Guinée : Chérif Soumah ‘’Yansané’’ a t-il réellement été tué à Bomboly ?

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Insécurité

CONAKRY-Les habitants du secteur Bomboly situé au quartier Koloma dans la commune de Ratoma vivent dans la psychose ! Et pour cause : Ils craignent des représailles suite à la mort tragique du jeune gendarme Chérif Soumah ce lundi 19 février 2018. Alors que la version des autorités dit que l’adjudant a été tué à Bomboly, les habitants du secteur jurent le contraire. Pour eux, la journée du lundi 19 février 2018 a été paisible dans leur quartier. Partagés entre peur et interrogations, ils demandent aux autorités d’assurer leur sécurité.

Abdoulaye Chérif Diallo, la trentaine est un père de famille dont la concession fait face à la grande voie. Il témoigne : « La journée du lundi 19 février 2018 a été paisible chez nous à Bomboly ici. Il n’y a pas eu de heurts. Les petits commerces ont fonctionné toute la journée sans perturbation. Aucune pierre n’a été lancée ici hier à plus forte raison qu’on nous dise que le gendarme a été tué par un caillou à Bomobly. Nous n’avons pas constaté ça ici », dit-il.

Nous avons peur…

Depuis l’annonce faite par les autorités de la mort de ce gendarme au secteur Bomboly, les citoyens sont dans la psychose. Ils craignent des représailles.

« Nous vivons la peur dans le ventre depuis qu’ils ont dit qu’il a été tué ici. La nuit d’hier, à 21 heures tout le monde avait fermé pour se terrer dans les maisons, par crainte de représailles. Nous avons peur. Chacun se dit qu’ils viendront revancher leur camarade. Nous avons vraiment peur. Nous lançons un appel aux autorités d’arrêter de nous accuser sans fondement. Nous leur demandons de nous aider à sécuriser cette zone pour qu’elle devienne paisible », a formulé M. Diallo.  

Nous demandons aux autorités de nous sécuriser davantage

Ce médecin dans une clinique privée située à Bomboly abonde dans le même sens. « Ceux qui ont dit que le gendarme a été tué à Bomboly se sont trompés de lieux. C’est à Bambéto communément appelé magasin qu’il aurait reçu le projectile au cours des heurts entre jeunes et force de l’ordre », dit-il sous anonymat. Il partage les craintes qu’Abdoulaye Chérif Diallo.

« Aujourd’hui, on craint des représailles alors qu’on accuse notre secteur à tort. Personne n’a été tué ici. On sait qu’on colle une étiquette dangereuse à Bomboly, mais cette fois-ci, il n’y a pas eu de problème ici. Nous demandons aux autorités de nous sécuriser davantage parce qu’on a vraiment peur que la mort de ce gendarme serve de prétexte aux forces de l’ordre pour venir nous réprimer », lance-t-il, expliquant que des dispositions particulières ont été prises à Bomboly  depuis un certain temps pour pacifier la zone.

« On est en train de nous organiser depuis un certain temps. On a pris des dispositions dans le quartier avec l’aide des sages à la mosquée, on ne jette plus des ordures ici, on ne barre pas la route », indique notre interlocuteur.  

C’est œil pour œil dent pour dent

Sur un ton plus agressif, un autre citoyen du quartier somme les autorités d’arrêter d’accuser leur secteur sans preuve. « Qu’ils arrêtent de nous accuser en disant qu’il a été tué à Bomboly. Nous n’avons aucun problème ici. Tant qu’on ne nous jette pas de gaz lacrymogène. Mais s’ils viennent ici s’en prendre aux biens des citoyens dans l’injustice, nous allons riposter. Mais le gendarme n’a pas été tué ici. Il n’y a pas eu du tout de la pagaille ici hier lundi. Je jure qu’il n’a pas été tué ici. Mais je persiste que si on vient nous accuser à tort, nous répliquerons. Nous ne pardonnerons plus. C’est œil pour œil dent pour dent. Je prie Dieu qu’il fasse triompher la vérité dans notre pays », lance cet autre habitant du secteur sur un ton véhément.

Ils sont venus au mauvais moment et au mauvais endroit

Pourtant la police persiste et signe que le drame a bel et bien eu lieu à Bomboly. Citant des sources concordantes dont la gendarmerie, le contrôleur général de la police, Boubacar Kassé que nous avons interrogé explique tout s’est passé « instantanément ».

« Il n’y avait pas de barricades sur la route. La circulation était fluide. Ils étaient de passage, mais ça coïncidé à la sortie des élèves du collège de Koloma. Cela a irrité instantanément les élèves qui se sont mis à lancer des cailloux sur les agents. D’autres individus qui étaient aux abords aussi s’en sont mêlés pour jeter des cailloux. C’est ainsi que le gendarme a été atteint au niveau de la tempe et mort s’en est suivie. Tout s’est passé instantanément. Il n’y avait pas d’embuscade. Ils sont venus au mauvais moment et au mauvais endroit », a expliqué  ce haut  responsable de la police.

Je n’étais pas sur le terrain…

Au niveau de la gendarmerie on se refuse de commentaire. Tout en nous demandant de nous fier au communiqué qui a lu à la télé, l’officier de communication du haut commandement de la gendarmerie, le colonel Mamadou Alpha Barry a indiqué qu’il n’était pas sur le terrain.

« J’ai lu ce qu’on m’a dit de lire dans le communiqué. C’est ce que j’ai lu. Je n’étais pas sur le terrain. Ceux-là qui l’étaient, ont dit que c’est à Bomboly. On s’en tient à ça », lance le colonel Barry.

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Mardi 20 Février 2018 à 11:44

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