Abass Barry témoigne : “comment j’ai été vendu en Libye…”

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Esclavage en Libye

MAMOU-Abass Barry est un jeune guineen âgé d'une vingtaine d'années et diplômé en sociologie de l'environnement. Ce jeune a opté pour l'aventure dès après son cursus universitaire. Du Mali en passant par l'Algérie, le Maroc, la Libye jusq'en Turquie ce natif de Mamou la ville Carrefour raconte son parcours et explique comment il a été vendu dans ce pays.

Ce jeune qui de justesse a echappé à la mort explique comment il a quitté la Guinée à partir de Mamou pour le Mali Bamako jusqu'en Turquie avant d'être rapatrié à Conakry.

" 5 mois après la remise de nos diplômes, j'ai décidé de bouger pour aller à la recherche du bonheur. Car en Guinée le secteur d'emploi ne fonctionne pas. Alors je me suis dit de foncer vers le Mali Bamako pour voir comment rentrer dans les pays Maghrebens pour enfin accéder en Europe par la méditerranée. J'ai pris une voiture à 7 kilomètres de la ville de Mamou pour le Mali. Arrivé à Bamako considéré comme la plaque tournante du voyage clandestin, j'ai cherché à contacter un groupe de passeurs. Il était censé nous aider pour notre trajet. C'est ainsi que j'ai payé 20.000f cfa pour se rendre à Gao. Mais au cours de la route vous pouvez rencontrer plus de 10 barrages maliens d'où il faut laisser 5000f cfa à chaque arrêt.

A Gao, c’est un militaire malien qui assure la traverse…

À Gao, c'est un militaire malien qui assure la traversée. Il vous emprisonne chez lui pendant des jours et vous réclame ou réclame à vos parents de l'argent. Quand vous payez, il appelle un autre groupe de passeurs qui va continuer avec vous à l'étape suivante. Et là-bas à Gao, il y a deux possibilités d'atteindre l'Algérie. C'est soit vous prenez la route qui mène vers Kidal ou vous prenez celle qui mène vers Borje. Moi j'avais emprunté celle qui mène vers Kidal parce-que là vous dépensez moins mais la route est très très dangereuse. Sur ce chemin, vous trouverez les Touaregs maliens tout au long du désert. Si vous ne donnez pas de l'argent ils peuvent vous tuer ou vous torturer pendant des heures durant.

A la frontière quand j’ai entendu le passeur parler poular

Arrivé à Talanda là où se trouve la frontière entre le Mali et l'Algérie, c'est un guinéen qui s'occupe de la traversée. Quand je l'ai entendu parler en poular j'ai cru que tout a marché chez moi. Sans savoir que c'est de là-bas que le pire devrait commencer pour nous. Il nous a bien reçu jusqu'à ce qu'on soit arrivé chez lui. Après ils nous ont emprisonnés et ont réclamé une forte somme d'argent. On ne mangeait qu'une seule fois dans la journée. Il a fallut que tous les détenus révoltent pour qu'il nous libère. Ils nous passé à un autre groupe mais cette fois-ci Algérien.

Quand les Algériens vous prennent, ils vont vous aider à traverser. C'est dans leur territoire qu'ils vous réclameront 10.000 dinars. Celui qui ne paye pas sera sauvagement torturé. Celui qui n'en a pas, sera soumis à des tortures, des maltraitances et d'ailleurs beaucoup meurent là-bas. C'est difficilement que je suis arrivé à Tamanraset. Là-bas on pouvait travailler et avoir un peu de revenus. Aussi dans cette ville il n'y a pas assez de problème sauf ce que les jeunes qui descendent dans les foyers des noirs pour retirer de l'argent, des objets de valeurs etc....

Ceux qui nous ont secourru nous ont vendu…

C'est à partir de cette ville que j'ai eu un peu de sous qui m'ont permis de se rendre au Maroc . Après quelques temps je me suis retourné en Algérie ensuite je suis allé en Libye. On a négocié avec un réseau de passeurs. Ils nous ont mis dans une pirogue pour traverser la méditerrannée et foncer en Italie. En pleine mer la pirogue se renverse. Entre 110 et 150 migrants ont du coup perdu la vie. Dieu merci je figurai parmi ceux qui ont survécu, je dirai alhamdoulillahi. Les gardes côtes libyens après avoir été alertés, sont venus à notre secours. Ces mêmes gardes nous ont vendus par la suite à des policiers. Ces derniers là aussi nous ont vendus à d'autres. C'est une longue chaîne.

J'ai négocié là-bas aussi et je me suis rendu en Tunisie. Dans ce pays il n'y a aucun mal. De là je me suis embarqué pour la Turquie. Mais ce pays traversait une grave crise politique en ce moment. Vivre là-bas était vraiment difficile. Et quand ils nous ont pris, ils nous ont rendus à la Libye. Moi c'est en ce moment que j'ai été à l'ambassade et ils m'ont aider à revenir ici en Guinée.

En Libye on vend les hommes. On les obligent à faire des travaux comme 'l'agriculture, les corvées et plusieurs autres. Presque chaque famille à une prison des noirs dans sa concession. On peut parler de ça des jours on ne peut pas tout expliquer”.

Habib Samake

Correspondant régional

Africaguinee.com à Mamou

Tel: (00224) 623 093 998

 

 

 

Créé le Jeudi 23 novembre 2017 à 12:02

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