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Moussa Iboun Conté à Alpha Condé : « Le serment est sacré… »

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Liberté de presse en Guinée

CONAKRY- Face à l’atmosphère de plus en plus hostile à la pratique sereine du métier de journaliste en Guinée, le président de l’Association Guinéenne des Editeurs de Presse Indépendante (AGEPI), Moussa Iboun Conté, a lancé une défiance au président Alpha Condé qu’il accuse de parjure et de violation de serment.

Le journaliste sur un ton catégorique, a pointé du doigt le chef de l’exécutif guinéen qu’il accuse vouloir museler la presse de son pays. Selon Moussa Iboun, le président Alpha Condé est en porte à faux avec son serment puisqu’il a juré devant le peuple de Guinée sur son honneur de respecter et de faire respecter les dispositions de la constitution et des lois.

‘’ Le serment est sacré (…), et quand l’on commet le parjure, la plus haute sanction est la malédiction qui s’abattra sur vous et votre descendance. Le fait d’être en porte en faux est gravissime et c’est plus que tout. L’article 7 fait partie des éléments constitutifs de la constitution qui sacralise la liberté d’expression (…), personne ne peut remettre cela en cause et personne ne peut se soustraire à cet article, fut-il le président de la République’’, a déclaré le président de l’AGEPI.

Aux dires d’Iboun Conté l’interdiction faite aux médias de donner la parole aux syndicalistes à l’origine de la grève est illégale et est en porte –faux avec toutes les dispositions constitutionnelles et règlementaires de la Guinée. Il est temps dit-il, de mener un front afin de prendre d’autres dispositions pour sécuriser la profession de journaliste.

‘’Ce qui est déjà fait est bon, puisqu’on a montré à l’opinion que nous n’accepterons plus jamais que quiconque s’aventure dans le champ pour saper la liberté de la presse de notre pays. Nous l’avons montré dans un sens responsable et de la façon la plus forte. Le combat qui est donc en cours c’est d’amener le pouvoir central à entendre raison’’, a souhaité le directeur de publication la Nouvelle.

Par ailleurs Moussa Iboun Conté, porteur du message de Tibou Camara, Ministre d’Etat et Conseiller Personnel du président Alpha Condé, a au nom de son mandataire, indiqué  que l’objectif de cette entrevue avec la presse,  est d’appeler à l’apaisement de l’ensemble des professionnels de l’information de son pays.

‘’ Il faudrait éviter que ceux qui nous soutiennent au niveau national et international ne se lassent de nous et qu’ils finissent par nous abandonner. Nous demandons à ce que les journalistes contribuent à défendre la liberté de la presse et à promouvoir la liberté d’expression, et aussi d’entretenir des élans de solidarité dont la presse guinéenne fait actuellement l’objet. Il faut poser des actes allant dans le sens à soutenir certaines initiatives individuelles au premier rang desquels se trouvent celles de Monsieur Tibou Kamara, ministre d’Etat et conseiller personnel du président Alpha Condé. Il nous a entretenu hier pendant deux heures de temps et nous a donné la lourde mission de transmettre son message à l’ensemble des professionnels de medias pour leur demander, non pas d’arrêter ce que nous avons actuellement pris comme initiative pour défendre notre droit qui est chèrement acquis, mais d’accepter de différer certaines initiatives jusqu’à son retour’’, a annoncé M. Conté.

Aux dires du journaliste, le ministre Tibou exhorte les journalistes de privilégier le dialogue et de lui offrir l’opportunité d’entamer ce dialogue avec la plus haute autorité de ce pays pour que les uns et les autres arrivent à une relation apaisée et plus sereine.

‘’ C’est ainsi qu’il convie les medias à suspendre toute initiative allant dans le sens de braver l’autorité de l’Etat jusqu’à son retour au pays pour aplanir les divergences entre les médias et l’Etat. Je me fais le devoir de porter sa parole ici, puisqu’il est présentement en mission au Togo (Lomé). Il estime que ce qui est arrivé de la part de nos politiques est illégal car nul n’est au-dessus de la loi et ne peut se soustraire de l’article 7 de la constitution qui nous fait obligation de promouvoir la liberté d’expression. Nous devons donc saisir cette main franche que son conseiller nous a tendu étant lui-même journaliste et de privilégier le dialogue qui est encore possible’’, a dit en substance le président de l’AGEPI, Moussa Iboun Conté.

 

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 13

Créé le Mercredi 29 novembre 2017 à 16:12

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