que le bébé est mort depuis dimanche. Voilà les faits », a-t-elle raconté.

Le mari de la femme Garanké Kanté réclame justice, il nous a confié que les deux gendarmes sont déjà mis aux arrêts et conduits à Labé. Pour l’instant nous n’arrivons pas à entrer en contact avec la hiérarchie de la gendarmerie régionale de Labé. L’antenne de l’OGDH, une organisation de défense des droits humains à Mali a déposé une plainte contre les deux gendarmes.

A suivre…

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinée.com

Tel : (00224) 664 93 45 45

 

Créé le Samedi 26 mai 2018 à 9:28

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