Arrêtez le Massacre !! (Ibrahima Chérif Bah)

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Libre Opinion
Ibrahima Chérif, vice-président de l'UFDG
Ibrahima Chérif, vice-président de l'UFDG

Dans le contexte guinéen d’aujourd’hui à qui s’adresse-t-on quand on lance un tel cri de cœur ? Bien entendu au Pr Alpha Condé et à ses forces de répression du peuple ou du moins d’une partie du peuple de Guinée. En effet, les dernières élections locales du 04 février 2018 et la crise socio-politique qui n’est pas encore achevée ont montré  aux guinéens la vraie nature du régime rpg arc en ciel et celle de son chef. Comme je l’ai déjà dit à d’autres occasions, nous avons à faire avec un régime qui s’est installé par la fraude, se nourrit de violences et de détournement de deniers publics au profit d’un clan pour se maintenir au pouvoir. Le manque de légitimité (18% de l’électorat) qui le poursuit depuis fin 2010 fait qu’il a peur de toute transparence surtout s’il s’agit d’une élection. Toute remise en cause des suffrages mal acquis entraine sa réaction violente.

  Dès le départ, Pr Alpha Condé a dit qu’il n’avait besoin que de 6 mois pour éliminer toute opposition en Guinée. Quel langage surprenant pour un soi-disant opposant de quarante ans et qui aurait lutté pour instaurer la démocratie dans son pays ! S’il n’a pas pu arriver à ses fins et instaurer une dictature en Guinée, c’est bien parce que l’opposition l’en a empêché et en tout premier lieu l’Union des  Forces Démocratique de Guinée (UFDG). On peut dire aujourd’hui que si le peuple de Guinée n’est pas  totalement anéanti par une dictature effrénée c’est bien grâce à la lutte menée par l’UFDG et aux lourds sacrifices consentis par ses militants. Le Président Cellou Dalein Diallo a toujours dit, et il est vrai, que les militants de l’UFDG ont subi la colère la plus noire de ce régime féroce qui se traduit à date par le massacre de quatre-vingt quatorze de nos jeunes guinéen sur l’axe de la démocratie. Cependant qu’avons nous constaté ces derniers jours au plus fort de la crise socio-politique ? Nous avons vu que des manifestations ont eu lieu dans toute la ville de Conakry notamment à Lanbandji, à Kaporo, à Taouyah, à Matam, à Coléyah et à Kaloum jusqu'à deux cents mètres du bureau  du Président de la République. Nous avons également vu les forces de l’ordre à certains endroits priant les manifestants de rebrousser chemin, et auprès de la présidence elles semblaient même sympathiser avec les manifestants. Il n’y a donc eu ni violences, ni arrestations à plus forte raison des blessés et des morts.

  Au même moment, certains membres des forces de l’ordre se comportaient de manière extrêmement violente dans l’axe de la démocratie, à savoir à Hamdalaye, Bambeto, Cosa, Wanindara, des zones habitées majoritairement par des citoyens de la communauté peul dont la plus part sont militants de l’UFDG. Les forces de l’ordre savent bien gérer les manifestations quand elles le veulent, et savent aussi tuer quand elles en reçoivent l’ordre. Le constat est donc clair, ce régime et son chef ont une haine noire contre la communauté peule, dont les enfants sont tués à bout portant, sans que jamais enquête et sanction ne s’en suivent. Je préfère dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Ce régime est un ennemi de la communauté peul qui après l’avoir exclu de la gestion des principaux secteurs du pays, a entreprit de massacrer sa jeunesse, et a tenté de la tuer psychologiquement. J’accuse donc ce système, de pratiquer une violence sélective à l’encontre de l’ethnie Peule en Guinée.

 Je suis à l’aise pour le dire ouvertement et clairement car comme je l’ai déjà dit, mon nom de Ibrahima Chérif (Koba) BAH me renvoie à Boffa, à Pita, à Gaoual, à Kindia et finalement à Conakry que j’habite depuis plus de 40 ans. Je me considère comme un guinéen tout  court et je n’accepte pas l’injustice contre aucune des communautés de notre nation encore en construction. Jusque là, tous les intervenants ont parlé en langage feutré en évoquant des violences sélectives, des attaques visant une certaine communauté : cessons de tourner autour du problème et affirmons que ce système rpg arc en ciel combat les peuls avec des armes de guerre en pleine ville de Conakry en tout premier les militants peuls de l’UFDG.

 Certains verraient dans ces phrases des propos d’un opposant certes mais elles  sont surtout l’expression d’un guinéen choquée et inquiète pour l’avenir très proche de son pays.

  Vous voulez liquider l’UFDG ou l’opposition dans son ensemble ?  Cela est impossible car aujourd’hui ce parti est devenu le plus grand parti national du pays et pour mieux dire transversal. Savez-vous qu’une sous-préfecture lointaine  en Guinée Forestière plus précisément Tounkarata dans Lola, à la frontière de la Côte d’Ivoire, a voté majoritairement pour l’UFDG malgré les fraudes organisées par vos sbires ? En tout cas ce ne sont pas des habitants de Lélouma qui sont allés voter là bas. Vous pouvez donc continuer à vous acharner sur les militants peuls de l’UFDG, mais vous ne pouvez pas tous les toucher à plus forte et raison détruire ce Parti.

 

Ce régime a-t-il cru qu’en pratiquant cette politique de division jusque dans la violence, c’est à dire de violence sélective, la nation resterait insensible ? C’est tout le peuple qui se lève aujourd’hui afin de s’en débarrasser. Cette haine qui est allée au point de refuser l’accès aux morgues à ses victimes après les avoir froidement assassinées montre la paroxysme de la haine. Nous, les guinéens, dans nos coutumes on nous enseigne de respecter les morts et prendre soin des bébés car ce sont deux moments où la personne humaine ne peut rien faire par elle-même; elle doit être assistée .Mr le Président où vouliez vous que Dr Awada envoie les cadavres des personnes assassinées  par vos forces de l’ordre ? Non, vous ne pouvez pas faire disparaître vos victimes. Il existe dans le cimetière de Bambeto un carré dédié à ces martyrs de la démocratie. Une stelle rappellera un jour que reposent ici les victimes d’un régime que notre pays a connu entre 2011 et 2020.

  Je me sens obligé de parler de la 94ème victime du système Alpha parce qu’il s’agit d’une jeune femme de 31 ans tuée le 16 mars ; elle était mère de 6 enfants. Quel crime aux conséquences lourdes pour ces familles. C’est une occasion pour rendre hommage à la femme peule de Guinée qui constitue le ciment de la nation en construction ; c’est elle qui est entrain d’unir nos communautés par les liens  du mariage. Grâce à elles ; j’ai des neveux tomas,kissi, soussous, guerzé et de nombreux parents mandings notamment.

Je tire la sonnette d’alarme !!! Le point de non retour n’est pas encore atteint mais lorsque la frustration causée par ces assassinats ciblés atteindra son paroxysme le pays entier en subira malheureusement les fâcheuses conséquences.

  Le peuple de Guinée a compris que ces violences émaillées de meurtres ont un but principal, celui de dissuader cette jeunesse et notre peuple d’utiliser le dernier recours que lui offre la loi, c’est à dire celui de descendre dans la rue or la rue est devenue désormais le seul espace d’expression politique démocratique à la disposition de la population Guinéenne. Nous ne pouvons pas garantir que les forces de l’ordre arrêteront ces massacres, mais nous vous garantissons que les manifestations contre ces impunités et pour des élections justes et transparentes ne cesseront qu’après que justice soit faite. La victoire finale se doit d’honorer la mémoire des martyrs disparus.

C’est pourquoi, l’appel lancé par le jeune Diallo, Chef du mouvement Akhadan  (que  Cela Cesse en soussou) est galvanisant : il invite toute la jeunesse de Guinée à ne pas rester passive et se laisser tuer ! Arrêtez donc les massacres sinon les massacres vous arrêteront.

 

                                                                          Ibrahima Chérif BAH         

Créé le Lundi 19 mars 2018 à 11:30

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